Comme tant d’autres métiers, l’apiculture utilise des techniques qui lui sont propres et nécessite un matériel adapté pour améliorer le rendement dans la production du miel. Les ruches traditionnelles ou modernes sont les principaux outils utilisés dans ce secteur. Nonobstant, les ruches traditionnelles sont les moins rentables
L’apiculture consiste en l’élevage des abeilles dans le but de produire le miel et d’autres produits connexes, notamment la cire. Elle utilise des techniques spécifiques depuis la nuit des temps et fait partie intégrante de la culture nationale. Ces techniques sont généralement transmises de père en fils. Les Burundais d’antan savaient bien le rôle que joue le miel dans la vie sociale. Ils profitaient de ce produit récolté des ruches pour agrémenter les fêtes familiales (dot, mariage…). Mais les techniques contemporaines qui misent sur l’usage des ruches modernes ne sont pas très réputées au Burundi. Ce qui fait que les ruches archaïques ou traditionnelles sont toujours à la hauteur malgré qu’elles soient moins productives.
Selon Frère Silas Nimpagaritse, expert en apiculture, beaucoup d’apiculteurs font toujours recours aux ruches traditionnelles en les suspendant dans les branches des arbres pour tenter d’attirer les colonies d’abeilles mais, au Burundi, la production du miel reste insuffisante. L’une des causes de cette faible production du miel est l’usage des ruches archaïques (traditionnelles), car l’apiculture est toujours pratiquée tel qu’elle l’était dans ces dernières décennies. Ce n’est qu’actuellement qu’on commence à introduire timidement des ruches modernes susceptibles d’accroître la production du miel.

Pas mal d’apiculteurs burundais ont du mal à s’offrir du matériel moderne pour promouvoir leur métier.
Secteur quasiment négligé
Pour Frère Nimpagaritse, l’apiculture est tellement négligée qu’il est très rare de trouver des personnes ayant des connaissances suffisantes dans ce domaine. Pourtant, les produits apicoles, notamment le miel, sont de plus en plus sollicités bien que l’offre soit toujours inférieure à la demande.
Le manque criant de matériels apicoles nuit à la valorisation des produits de la ruche et freine les initiatives locales dans ce domaine. Comme l’apiculture est un métier traditionnel, elle est considérée comme une activité complémentaire à d’autres métiers dits modernes. Le rendement des ruches traditionnelles reste minable, car elles sont moins performantes. Renovat Ndayisenga, un jeune homme rencontré dans la commune Gishubi, fait savoir qu’il ne pratique pas l’apiculture de manière professionnelle mais, plutôt qu’il n’est qu’un simple amateur. Malgré tout, il affirme qu’il dispose d’une dizaine de ruches traditionnelles dans les forêts et sur des branches d’arbres. « En comparaison avec les ruches modernes, les ruches traditionnelles sont moins productives, car je peux exploiter trois ruches pour en tirer moins d’un kilo de miel », indique-t-il. Selon Frère Nimpagaritse, au cours d’une année, la production d’une ruche traditionnelle dépasse rarement 10 kilos de miel alors qu’une ruche moderne peut produire plus de 30 kilos sur la même période.
Les matériels apicoles indispensables
Frère Nimpagaritse énumère les matériels apicoles les plus importants. La ruche est le premier outil indispensable dans une exploitation apicole. Elle est généralement fabriquée en bois. C’est une structure construite par un apiculteur et presque fermée pour abriter une colonie d’abeilles. Une ruche traditionnelle est conçue d’une manière simple et n’a pas de compartiments à l’intérieur tandis qu’une ruche moderne a la forme d’une caisse. Elle est facilement manipulable et démontable. Par ailleurs, elle comporte plusieurs cadres amovibles facilitant la division de la ruche en plusieurs compartiments.
Les autres matériels viennent en seconde position. Il y a notamment l’équipement de protection ou la vareuse. Ce sont des vêtements spécifiques conçus pour résister aux piqûres des abeilles. Ils enveloppent tout le corps jusqu’au niveau des poignets. Les gants et les chaussures sont également nécessaires. Il y a ensuite le lève-cadres. C’est un outil fin capable de pénétrer dans tous les recoins de la ruche. Il permet de détacher les cadres de la propolis.
L’enfumoir est aussi important. C’est un ustensile qui projette la fumée qu’on envoi dans la ruche. Il agit sur la colonie d’abeilles pour la calmer et il est important d’utiliser des combustibles de qualité et de contrôler le flux de la fumée. Cela permet à l’apiculteur d’extraire les cadres de miel en toute sécurité. Il y a également le maturateur. C’est une cuve qu’on utilise pour conserver le miel à sa sortie de la ruche. Vient ensuite l’extracteur à miel. Il s’agit d’un outil qui débarrasse le miel de toutes les impuretés pour obtenir un produit beaucoup plus fluide et limpide. La liste n’est pas exhaustive. Il y a également les outils utilisés pour désoperculer, l’épurateur à cire, le brosse à abeilles, le cérificateur solaire/à vapeur, etc. Dans le prochain numéro, nous développerons la relation agriculture-apiculture et l’impact des pesticides sur la production apicole.
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