Le matin de ce lundi 31 juillet 2023, les commerçants œuvrant sur le marché de Ruvumera en Mairie de Bujumbura ont suspendu les activités pour manifester leur mécontentement dû à la revue à la hausse des frais de location des stands et des échoppes, 450 000 FBu le mois à l’intérieur et 600 000 FBu à l’extérieur du dit marché. Ils demandent au gouvernement de réviser cette mesure.

Les commerçants œuvrant sur le marché de Ruvumera en Mairie de Bujumbura ont suspendu les activités pour manifester leur mécontentement dû à la revue à la hausse des frais de location des stands et des échoppes.
Il est 10h12 minutes lorsque nous débarquons sur le marché de Ruvumera situé dans la zone Buyenzi en Mairie de Bujumbura. Les échoppes et stands sont fermés, les commerçants sillonnent l’intérieur du marché. Très mécontents, ils affirment qu’ils ne sont pas capables de payer le montant exigé par mois. Cette mesure a été prise par l’Office Burundais des Recettes (OBR) mercredi le 26 juillet 2023.
Les occupants des stands et échoppes se lamentent beaucoup et expliquent qu’ils ne peuvent même pas collecter ce montant par mois. « Passer de 110 000 FBu à 600 000 FBu est une chose incroyable. La Mairie ne nous a donné qu’une place vide. Nous avons passé des nuits blanches à aménager des stands et échoppes. Aujourd’hui, l’OBR vient nous obliger à payer le fardeau de 600 000 FBu. Nous demandons au gouvernement de réanalyser ou de réviser cette mesure », a indiqué chance Kaneza œuvrant à l’extérieur du marché.
D’autres commerçants en possession des stands à l’intérieur du marché demandent au gouvernement d’augmenter les frais de location selon la grandeur du stand ou de l’échoppe ou les produits qui s’y trouvent. « Nous n’avons pas voulu révolter contre l’administration. Avec cette décision et la quantité des marchandises que nous vendons, nous nous voyons incapables de payer 900 000 FBu pour les mois de juillet et d’août. C’est dans ce sens que nous avons suspendu les activités pour exprimer notre mécontentement ».
La situation n’était pas la même pour les vendeurs des poissons et des fruits. Ceux-ci ont travaillé avec la seule raison d’éviter la pourriture de leurs marchandises. « Nous ne sommes pas contre nos frères et sœurs qui ont suspendu le travail. Nous avons travaillé pour que nos fruits ne pourrissent pas ».
De lourdes conventions
Dans les conventions de l’Office Burundais des Recettes (OBR), le locataire s’engage à respecter les délais de paiement sans dépasser le 25ème jour du mois et le paiement en tranche n’est pas accepté. Le loyer du mois de juillet et celui du mois d’août doit être viré sur le compte de l’OBR jusqu’au plus tard le 10 août 2023. Dépasser cette date, le locataire se verra infligé d’une amende de 1% chaque jour de plus sur le montant à payer. Une fois que le commerçant ne peut pas verser le loyer sur le compte de l’OBR après 2 mois, cet office a le plein droit d’effectuer le recouvrement par force et de résilier le contrat et l’amende continuera à s’y ajouter. Le versement s’effectuera sur le compte de l’Office Burundais des Recettes et non sur le compte de la Mairie.
Que dit le représentant des commerçants ?
Pontien Sibomana, représentant des commerçants du marché de Ruvumera figure parmi ceux qui doivent payer les 450 000 FBu. Lui aussi affirme que ces frais sont très exorbitants et qu’il ne peut pas les collecter par mois. Il souhaite que le gouvernement et l’OBR se mettent ensemble pour diminuer ces frais. Il est du même avis que le commissaire de ce marché Elysé Ngayempore. Il invite les commerçants à exercer leur métier en attendant la réaction des autorités, car cette question est déjà connue dans les différentes institutions.
Quid de la tranquilisation des commerçants ?
Le Maire de la ville a annoncé qu’il y aura des imperfections. Ils vont écouter les doléances des uns et des autres, les étudier cas par cas pour qu’ils puissent ensemble avec l’OBR décider quoi faire. « Au cas où l’occupant est incapable de continuer à payer le loyer du stand ou de l’échoppe, l’administration de la Mairie va intervenir le plus tôt possible pour trouver rapidement une place qui lui convient, car tout le monde n’a pas le même pouvoir d’achat ».
Pour ceux qui ont contribué à la construction de leurs stands, le Maire de la ville affirme qu’ils sont reconnaissant à leur endroit, mais que c’est un autre dossier à étudier ultérieurement.
A travers un point de presse, le ministre de l’Intérieur Martin Niteretse a annoncé lundi le 31 juillet 2023 que les nouveaux tarifs fixés pour la location des stands et des échoppes dans les marchés publics méritent d’être révisés par l’OBR pour que les commerçants puissent continuer à travailler convenablement. Il fait savoir aussi que personne n’est autorisé à avoir plus d’un stand ou d’une échoppe dans un marché.
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