Société

Les rumeurs, un danger à la garantie de la stabilité

Les rumeurs propagées en 2015 ont affecté la population de la commune Busoni en province Kirundo. Plusieurs résidents ont fui le pays. Ce qui a entrainé des conséquences lourdes selon l’administration communale. La population témoigne qu’elle a beaucoup appris et qu’elle vit des moments de réconciliation

Les rumeurs qui ont été propagées pendant la crise de 2015, ont fait qu’une partie importante de la population de Busoni fuit le pays, alors que cette commune était calme.

Pendant que la capitale économique Bujumbura était certes tendue, la commune Busoni était plutôt calme. Mais cela n’a pas empêché des fuites massives vers un pays voisin, le Rwanda. Des familles entières ont abandonné leurs maisons, les fonctionnaires de l’Etat ont quitté leurs postes tandisque les commerçants ont cessé leurs activités.

« Nous entendions beaucoup d’informations sur les radios concernant la situation politique que traversait le pays. Ceux qui avait des cœurs non endurants ils ont eu peur et se sont décidés à fuir », raconte Kwizera Saidi de la colline Burara, commune Busoni.

Quant à Claudine Mukamahoro, aujourd’hui rapatriée, elle annonce qu’en décidant de fuir elle entendait toutes ces informations qui fusaient de partout. Les démons du passé ont été réveillés. « On n’a pas vraiment réfléchi à ce qui se disait. Nous nous sommes souvenus des crises qui nous ont enlevé les nôtres. Fuir était la bonne option pour nous ». Louise Ndayishimiye, elle aussi rapatriée, l’a rejoint : « on se réveillait et on voyait que la porte de nos voisins est fermée. Le jour suivant, on voyait une autre ou deux. La peur se propageait petit à petit et on finissait par décider de partir également ».

A côté des informations qui circulaient, la position géographique de cette commune a favorisé à ce qu’il y ait l’instabilité et en définitive cette fuite massive de ses habitats. Benoît Miburo, secrétaire de cette commune l’explique : « Ceux qui fuyaient les tensions à Bujumbura passaient dans notre commune, celle-là étant frontalière du Rwanda et possédant un poste douanier. Les résidents voyaient les gens qui fuyaient en masse et ont eu peur ».

 Les séquelles sont encore fraîches

Dans l’administration et l’opinion publique, cette situation a fait que la commune régresse économiquement d’une façon très significative. « Dans la vie courante, nous qui sommes restés au pays avons eu un problème d’obtenir du travail puisque ceux qui nous l’octroyait avaient fui. Et, du coup, on est resté figé dans le temps. Moi, je peux affirmer que si les gens qui ont fui étaient restés ici on aurait fait un pas de plus dans le développement »

Une idée renforcée par le secrétaire communal : « Vous comprenez que lorsque la commune s’est vidénde ses habitants, les projets de développement se sont arrêtés. A leur retour, ceux qui avaient fui ont trouvé leurs maisons en ruine, leurs champs en pâture. Ils ont dû tout recommencer à zéro ».

Socialement, les habitants de la colline Burara ajoutent aussi que ces événements ont impacté les familles. « Il y a des familles où l’un des conjoints est resté ou encore seuls les enfants ont fui et les parents sont restés… », raconte Prosper Nimumpaye, chef de la sous-colline Rusarasi. Il fait savoir que dans les cas de déplacés, beaucoup de jeunes qui étaient sur le bas de l’école se sont mariés et que les jeunes filles ont eu des enfants hors mariage.

 Vaux mieux prévenir que guérir

Les personnes rapatriées affirment que les rumeurs qui les avaient fait fuir à l’époque étaient infondés. Mais non plus, ils ne se jettent pas la faute. « S’il arrive que ce genre de rumeurs survienn encore, on a tiré des leçons. Je ne peux pas fuir à cause sur le coup des informations qui n’ont aucun de fondement », fait savoir Ndayishimiye

Le secrétaire de la commune Busoni se dit conscient des dangers de la propagation des rumeurs ou de fausses informations et explique que l’administration est à l’œuvre dans la sensibilisation de la population de manière permanente, l’objectif étant de comprendre le phénomène de la rumeur et ses conséquences néfastes et enfin réduire le risque d’émergence et de la propagation du phénomène.

Actuellement, la majorité de ceux qui avaient quitté le pays en 2015 sont revenus et la plupart des fonctionnaires ont été réintégrés dans leurs postes. Ils commencent à se reconstruire petit à petit, mais affirment que les séquelles de ces événements sont difficiles à effacer dans leurs esprits et dans leur communauté. Toutefois, ils démontrent l’engagement de ne plus tomber dans le même piège.

 

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Dona Fabiola Ruzagiriza.

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