Education

Lycée Kanura de Gihanga : Une éducation inclusive par excellence

L’école inclusive Kanura de Gihanga accueillant les voyants et les non malvoyants affiche de bonnes performances dans les tests nationaux au niveau des écoles de Bubanza. Le plus bas taux de réussite jamais enregistré est de 86%.  Toutefois, le manque d’enseignants spécialisés dans l’écriture braille est l’un des défis auxquels cette école fait face    

Fondée en 1989, ce n’est qu’en 2012 que les élèves aveugles de l’école Kanura de Gihanga ont participé pour la première fois au concours national.  Auparavant, le programme de l’éducation inclusive n’était pas encore adopté par le gouvernement. Cette école accueille depuis 2015 des élèves voyants. Pour cette année scolaire 2021-2022, cet établissement scolaire compte au total 200 élèves dont 62 malvoyants. Ces derniers sont internes, fait savoir Ernest Nindagiye, directeur du lycée Kanura de Gihanga qui salue au passage. Ce responsable de cette école salue l’introduction du programme de l’éducation inclusive au Burundi. Cela permet aux enfants malvoyants d’avoir les mêmes chances d’éducation que les autres.

A la fin de l’année scolaire 2020-2021, l’école Kanura a enregistré un taux de réussite de 100% au concours national et au post-fondamental.

 

Des performances appréciables

Les performances de cette école dans les tests nationaux sont satisfaisantes. Selon le directeur, le plus bas taux de réussite jamais enregistré à cette école est de 86%.  A la fin de l’année scolaire 2020-2021, l’école Kanura a enregistré un taux de réussite de 100% au concours national. Même score pour le post-fondamental. Dans la seule section Langue, les 8 élèves finalistes ont tous réussi l’examen d’Etat. Et les élèves malvoyants ont pris le devant. Au niveau de l’examen d’Etat, édition 2020, c’est un élève aveugle qui s’est classé premier de la classe avec une note de 76,8%, se réjouit M. Nindagiye.

Toutefois, il informe que ce lycée fait face au manque d’enseignants spécialisés pour enseigner les enfants aveugles. L’école compte 7 enseignants permanents et 5 vacataires. Pour faire face à ce défi, l’école organise des formations en écriture braille pour les enseignants. Elle dispose également de traducteurs pouvant faciliter l’enseignement.  En outre, le lycée Kanura de Gihanga accuse un manque de matériels didactiques adaptés aux malvoyants. Mais pour ce dernier défi, des partenaires soutiennent l’école pour la poursuite des activités. 

L’enseignement des métiers n’est pas mis de côté

Le lycée Kanura de Gihanga accueille également des enfants ou des adultes ayant des problèmes de vision pour les initier aux métiers. Ferdinand Ntakirutimana est l’un des bénéficiaires de l’enseignement des métiers à cette école. Originaire de la commune Songa dans la province de Bururi, il est arrivé à cette école en 2001 après un accident qui l’a rendu aveugle. Ayant abandonné ses études en 5ème année primaire, il s’est tourné vers l’enseignement des métiers.  Le trentenaire vit actuellement grâce à la vannerie et se réjouit de son métier. 

Même son de cloche pour Francine Niyokindi. Originaire de la province Bubanza, elle est venue faire l’enseignement des métiers à cette école étant adulte. Elle vit également grâce à la vannerie. A part ce métier, les élèves aveugles de l’école Kanura de Gihanga sont formés en musique. « Ce sont de meilleurs musiciens », confirme Ernest Nindagiye avant d’expliquer que les personnes vivant avec un handicap sont capables comme d’autres personnes si elles sont bien encadrées.

Un ancien élève devenu enseignant

Dismas Hatungimana est un ancien élève du Lycée Kanura. Non encore engagé, il aide néanmoins dans le renforcement des capacités des élèves aveugles en TIC, notamment l’utilisation des ordinateurs.  Après avoir terminé les études primaires, il a été sponsorisé pour poursuivre ses études au Rwanda. Après l’obtention de son diplôme universitaire en Anglais et en Swahili, M. Hatungimana a fait une formation additionnelle en TIC. Il a retourné dans son pays natal en 2022. Dismas Hatungimana affirme que les aveugles utilisent les mêmes ordinateurs que les voyants. « La différence est qu’il existe des applications spécialisées pour les personnes malvoyantes ». 

Comparativement à d’autres pays, ce jeune homme informe que le Burundi est encore en arrière en ce qui est de l’éducation inclusive. Le matériel didactique fait encore défaut aux écoles et aux universités. Les personnes vivant avec un handicap ne sont pas encore les bienvenus sur le marché du travail. Les défis persistent également en matière de circulation routière. Selon Hatungimana, les conducteurs burundais ne favorisent pas les aveugles en leur accordant pas la priorité. 

Au Burundi, l’éducation inclusive a été adoptée en 2012. Des enfants en situation d’handicap bénéficient d’une formation classique dès le fondamental. Néanmoins, les écoles pratiquant l’éducation inclusive restent encore peu nombreuses.

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A propos de l'auteur

Bruce Habarugira.

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