Dans une situation financière instable, le Burundi vient de décrocher un crédit auprès du FMI. Après validation par le conseil d’administration de cette institution, 261,7 millions de dollars seront versés au Burundi sur une période de 40 mois. Mais quel apport aura ces appuis financiers sur l’économie nationale ?

Le FMI veut appuyer le Burundi dans ses politiques vers une situation macroéconomique plus stable.
Une équipe du FMI dirigée par Mme Mame Astou Diouf, chef de mission de cette institution pour le Burundi a séjourné à Bujumbura du 2 au 12 février 2023. Du 22 février au 6 avril 2023, des réunions ont été organisées entre les deux côtés pour discuter sur les possibilités de soutenir le Burundi dans ses politiques macroéconomiques et son plan de réforme. Les deux équipes sont parvenues enfin à un accord sur un soutien financier de 261,7 millions de dollars selon les deux institutions qui ont toutes partagé cette information via leurs sites. D’après Mame Astou citée dans le communiqué, « il s’agit du premier programme de ce genre du FMI destiné au Burundi depuis 2015 et il vise à soutenir une politique de réformes visant à rétablir la soutenabilité extérieure et la soutenabilité de la dette tout en permettant la reprise économique face aux « chocs » qui se sont succédés. Cependant, le processus n’est pas encore terminé. Il faudra, selon le même communiqué, attendre la validation du rapport par le Conseil d’administration du fonds.
Un financement qui vient à point nommé
De nombreuses raisons dont les difficultés liées aux déséquilibres macroéconomiques font que le Burundi soit un pays éligible à la facilité élargie de crédit. « Le programme vise à soutenir un dosage des politiques macroéconomiques calibré », peut-on lire dans le communiqué.
La crise économique due à la pandémie de Covid-19 a touché le Burundi alors qu’il subissait déjà les conséquences des sanctions lui imposées par ses partenaires européens. D’autres chocs comme la fièvre de la vallée du Rift, l’insuffisance des précipitations et l’inflation récurrente ont mis à mal une économie déjà exsangue. Selon la BRB, la croissance réelle de l’économie a ralenti de 3.1 % en 2020. Alors que cette valeur était de 1,8% en 2021, elle a rebondi à 3,3% en 2023. En ce qui concerne le taux d’inflation, il était à 28,6% au début du mois de janvier. Sur le marché local, la rareté des devises constitue un autre défi à la croissance économique.
Quel sera l’apport de ce geste du FMI sur l’économie burundaise ?
Dans un climat d’instabilité économique qui risque de se pérenniser, le gouvernement Burundais a entamé des politiques de réformes et a besoin de fonds pour réussir leur réalisation. Une fois décroché, ce crédit servira à financer les politiques du gouvernement. Pour Faustin Ndikumana, président de PARCEM, c’est plutôt la relance des relations avec le FMI qui compte beaucoup. « Cette somme promise n’est pas suffisante pour permettre à relever le défi lié à la pénurie de devises par exemple. Ce qui est important est que le FMI vient appuyer les politiques du pays pour la bonne marche des réformes engagées et cela peut ouvrir une brèche pour le retour d’autres partenaires économiques », a expliqué le président de PARCEM sur les micros d’AKEZA NET. Ndikumana se dit surtout satisfait et encourage le ministre des Finances dans cette démarche.
Cependant, le Burundi devra réussir son examen en ce qui concerne la bonne utilisation de ces fonds. Le FMI prend en considération « les politiques visant à progresser vers une situation macroéconomique stable et durable, compatible avec la réduction de la pauvreté et une croissance forte et durable ». Selon certaines opinions, il s’agit d’un pas de plus pour Gitega vers la stabilisation de ses relations avec ses partenaires.
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