Agriculture

Moins de 10% d’agriculteurs ont accès aux semences sélectionnées

La plupart des agriculteurs se lamentent du fait qu’ils ont du mal à accéder aux semences sélectionnées. Et moins de 10% des agriculteurs utilisent ces semences. La conséquence qui en découle est que le rendement agricole devient moins bon. Ce qui est à l’origine de l’insécurité alimentaire et de la pauvreté

Très peu de agriculteurs ont accès à ces semences. Ils sont obligés de recourir aux semences «tout venant» peu productives.

   

Trouver des semences de qualité n’est pas chose facile, déplorent les agriculteurs de certaines provinces comme Cibitoke, Rutana, Makamba, Ruyigi, etc.  Selon  Chantal  Kigeme rencontrée à Cibitoke, c’est devenu une habitude de recourir aux semences non sélectionnées, car celles de qualité ne sont pas quelquefois disponibles sur le marché. S’il y en a, elles ne sont pas à la portée de toutes les bourses.  Pour cela,   elles sont aujourd’hui moins utilisées par les agriculteurs malgré qu’elles contribuent à 40% au rendement d’après les ingénieurs agronomes. Ces agriculteurs font savoir que  c’est l’une des raisons qui font que le rendement agricole va crescendo. Les exemples sont légion. On cite le cas des semences de maïs qui ont été utilisées par les agriculteurs du marais de Sanzu-Mugomera situé dans la province de Ruyigi. Parce qu’elles n’étaient pas de bonne qualité, rien n’a poussé.  

Ir Jean Claude Ntwari, directeur de l’agriculture à la Sosumo et ex responsable du département de la promotion des filières agricoles et produits forestiers non ligneux au ministère de l’Environnement de l’Agriculture, de l’Elevage s’inquiète du fait que malgré plusieurs avantages  que présente l’utilisation des semences de qualité dans les champs, très peu d’agriculteurs y font recours.  Selon les statistiques de l’ISTEEBU, le secteur agricole occupe plus de 90% de la population burundaise. Pourtant, actuellement, moins de 10% d’agriculteurs utilisent les semences sélectionnées. Selon Ntwari, cela est lié au manque de connaissances dans ce domaine. Les agriculteurs n’arrivent pas à distinguer la bonne qualité de la mauvaise des semences.  Pendant le semis, ils déversent toutes sortes de semences dans le champ. Et les conséquences sont fâcheuses, car la récolte n’est pas bonne comme on le souhaite. 

Selon lui, une semence est dite sélectionnée si elle est distincte (d’une variété différente), homogène (de même nature, même espèce) et stable (elle ne se modifie pas). Elle a une valeur agronomique et technologique : c’est-à-dire une semence qui est productive et qui résiste aux maladies et dont les produits issus de la récolte ont une bonne qualité organoleptique (propriétés d’un aliment en termes de goût, odeur, aspect, couleur et consistance) et sont faciles à transformer.

Les semences sélectionnées contribuent à 40% au rendement agricole

Et de préciser que leur utilisation  contribue à  elle seule à 40% du rendement agricole total escompté.  Les 60% qui restent proviennent des bonnes pratiques agricoles associées à la fertilisation et au climat. 

Il  déplore une certaine ignorance de la part des agriculteurs. Et d’ajouter un faible pouvoir d’achat parce que la semence sélectionnée est très chère.  Comme pistes de solution, on compte mettre en place un Programme National de Subvention des Semences Sélectionnées.  L’Etat va payer une partie  du coût des semences sélectionnées.  De plus, le département de la promotion des filières agricoles et produits forestiers non ligneux organise des ateliers de sensibilisation des agriculteurs pour qu’il y ait un changement de mentalités.  On procède par une démonstration  en comparant un champ contenant des semences sélectionnées avec un autre qui  n’en contient pas.  Selon lui, malgré ces efforts,  très peu de agriculteurs ont accès à ces semences. Ils sont obligés de recourir aux semences «tout venant» peu productives.  A titre illustratif, un des agriculteurs rencontré à Cibitoke fait remarquer qu’un hectare de maïs semé avec de semences « tout venant » produit à peine 700 kg. Mais, par contre,  celui semé avec de semences améliorées génère une moyenne de 3 à 4 tonnes par hectare.  Avec les maïs hybrides, on peut  même enregistrer une moyenne de 7 tonnes par hectare

Faute d’un système viable et durable qui fournit à nos paysans des semences plus améliorées et des variétés de nos cultures résistantes à la maladie et à la sécheresse, Marc Ngendahayo, ancien directeur du Centre de Recherche en Agriculture et Développement Rural et professeur à la faculté d’Agronomie indique que le Burundi continuera d’être exclusivement vulnérable aux crises alimentaires et à la pauvreté selon les informations relayées par Yaga.  Le gouvernement a mis en place des stratégies et des programmes pour développer ce secteur dans la recherche et la production des semences.  Pourtant, force est de constater que les résultats  ne sont pas appréciables. Très peu d’agriculteurs ont accès à ces semences. Pour preuve, 90% des semences utilisées sont encore fournies par le système traditionnel.  Selon lui, dans les pays où les filières semencières sont bien organisées, la recherche remplace le plus souvent les variétés sur des périodes de 4 à 5 ans.  Et de signaler qu’il ne faut donc  pas s’étonner que des plantations de caféiers et de bananiers qui se maintiennent depuis plusieurs générations ne produisent pratiquement plus rien.

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A propos de l'auteur

Jean Marie Vianney Niyongabo.

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