Bien que les pesticides chimiques soient les plus favoris pour pas mal d’agriculteurs, ils ne sont pas sans conséquences néfastes tant sur la santé humaine que sur l’environnement. Le ministère ayant en charge l’agriculture appelle à la priorisation de l’usage des plantes pesticides et des autres matières inertes dans la lutte contre les ravageurs.

Avec les biopesticides, on peut suffisamment produire sans détruire ni l’environnement ni la santé humaine.
Le ravage des plantes et de la récolte constitue un des défis que rencontrent le secteur agricole ces derniers années. Selon les données de 2020, le ministère ayant l’agriculture dans ses attributions enregistre de 30% des pertes du rendement, dues aux maladies et aux ravageurs des cultures.
Pour pallier à ces défis, le Gouvernement du Burundi a mis en place des stratégies de lutte préconisées, principalement chimique, l’amélioration des techniques culturales, l’utilisation des variétés résistantes, la lutte physique et la lutte biologique. Parmi ces différentes méthodes de lutte contre les ravageurs des cultures, c’est la lutte chimique contre les organismes nuisibles des cultures qui est la plus vulgarisée. Pourtant, ces méthodes chimiques ne sont pas sans conséquences néfastes tant sur la santé humaine que sur l’environnement.
Le revers de la médaille
L’arrivée des ravageurs des cultures comme la chenille légionnaire au Burundi a provoqué l’usage massive des insecticides sur les cultures qui autrefois étaient produites sans pesticides de synthèse. Il en est de même pour les charançons qui nécessitent impérativement des moyens de protection spécifiques dont l’utilisation des insecticides de synthèse.
Clément Ndikumasabo, porte-parole du Mineagrie a fait savoir que cet usage massif de pesticides de protection spécifiques présente beaucoup de risques. Il a cité notamment la pollution des ressources naturelles et l’exposition des utilisateurs aux insecticides de synthèse qui sont parfois nuisibles à leur santé. Ces insecticides de synthèse coûtent tellement cher que certains agriculteurs ne sont même pas capables de s’en procurer en cas de nécessité. En plus de cela, ces pesticides de synthèse favorisent la dégradation et la dépendance des sols.
L’usage des biopesticides, une alternative
Les agriculteurs burundais ont toujours bénéficié de méthodes pour protéger naturellement leurs champs et leurs stocks contre les différents ravageurs. Certains mélangent leurs récoltes avec des cendres, du calcaire, pour ne citer que ceux-là. Ces pesticides naturels sont non seulement accessibles à tout le monde et ne coûtent pas grand-chose, mais surtout ils ne sont pas toxiques. Ceux qui utilisent ces méthodes les jugent efficaces car, ils parviennent à protéger leurs récoltes contre les ravageurs bien que cela demande plusieurs applications et que l’effet n’est pas parfois immédiat.
Dans le souci de chercher une alternative à ces pesticides de synthèse, le Mineagrie à travers l’ISABU et en partenariat avec INADES Formation Burundi a testé l’efficacité de certaines plantes pesticides pour lutter contre les ravageurs des cultures comme le maïs et le haricot dans les champs. Il a été également testé l’efficacité de certaines matières inertes comme la latérite, l’huile de palme, le calcaire, etc. dans la lutte contre les ravageurs des récoltes en stock. Selon Joseph Nigeze, directeur national de INADES Formation Burundi, cette recherche a été menée avec l’implication des praticiens moniteurs agricoles à la base. La conclusion en a été qu’avec ces biopesticides, on peut suffisamment produire, sans détruire ni l’environnement ni la santé humaine.
Il a sollicité la contribution de tout un chacun dans la promotion et la vulgarisation de ces biopesticides et biofertilisants. Aux cadres du Mineagrie, il les a invités à contribuer à la proposition des lois et autres textes sur la réglementation des importations des pesticides chimiques.
Merci @BurundiEco pour nous avoir appuyé à vulgariser les bienfaits des biopesticides et les risques potentiels des pesticides chimiques.