Les habitants de certains quartiers Nord et Sud de la ville de Bujumbura vivent le calvaire suite au manque récurrent d’eau potable. Le taux de consommation de l’eau s’accroit alors que la station de pompage de la Régie de distribution de l’eau et de l’électricité (Regideso) n’est pas capable de satisfaire toute la population urbaine. Cette dernière craint d’être contaminée par les maladies des mains sales

La population urbaine vit le calvaire suite au manque de l’eau potable, une ressource précieuse pour la santé humaine.
Dans certains quartiers de la ville de Bujumbura, la pénurie d’eau potable est devenue récurrente. Cette ressource précieuse pour la santé se raréfie alors que la ville se trouve au bord du lac Tanganyika. Les habitants de ce mégalo peuvent passer 3 jours voire une semaine sans une goutte d’eau dans les robinets. Ils dépensent beaucoup d’argent pour acheter des bidons d’eau alors que la vie devient de plus en plus cher. Ils cherchent les conducteurs de vélos pour aller puiser de l’eau dans d’autres quartiers moyennant une somme variant entre 5 00 FBu et 1 000 FBu par bidon de 20litres . Ils demandent au gouvernement et à la Regideso de faire tout le possible pour que toute la population burundaise ait accès à l’eau potable.
Un habitant du quartier Carama rencontré se lamente. « Nos activités quotidiennes sont perturbées. Travailler dans les restaurants sans eau potable est vraiment très délicat. Les sources d’eau sont nombreuses dans notre pays. Que la Regideso nous vienne en aide pour ne pas attraper les maladies des mains sales, surtout le choléra ».
Le ministère de la Santé Publique et de Lutte contre le Sida avait récemment annoncé via son compte X que le pays fait face à une épidémie de choléra. Les données montrent que 27 patients atteints de choléra étaient hospitalisés à l’hôpital Prince Régent Charles et que 18 autres étaient dans les centres de santé de Buterere et Rubirizi.
Une autre personne habitant le quartier Gituro de la zone Kamenge rencontré n’est pas loin de ce dernier. « Si tu n’as pas d’argent, tu ne manges pas. Les conducteurs de vélos t’amènent un bidon de 20litres à 800 FBu. Un seul bidon ne suffit pas pour un foyer de 3 ou 4 enfants. La Regideso ne tarit pas à faire des relevés. Nous ne savons pas à quel saint se vouer »
Un projet qui tarde à donner des fruits
Pour pallier à ce défi, le ministère de l’Hydraulique, de l’Energie et des Mines prévoit procéder à la réalisation du projet d’extension du système d’alimentation en eau potable de la ville de Bujumbura pour les quartiers Sud (Gisyo, Nyabugete 4) et pour les nouveaux quartiers viabilisés (Nkenga-Busoro, Kizingwe-Bihara, Kiyange, Kajaga) par captage des eaux du lac Tanganyika. Cette nouvelle station de traitement de l’eau aura une capacité de 41 000 m3 et serait installée au Sud de la ville ou pourrait être divisée en deux : l’une au Nord avec une capacité de 31 000 m3 , l’autre au sud de la ville avec une capacité de 10.000 m3
Félix Ngendabanyikwa, porte-parole dudit ministère a affirmé que le ministère reconnait cette carence de l’eau potable dans la municipalité de Bujumbura et a tranquillisé la population malgré la vétusté des tuyauteries qui datent de la période coloniale. Il a aussi annoncé que le matériel d’adduction d’eau potable en provenance des communes de Matyazo, Isale, Mubimbi et Mutambu est disponible . La réalisation de ce projet est en cours. Selon le calendrier des travaux, le délais d’exécution ne devrait pas dépasser un mois. C’était au mois de mars dernier lors d’une émission publique des portes paroles des institutions publiques qui s’est tenue dans la province de Cankuzo.
Le taux de consommations de l’eau s’accroit de temps en temps
Dans le cadre du partenariat entre la Regideso et le Comité International de la Croix Rouge (CICR), un plan directeur d’alimentation en eau potable de la ville de Bujumbura a été réalisé en 2018.Celui-ci a coûté 1,5 milliards de FBu mais, malheureusement, il semble être ignoré. Selon ce plan, la consommation totale de l’eau augmentera de 66 % de 2018 à 2030 alors que la demande augmentera de 30 % sur la même période. Lors de son élaboration, la population de la ville de Bujumbura était estimée à 755 459 habitants. Elle était à 894 022 habitants en 2022 et serait à 1 252 053 habitants en 2030. Par conséquent, même la demande en eau va suivre une courbe ascendante.
Dans le budget général de l’Etat, exercice 2023-2024, le montant alloué à la Direction Générale de l’eau, de l’hygiène et de l’assainissement (EHA) s’élève à 41 236 346 FBu. Le budget affecté à l’exploitation des stations de pompage est de 200 millions de FBu.
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