On est presqu’à mi-octobre. Les agriculteurs attendent désespérément la tombée de la pluie pour arroser leurs champs qui se dessèchent. Certains craignent la famine qui risque d’accompagner cette situation. Les autorités appellent ceux qui le peuvent à pratiquer l’irrigation et l’arrosage
On est le 14 octobre 2022, en pleine saison culturale A. Cette période était autre fois caractérisée par des précipitations abondantes susceptibles de faire pousser les cultures. Au contraire, cette année, à voir le climat que ça fait, que ce soit à Bujumbura ou à l’intérieur du pays, on a l’impression qu’on est toujours au mois d’août en plein été. Les agriculteurs burundais attendent encore désespérément la tombée de la pluie pour arroser leurs champs qui se dessèchent.

Les champs de maïs se dessèchent à cause du manque de pluie.
On est dans la commune Isale de la province de Bujumbura. Précisément dans les marais de Rwuya. Seuls les champs de maïs et de légumes riveraines de la rivière Ntahangwa prenant source dans les montagnes surplombant ces marrais sont verdoyants. Avec raison car, selon Pie Nzopfabarushe, président de la coopérative « Twiyunge n’uburimyi bw’imboga » exploitant ces marrais, faute de pluie, les agriculteurs essaient d’arroser leurs champs. Cette rivière a aujourd’hui du mal à irriguer les plantes riveraines, car elle a tendance à se dessécher. Elle s’est transformée aujourd’hui en un simple ruisseau. Pourtant, ces rives détruites montrent que pendant la saison pluvieuse l’eau y coule en abondance.
Sur la montagne c’est toute une autre image
Un peu en haut sur la montagne, on a du mal à distinguer les champs cultivés des non cultivés. Pour certains cas, si on ne t’avise pas qu’il y a des plantations qui poussent, il est difficile d’y penser. Une maman nous fait savoir que certains avaient déjà mis sous terre leurs semences lors des premières pluies du mois d’août. « C’était dans ces environs que nous étions habitués à voir la pluie pour commencer à labourer nos champs. En tout cas, on semait le maïs juste avant la rentrée scolaire », fait-elle savoir. A la question de savoir s’ils n’avaient pas été informés que la pluie allait tomber un peu tardivement par rapport à l’accoutumée, elle nous a répondu que si. « Personne n’aurait cru que cela pourrait aller jusque-là », s’étonne-t-elle.
Le cas est identique sur la colline Kagazi de la commune Rugombo en province Cibitoke. Les champs de maïs et de haricots se dessèchent. Venantie Gakobwa, une agricultrice de cette localité nous a fait savoir qu’ils ont perdu espoir et qu’ils ne savent pas quoi faire face à cette situation. « Cela prédit une famine sans nom », s’inquiète-t-elle. Le comble de malheur, selon elle, c’est que même s’il arrive que la pluie tombe aujourd’hui, ce qu’elle considère comme un miracle, ce n’est pas tout le monde qui disposera des semences de remplacement. «Si les semences coûtaient les yeux de la tête auparavant, combien coûteraient-elles aujourd’hui ?», se demande-t-elle. Elle exhorte le gouvernement à leur donner des semences pour remplacer les premières qui n’ont pas poussées. Au cas où la pluie tombe bien sûr.
L’arrosage et l’irrigation pourraient aider
Dans le cadre de la célébration de la semaine dédiée à l’alimentation, Emmanuel Ndorimana, assistant du ministre ayant l’agriculture dans ses attributions a invité la population burundaise à préserver l’environnement. Selon cette autorité, la protection de l’environnement est indispensable dans la production agricole et donc pour une bonne alimentation. Pour y arriver, il a rappelé à la population de tracer les courbes de niveau et d’y planter des herbes fixatrices. Tout cela en vue de lutter contre le changement climatique et l’érosion du sol. Pour ceux qui le peuvent, l’arrosage et l’irrigation seraient plus que nécessaires.
Rappelons que l’économie nationale repose à plus de 90% sur l’agriculture. La quasi-totalité de la population burundaise vit également de ce secteur. Ce retard de pluie entraine la perturbation de la saison culturale A qui est en cours et risque de retarder la saison culturale B.
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