Editorial

L’économie digitale en marche

Benjamin Kuriyo, Directeur de publication

La disparition du cash au profit des monnaies électroniques est en vue. D’après le rapport de l’Agence de Régulation et de Contrôle des Télécommunications (ARCT), le nombre d’abonnés aux plateformes de services financiers oscille autour de 7 millions soit 53% de la population. D’après la même source, les services financiers mobiles affichent en moyenne un Chiffre d’affaires mensuel de plus de 6,5 milliards de FBu.

La digitalisation des services publics présente des atouts. Avec les outils informatiques, il sera plus aisé de se procurer sa carte d’identité, les attestations et/ou extraits des actes de naissance…. On n’aura même pas besoin d’organiser des enquêtes d’envergure nationale, car en un seul clic, on pourra avoir une estimation de la population totale du pays. Ce qui permettra de mieux planifier les projets et programmes de développement sur base des données démographiques fiables à l’échelle du pays.

L’économie digitale implique la mise en place des plateformes digitales dans tous les secteurs. Les banques commerciales se lancent dans une rude concurrence pour promouvoir le mobile banking et les services de paiement en ligne via l’Internet Banking. Cependant, il faut des préalables pour réussir cette transition vers l’économie numérique. Jusque-là, le pays n’a pas réussi à mettre en place des infrastructures d’appuis (centres de stockage et de traitement des données, internet à haute débit, électricité, etc.).  La volonté est là avec la semi-digitalisation des services des migrations, du guichet de création des sociétés, mais ce n’est pas assez.

Le gouvernement a entrepris pas mal de réformes pour promouvoir la digitalisation de services publics. La digitalisation offre plusieurs avantages en termes de redevabilité, de transparence et de gouvernance économique. Les premiers résultats sont déjà au palmarès avec la télé déclaration des impôts et l’enregistrement électronique de nouvelles sociétés en ligne par l’Agence de Développement du Burundi (ADB).

La digitalisation des services de l’OBR allège le fardeau aux contribuables qui devraient faire de longues files d’attente pour déclarer les impôts dus. De même, la digitalisation du guichet unique de transfert de propriété qui délivre les permis de construire et la numérisation des titres fonciers va révolutionner le secteur immobilier.

D’autres initiatives sont en cours avec la mise en œuvre du projet d’appui au fondement de l’économie numérique (PAFEN). D’ailleurs, une enquête est en cours pour recenser ceux qui détiennent des outils et autres équipements digitaux. Normalement, la digitalisation des services publics devrait inclure les activités au niveau de tous les services jusque au niveau des structures déconcentrées et décentralisées.

La facilité avec laquelle on fait les transactions en ligne apporte un paquet d’effets indésirables. Aujourd’hui, les applications mobiles permettent de se connecter directement à son compte en banque sans faire la queue devant un guichet.

D’une part, cette révolution va supprimer de milliers d’emplois à l’image de la robotique. Les services financiers digitalisés finiront par supprimer certains emplois tôt ou tard. Les guichetiers sont dans le collimateur. Aujourd’hui avec l’intelligence artificielle, de nombreux emplois sont menacés.

D’autre part, il y a le souci lié à la protection des données sensibles et personnelles. Dans la plupart des cas, on fait recours à l’expertise pour mettre en place des systèmes digitalisés et l’archivage des données. Ce qui laisse la porte aux hackers entrouverte. Le pays doit investir davantage dans la cyber sécurité et agir en cas d’éventuelle cyberattaque.

En juillet dernier, le Kenya a subi une cyberattaque de grande envergure. Les services essentiels tels que l’achat de jetons d’électricité, les transactions sur M-Pesa, les services bancaires numériques et divers services gouvernementaux sur e-Citizen étaient indisponible.

La panne des services M-Pesa a paralysé les opérations dans de nombreux secteurs remettant en question la préparation du Kenya à une transition complète vers les paiements numériques. En moyenne, 569 millions de dollars transitent sur M-Pesa chaque jour, soulignant ainsi l’impact de la perturbation du service sur le pays.

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Benjamin Kuriyo.

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