Culture

Le musée vivant de Bujumbura, un trésor relégué aux oubliettes

Créé pour être la représentation parfaite de la richesse artistique, culturelle et animalière du Burundi, le Musée Vivant de Bujumbura qui a été depuis sa création le lieu de prédilection des touristes vit actuellement ses moments  difficiles. Coup de projecteur

Nous débarquons à l’entrée du Musée vivant de Bujumbura. Les aiguilles de ma montre indique 11h 12 min. Le soleil brille déjà dans le ciel. Les travailleurs assis face à l’entrée causent tranquillement. A cette heure, pas un seul visiteur n’est présent sur les lieux. Le percepteur des droits d’entrée s’attend toujours à une visite quelconque. D’un côté, un bar des produits Brarudi. De l’autre, des magasins où se trouvent exposés pour vente différentes œuvres d’art. Quelques artisans sont dans leurs ateliers. Des tableaux et des œuvres sculptées diversifiées sont en cours d’exécution.  A notre arrivée, rien ne fait penser que ce lieu est celui qui a attiré de nombreux visiteurs Burundais et étrangers.   Cette oasis de la culture, de l’art et de la faune du Burundi meurt à petit feu.

L’animalière du musée en ruine

Après l’obtention de la permission d’entrée, le guide nous mène à la découverte du patrimoine animalier du musée. A l’entrée de la zone aménagée pour les animaux, on est frappé par la précarité dans laquelle vivent ces malheureux animaux confinés dans leurs cages. Les sentiers qui mènent vers différentes cages ne sont pas entretenus et les herbes ont investi les lieux. Certaines cages se sont détériorées et les herbes ont envahi leurs toits.  D’autres sont vides, signe qu’il y a  des animaux déjà disparus, mais pas remplacés. Les crocodiles sont les plus nombreux dans l’animalière du musée. Il y en a de différents âges. Le plus âgé a 50 ans. Malheureusement, ces reptiles destinés à vivre dans des milieux aquatiques  ont le grand malheur d’être gardés dans des cages où l’eau a presque tari.

Le patrimoine du musée vivant de Bujumbura qui fut le lieu de prédilection des touristes se détériore et n’attire plus de visiteurs.

Dans une cage à part, un léopard s’endort renversé sur le dos, pattes en l’air. Cet animal semble s’ennuyer d’autant plus que la journée est ensoleillée alors qu’il est emprisonné dans une petite cage déserte. Ses flancs dégonflés témoignent de sa faim. Le guide affirme qu’il est rarement nourri.

Certaines cages des serpents sont vides. Seules quelques  de ces reptiles s’y observent.

Cet échantillon de la faune burundaise reste précaire. Les espèces y sont généralement représentées par un seul individu. A titre d’exemple, on y rencontre un seul léopard, une seule gazelle, un seul chimpanzé. Selon le guide touristique, le nombre d’animaux a diminué progressivement d’année en année. Ce qui influe sur le faible flux des visiteurs.

Le flambeau de l’artisanat et de la culture s’éteint à petit feu

Plusieurs boutiques ont été construites dans le but d’offrir aux artistes un espace de travail et de vente pour leurs objets. Bon nombre de celles-ci sont à moitié ouvertes sans personne à l’intérieur. D’autres sont cadenassées, inoccupées.  Les quelques artisans rassemblés dans cette aire n’ont plus de clients. Néanmoins, certains sont présents et sont occupés à manier leurs instruments pour faire des statues et peindre des tableaux.

Nous choisissons de nous entretenir avec l’un des sculpteurs retiré dans son modeste atelier   pour savoir la situation de son business. Cet homme aux cheveux blancs  dit avoir exercé ce métier depuis son jeune âge. Il affirme avoir exercé dans ce musée depuis longtemps. Il nous a confié au rapporteur de Burundi Eco que le nombre de visiteurs est allé decrescendo ces dernières années.

A quelques mètres de là, une femme  d’un âge intermédiaire tue le temps en tissant une corbeille. Dans sa petite boutique, on peut voir beaucoup d’objets d’art prêts à être vendus. Cette femme qui préfère garder l’anonymat confirme  cette baisse de clientèle dans ce milieu combien touristique. Pour elle, le manque de touristes au pays en reste la première cause.

Les huttes qui représentaient les ménages ancestraux n’existent plus. Selon le guide du musée, ces maisonnettes qui symbolisent le Burundi traditionnel et l’ingéniosité architecturale de nos ancêtres ont été détruites par les inondations.

La situation est ainsi au moment où le Burundi est placé en bas de l’échelle dans le classement des pays selon les recettes tirées du secteur touristique. Dans sa dernière publication parue en 2018, l’Atlas sociologique mondial place le Burundi à la 201ème position sur 204 pays et territoires recensés, très loin derrière les autres pays de la région.

A propos de l'auteur

Jonathan Ndikumana.

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4 commentaires
  • Alain dit :

    Je suis vrt touché

  • Massoc dit :

    Bonjour,
    Comment peut on venir en aide à ce musée du vivant pour apporter un peu de confort et de meilleures conditions de vie à ces pauvres animaux et à l’activité artistique du village artisanal ?
    Merci de me communiquer votre avis, je le relaierai auprès des associations intéressées par la vie animale et le tourisme.
    C. Massoc

  • Jonathan dit :

    *Pour leur confort des animaux, au moins à un certain niveau, il y a des activités qu’on devrait mener:

    1. Agrandir les cages et amenager les lieux
    2. Agrandir les bassins d’eau pour les crocodiles. Ils en manque vraiment et sont parfois condamnés à passer tous le temps sous le soleil
    3. Revoir l’alimentation et soigner les animaux qui souffrent de la maladie de la peau

    *Pour booster l’ activité artistique au musée de Bujumbura, il faut surtout la subvention et trouver un marché d’écoulement. Il faut aussi les moyens de mobilité pour permettre les artistes de recevoir des formation et de s’inspirer ailleurs.

    Merci d’avoir été intéressé!

  • Massoc dit :

    Merci Jonathan de vos conseils. Je vais prendre contact avec des associations de protection animale pour essayer de venir en aide aux responsables du zoo musée du vivant de Bujumbura. Je crois que si l’on améliore les conditions de vie des animaux cela attirera touristes et visiteurs qui feront revivre le village touristique d’art africain.
    Nous pouvons échanger par mail si vous souhaitez. claudemassoc@hotmail.com
    Amitiés
    Claude

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