L’industrie du cinéma et de la musique reste un sujet peu traité en général dans les médias, et semble ne pas intéresser les politiques. Or, le principe est que chaque pays devrait puiser dans toute source existante pour consolider son économie dans un monde devenu plus compétitif. Le Burundi devrait rentabiliser son potentiel culturel
Le secteur qui permet aux Etats d’engranger des millions de dollars sous d’autres cieux est presque délaissé au Burundi. Cette situation qui prévaut au Burundi ne constitue pas un cas isolé sur le continent le plus pauvre de la planète. Les pays africains n’ont pas pu développer des politiques sectorielles axées sur le développement et la rentabilisation des arts comme la musique et le cinéma. A défaut de données chiffrées sur le marché de la musique en Afrique en général et au Burundi en particulier, un regard porté sur le revenu mondial permet d’en comprendre l’importance. Dans son rapport « Global Music Report 2020 », la Fédération international de l’Industrie Phonographique montre que le revenu du marché mondial de la musique a atteint 20,2 milliards USD en 2019.

Léonce Ngabo : « C’est plus à travers les images que le pays est connu dans le monde ».
Cependant, l’importance de l’industrie cinématographique développée dans les pays africains a fini par gagner les faveurs de l’Union Africaine. Consciente de cet enjeu, cette organisation, a approuvé le projet de statut de la Commission africaine de l’audiovisuel et du cinéma (AACC) en 2017. L’objectif était de créer une industrie cinématographique capable de promouvoir une Afrique plurielle. Cette Commission africaine de l’audiovisuel et du cinéma sera responsable de la promotion du développement rapide de l’industrie audiovisuelle et cinématographique africaine. Aussi, elle encouragera la création des structures appropriées aux niveaux national, régional et continental et renforcera la coopération entre les Etats africains dans le domaine de l’audiovisuel et du cinéma.
La musique et le cinéma burundais presqu’ignorés
Les 4ème et 7ème arts existent belle et bien au Burundi en tant que métiers. La musique est l’un des arts les plus anciens et fait partie de ceux qui cartonnent jusqu’aujourd’hui. Bien des gens ont gagné leur vie en jouant aux différents instruments musicaux et cela fait partie intégrante de la culture.
Malheureusement, ces arts qui participent au développement de façon directe et indirecte, selon certains analystes, pataugent et semblent ne pas attirer l’attention des politiques même si quelques avancées sont enregistrées. Selon Freddy Kwizera, alias Botchum, président d’Amical des musiciens Burundais, la musique burundaise a progressé. « Les artistes sont nombreux, les studios de production prolifèrent et on observe même la naissance des Labels (maisons d’encadrement des artistes) », explique-t-il. Le représentant des artistes musiciens burundais ne manque pas de relever les obstacles qui empêchent cette industrie de se développer. D’après ce féru de la musique, le Burundi est absent sur le marché international de la musique. « L’absence de mobilité constitue un grand obstacle pour les artistes Burundais », signale-t-il. Botchum dit que la participation à des événements organisés au niveau international constitue un bon moyen d’inspiration pour les bénéficiaires. Cependant, il affirme que le ministère de tutelle leur apporte de temps en temps son soutien.
Cette situation qui s’observe au niveau de l’industrie musicale est presque la même au niveau de la cinématographie. Léonce Ngabo lui-même, auteur du film « Gito l’Ingrat » et de plusieurs chansons décrit une situation précaire. Pour lui, Gito reste le seul film Burundais monté suivant les normes internationales alors qu’il affirme que le Burundi regorge de talents. « Je remarque chaque année des talents faits pour un cinéma burundais réussi, mais qui restent improductifs », dit-il. Interrogé sur les raisons de cet état de choses, Ngabo a essayé de donner des explications. Selon lui, la production d’un film « long métrage » demande des moyens énormes alors que le Burundi ne dispose pas de politique sectorielle sur le cinéma. Il assure que le secteur du cinéma est très déficitaire.
Ngabo rappelle que le Cinéma et la musique sont indispensables également à l’augmentation du flux touristique. Et de marteler : « C’est plus à travers les images que le pays est connu dans le monde ». Les deux professionnels de la musique et du cinéma burundais espèrent que ces secteurs seront développés dans le futur et tiennent à rappeler qu’ils contribueraient énormément au développement du pays.
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