Entre les murs de la prison centrale de Ngozi, les femmes en situation carcérale se consacrent au tissage des œuvres d’art, à savoir : les paniers et les corbeilles à l’aide des fils retirés des sacs. Ce qui leur permet de survivre et de subvenir à leurs besoins. Un travail ardu qui révèle à la fois la résilience malgré la privation de liberté.

Les femmes détenues à la prison centrale de Ngozi se consacrent au tissage des œuvres d’art, à savoir : les paniers et les corbeilles à l’aide des fils retirés des sacs, une activité qui leur permet de subvenir à leurs besoins.
Une femme rencontrée mercredi le 24 novembre 2024 au bord de la route menant au marché de Ngozi est détenue à la prison centrale de Ngozi depuis 2018. Elle est en train de tisser un panier à l’aide des fils retirés des sacs. Celle-ci n ‘a pas voulu dévoiler son identité devant le micro. A sa droite, se trouvent des paniers et des corbeilles prêts à être vendus, tous fabriqués par les autres femmes détenues dans ladite prison. De lundi à samedi, elle sort de la prison pour aller vendre ces œuvres d’art. « Pour qu’on te fasse confiance et te laisse sortir vendre, ils se basent sur ton comportement et t’accordent une petite liberté. C’est dans ce contexte que de 8h30 minutes je sors pour aller vendre les paniers déjà finis, puis j’y retourne à 15h30 », a-t-elle expliqué.
Cette femme choisie parmi tant d’autres pour vendre ces paniers a affirmé qu’elle aide son mari pour assurer la survie de leurs enfants. « Mes enfants sont à la maison avec mon mari. Si je gagne beaucoup d’argent, j’envoie la ration à la maison pour aider mon mari à nourrir nos enfants », a-t-elle déclaré.
Elle a également précisé que ce métier les aide à se procurer ce dont elles ont besoin. « Lorsqu’une femme entre ici, elle doit bénéficier d’une formation liée à notre métier. Toutes les femmes d’ici sont capables de l’exercer et cela nous aide car lorsqu’un panier est fini, il est vendu et nous pouvons nous acheter ce dont nous avons besoin comme le charbon, les ndagalas, les savons ou le lait de beauté », a-t-elle expliqué avant d’ajouter qu’elles doivent travailler puisque les parentés et les amis ne peuvent pas venir leur rendre visite tous les jours avec de l’argent.
Simple équipement et prix abordables
Cependant, les outils nécessaires pour le tissage des paniers et des corbeilles ne sont pas du tout difficiles à obtenir et les prix des objets finis sont accessibles. « Il y a des gens qui apportent des fils ici et nous en profitons pour pouvoir tisser ces paniers et corbeilles que vous voyez ici », explique-t-elle. Le panier est difficile à fabriquer et prend trois semaines de travail sans interruption, tandis que la corbeille nécessite entre une et deux semaines de travail. En ce qui concerne les prix, ils sont abordables. Un panier s’achète à 18 000 FBu et le coût d’une corbeille s’élève à 7 000 FBu.
D’où provient le capital ?
Cette femme rencontrée explique que lorsqu’elles trouvent de l’argent, elles ne se contentent pas de s’acheter ce dont elles ont besoin en priorité. « Si quelqu’un vient te rendre visite et te donne de l’argent, tu ne l’utilises pas pour acheter du sel ou du savon. Tu choisis plutôt de le conserver pour acheter les sacs dont tu retires les fils à utiliser pour la fabrication du panier », a-t-elle précisé.
Elle lance un appel vibrant à toutes les autres femmes où qu’elles se trouvent pour qu’elles travaillent afin que chaque bouche ait à manger et que chaque poche ait de l’argent.
Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur.
La rédaction se réserve le droit de ne pas publier les commentaires enfreignant ces règles et les règles de bonne conduite.