Culture

Les écrivains seraient-ils victimes d’une culture « bibliophobe » ?

Les jeunes générations savent peu ou pas sur les écrivains burundais. Les œuvres littéraires locales sont quasi absentes dans les bibliothèques car souvent édités à l’étranger. C’est ce qui ressort d’un café littéraire organisé jeudi le 18 avril 2019 par l’Institut Français du Burundi (IFB)

La non consommation au pays, l’absence d’éditeurs et de maisons d’édition, la publication à l’extérieur qui coûte les yeux de la tête, tels sont les problèmes majeurs qui minent le 5ème art au Burundi. A cela s’ajoute le manque de culture de la lecture chez les Burundais. Une panoplie d’une soixantaine d’écrivains Burundais a été présentée aux participants à ce café littéraire. «Je sais que la majorité d’entre vous ignorait déjà que ces auteurs existent», indique Ezéchiel Ndayizeye, animateur dudit café. Avec raison, affirment les participants, car on trouve rarement un roman écrit par un Burundais en plusieurs exemplaires. Seuls quelques copies circulent. 

Ezéchiel Ndayizeye, animateur du café littéraire : « L’édition des manuscrits des écrivains nécessite autant de fonds que la plupart des écrits finissent leur course dans les tiroirs des auteurs. »

Le manque de maisons d’édition, une épine dans le pied des écrivains

L’édition de leurs manuscrits nécessite autant de fonds que la plupart des écrits finissent leur course dans les tiroirs des auteurs. « D’autres tiennent le coup. Ils se débrouillent. Ils glanent des moyens, notamment auprès des amis et réussissent à les faire publier », fait savoir Ndayizeye qui, lui aussi, se rabat sur les éditions étrangères. « Rares sont les livres qui retournent sur le marché local une fois imprimées ailleurs », ajoute-t-il.

Beaucoup d’auteurs, moins d’écrivains

Selon Ndayizeye, un auteur n’est pas forcément un écrivain, mais c’est l’inverse qui est plus vrai. Un écrivain est l’auteur d’une œuvre littéraire, c’est-à-dire une œuvre dont on reconnait la qualité esthétique. L’écrivain a une conscience de l’écriture. Il ne cherche pas simplement à communiquer ou à faire passer un message. Il est en quête du beau. Contrairement à l’écrivain, l’auteur d’un ouvrage portant sur l’économie ne cherche pas à plaire, mais à passer de façon pragmatique un message. En bref, l’écrivain est avant tout un artiste, c’est-à-dire un pourvoyeur d’émotions. Il exploite toutes les ressources de la langue (les images, les sonorités, la syntaxe, la disposition des mots, etc.) pour donner à son message une dimension esthétique.

« Les Burundais boivent plus qu’ils ne lisent »

« Gusoma » est une traduction littérale du verbe « lire ». En plus de lire, il veut littéralement dire « embrasser » et « boire ». Loin des maisons d’édition et d’imprimeries spécialisées, la phobie de la lecture reste un mal Burundais. « Les étagères de la bibliothèque de l’IFB sont garnies d’œuvres littéraires écrites par des Burundais, mais peu de gens manifestent l’engouement de les lire », déplore Mme Jeanne d’Arc Nduwayo, une participante. Elle trouve que peu d’intellectuels Burundais ont le courage de prendre la plume et de coucher leur sagesse sur papier. Même ceux qui osent franchir le pas ne sont pas lus. Il se pose ainsi le problème de visibilité de leurs œuvres ; d’où la nouvelle génération d’écrivains manque de repère dans l’écriture ou se sent moins motivée.

Garder à tout prix la tête hors de l’eau

Même si la production littéraire est en perte de vitesse au pays, les écrivains ne décolèrent pas. Joseph Butoyi, président de l’Association des Ecrivains du Burundi affirme qu’ils font tout pour garder la flamme allumée. « Une nouvelle maison d’édition « Bandima Editions » est maintenant fonctionnelle et nous sommes fiers de son boulot. Depuis qu’elle est implantée ici, plus d’une dizaine d’ouvrages est déjà sortie », confie-t-il. A coté de cela, deux Centres de Lecture et d’Ecriture (CLEC) sont opérationnels dans deux provinces pionnières (Bujumbura et Ngozi) et ces derniers constituent un canal de sensibilisation à l’endroit des jeunes. « On ne peut pas écrire quand on n’a pas une banque de mots ou de vocables pour le faire. Et cela doit impérativement être puisé dans la lecture », ajoute M. Butoyi.

Dans l’avenir, cette association prévoit une compétition sur la lecture et l’écriture pour émuler les jeunes ambitieux de devenir écrivains. Cela dans l’optique de redonner le goût à la littérature burundaise qui est naturellement riche en histoires, mais qui reste encore sous exploitée.

A propos de l'auteur

Bonaparte Sengabo.

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