Le non usage des paroles de sagesse par des personnes âgées dans leurs discours constitue un frein à la lutte contre les messages de haine au sein de la jeunesse. Sylvère Nsengiyumva, secrétaire exécutif de la Coalition pour la Paix au Burundi suggère que cette catégorie de gens soit caractérisée par des discours rassembleurs, constructifs, etc

Sylvère Nsengiyumva, secrétaire exécutif de la Coalition pour la Paix au Burundi : «Les personnes âgées doivent être caractérisées par des discours rassembleurs, constructifs, etc».
Au Burundi, les personnes âgées sont connues comme des gens responsables, équitables, disciplinés, qui se respectent et qui sont respectueux des autres. Toutefois, certaines d’entre elles usent de la haine dans leurs discours ou leurs communications.
Pour Sylvère Nsengiyumva, cela est lié à plusieurs facteurs, notamment les intérêts sectaires. Ces derniers sont de plusieurs ordres. Des intérêts matériels dont la richesse. Des intérêts psychologiques qui sont liés à l’équité, à l’estime de soi. Il y a également des intérêts procéduraux liés à la procédure. « Ceux-ci orientent, déterminent la procédure à suivre pour arriver à un objectif donné », explique le secrétaire exécutif de la Coalition pour la Paix au Burundi tout en mentionnant que ces intérêts sont interdépendants. « On ne peut pas satisfaire un intérêt matériel sans toutefois penser à l’intérêt psychologique ou procédural. C’est la raison pour laquelle il y a des messages de haine ».
En plus des intérêts, Nsengiyumva évoque le passé malheureux. Ce passé fait que certaines personnes continuent à vivre ce qu’elles ont vécu auparavant. Cela fait que la propagation de la haine continue.
Plusieurs conséquences peuvent en découler
Pour Sylvère Nsengiyumva, en cas de non usage des paroles de sagesse par des personnes âgées, les conséquences sont nombreuses. Ce sont entre autres la violence qui peut être physique ou psychologique, le traumatisme, les assassinats parce que les gens pensent qu’ils sont en train de se venger à cause de la personne qui a propagé la haine. Il y a également la peur qui s’installe dans les cœurs. Ces messages rappellent les mauvais souvenirs du passé. Par après, les gens adoptent une stratégie de la défensive. « L’évènement va surgir, faites attention ».
Comment les jeunes doivent se comporter face aux messages de la haine ?
La première chose est de comprendre pourquoi la diffusion de ces discours haineux. « Qui le prononce et quel est son intérêt. Mais il faut essayer de comprendre pourquoi il le dit et se mettre à sa place pour comprendre l’attitude que tu aurais que tu aurais adopté si c’était toi », indique M. Nsengiyumva. Il faut ensuite comparer la compréhension d’un fait par différentes personnes et puis faire des comparaisons pour identifier réellement le vrai problème en partant des différentes perceptions.
Il propose de chercher une information contradictoire. Les jeunes doivent se mettre ensemble dans leur diversité et essayer d’analyser les discours des leaders et les intérêts qu’ils recherchent à travers leurs messages. « Réfléchir ensemble. Oser parler des discours de la haine et les analyser ensemble pour trouver une stratégie afin de faire face aux personnes âgées qui défendent leurs propres intérêts ».
Les personnes âgées doivent être caractérisées par la sagesse et la bonne conduite. Elles doivent servir de référence, de modèle dans la société. Elles doivent être caractérisées par des discours rassembleurs, constructifs, etc. Cela pourrait constituer un élément de base pour reconstruire le présent.
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