Société

Les divisions au sein des églises évangéliques : Un paradoxe qui nuit à la cohésion sociale

 Les bras de fer au niveau de la représentation des églises « protestantes » deviennent de plus en plus légion. Dans cette chronique sur les messages de haine, on revient sur les divisions observées dans les églises de « réveil » et les conséquences sociales que cela implique. Cas de la province Makamba.

c’est paradoxal d’entendre que ce qui devrait au départ être un havre de paix devient un lieu de confrontation.

Le rôle de l’église est d’enseigner l’amour, le pardon et la bonne cohabitation sociale. Toutefois, c’est paradoxal d’entendre que ce qui devrait au départ être un havre de paix devient un lieu de confrontation. Des confrontations qui s’accompagnent de messages haineux sur fond d’appartenance ethnique.

 K.I originaire de Mayengo peine à concevoir cette situation : « Au lieu de prêcher l’amour, des représentants des églises dressent leurs adeptes les uns contre les autres. Tout simplement pour occuper des postes dans la hiérarchie ecclésiastique. Ça fait honte »

Les violences qui tirent l’origine dans les crises qui ont endeuillé le pays

M.Nduwayo, habitant de Mayengo, commune Nyanza lac commente sur le cas : « le problème qui se présente dans notre communauté oppose en générale les rapatriés et ceux qui sont restés dans le pays. Quand ils rentrent au pays, les rapatriés de 1972 veulent regagner leurs positions au sein des églises mais, ceux qui sont restés résistent »

Cette résistance au niveau de la représentation finit par causer un schisme entre chrétiens au sein d’une même église. Deux blocs s’observent :  les adeptes de ceux qui sont restés dans le pays et ceux des rapatriés.

La haine ethnique s’en mêle

La confrontation au niveau de la représentation dans les églises se fait sur fond de l’appartenance ethnique, les pasteurs rapatriés étant de l’ethnie Hutu, tandis que ceux qui sont restés au pays sont de l’ethnie Tutsi. En se divisant, chaque fidèle essaie de suivre celui qui a la même appartenance ethnique que lui.

Toutefois, précisent les habitants de Mayengo, d’autres raisons comme le partage des dividendes, des offrandes et des dîmes expliquent en partie ces tensions.

Des amis d’hier qui deviennent des ennemis d’aujourd’hui

Les habitants de Mayengo témoignent que ces tensions ont quitté le niveau des églises pour influencer la cohésion sociale. B.A est l’un des adeptes d’une église qui a connu des tensions. Il explique comment il a vu ces tensions déchirer sa communauté « les adeptes se regardent avec méfiance. Des enfants issus de ces ménages ne se rendent plus visite. La compréhension mutuelle, l’amour, l’harmonie, la coopération, l’entraide qui les caractérisaient dans le temps ont disparu laissant la place à la suspicion », témoigne M.B qui fréquente également une église protestante de la place.

Pire encore, B.A témoigne que lorsqu’un membre d’un tel groupe est frappé par un malheur ou contracte une maladie, le groupe adverse est tout de suite pointé du doigt. Ces accusations vont aller même jusqu’ à la sorcellerie.   Cette situation fait que les membres du premier groupe peuvent aller jusqu’à planifier de faire du mal aux membres du groupe adverse si rien n’est fait pour les amener à émettre sur une même longueur d’ondes.

 L’administration n’est pas distraite   

Onesphore Niyongendako, secrétaire permanent de la commune Nyanza lac dit être au courant des cas de division des adeptes issus d’une même église à cause des conflits entre les représentants qui ne s’entendent pas.

Face à cette situation, l’administration ne reste pas indifférente : « Chaque fin du mois, nous rassemblons les représentants des églises des séances de pacification. Nous leur recommandons de ne pas s’écarter de la parole de Dieu, d’enseigner la bonne cohabitation et l’amour du prochain à leurs fidèles au risque de subir des sanctions administratives. »

 

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A propos de l'auteur

Dona Fabiola Ruzagiriza.

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