Développement

Pénurie du sucre : A quand les solutions durables ?

Une des sociétés importantes dans l’économie burundaise, la Sosumo fait face à une insuffisance de production depuis plusieurs années. La pénurie du sucre sur le marché local est récurrente et les ménages en subissent les contrecoups. L’engagement de l’Etat à intervenir pour sauver cette entreprise se fait toujours attendre.

L’objectif de la Sosumo de satisfaire la demande locale en sucre et d’économiser les devises en évitant l’importation du sucre n’a jamais été atteint

Le marché Burundais est encore touché par la pénurie du sucre. Dans la municipalité de Bujumbura, le prix d’un kg de sucre a rebondi. Alors qu’un kg de ce produit était à 2500 FBu au cours des derniers les derniers mois, ce prix se situe actuellement entre 3500 FBu et 5000 FBu. Ce décalage au niveau des prix est la conséquence de la pénurie du sucre qui s’observe sur le marché local où ce produit se fait de plus en plus rare. « Nous ne pouvons pas donner le sucre en quantité suffisante, car cela nous fait frôler la perte », explique un boutiquier du quartier Bwiza. Selon celui-ci, le sucre est de nouveau rare sur le marché et il est difficile de s’approvisionner en ce produit en grande quantité.

Qui sauvera la Sosumo ?

Si l’Etat accorde une attention particulière à la problématique liée a la modernisation de la Sosumo, le retard dans la mise en exécution des projets allant dans ce sens interroge plus d’un. L’Etat Burundais a entrepris plusieurs actions pour tenter de maintenir la société en équilibre. Parmi les défis, la mauvaise gestion a été pointée du doigt. Pour relancer cette sucrerie dont les champs s’étendent sur plusieurs hectares à l’Est du pays, un comité de pilotage a été mis en place par le décret no 100/198 du 21 septembre 2016. Ce comité de pilotage qui avait été nommé par le Président de la République et était coordonné par un bureau restreint composé de hautes autorités dont le deuxième vice-président et le ministre du Commerce.

En novembre 2018, le ministère du Commerce a annoncé la volonté de l’Etat de céder une partie de ses actions aux privés. La part de l’Etat dans l’actionnariat de la Sosumo allait chuter de 99% à 46,32%. Les actionnaires privés allaient donc prendre le dessus avec 53,68%. A cette période, Jean Marie Niyokindi croyait à la possibilité de réussir à redresser une société qui était au bord de l’effondrement avec la contribution des privés. Le rapport d’audit organisationnel et économique estimait à 20 millions USD les besoins de financement de la Sosumo pour son programme de réhabilitation, d’extension et de modernisation. Au-delà de la volonté de booster la production de la Sosumo, le ministère du Commerce a récemment appelé les opérateurs économiques à développer d’autres industries sucrières privées parallèles à la Sosumo pour augmenter la production du sucre.

Quid des raisons à l’origine de la pénurie récurrente du sucre ?

L’objectif de la Sosumo de satisfaire la demande locale en sucre et d’économiser les devises en évitant l’importation du sucre n’a jamais été atteint. La production de cette unique sucrerie du Burundi qui détient le monopole du commerce du sucre depuis sa création a évolué en dents de scie avec une tendance horizontale. A sa création, la population du Burundi était évaluée à cinq millions d’habitants. Malgré qu’elle est parvenue à quadripler sa première production qui était de 4 658 tonnes en 1988, la Sosumo est aujourd’hui incapable de satisfaire la demande locale. Quant à la population, elle connaîtra une croissance exponentielle. Elle est estimée à 12 millions d’habitants actuellement, alors que la production de la Sosumo stagne toujours autour d’une vingtaine de milliers de tonnes.

D’autres problèmes sont liées à des difficultés d’importation du sucre. Pour combler le déficit, la SOSUMO est obligée d’importer une grande quantité de sucre de l’extérieur selon les besoins du moment. Selon les données de la BRB, le Burundi a importé une quantité de sucre cristallisé pour près de 30,4 milliards de FBu en 2020. Cette somme sera portée à environ 95 milliards de FBu en 2021 tandis qu’elle dépassera 50 milliards de FBu en 2022.  Or, la pénurie des devises sur le marché local doit avoir des conséquences sur les importations.

Toutes les réformes annoncées n’ont malheureusement pas été exécutées. Cependant, les responsables de la Sosumo ont toujours affirmé travailler sur l’extension des champs et l’importation de nouvelles machines. En 2010, cette sucrerie a failli mettre les clés sous la porte après des années de mauvaise gestion. Elle parviendra à garder la tête hors de l’eau grâce à l’intervention de feu Audace Bukuru, un banquier qui fut nommé à sa tête.

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A propos de l'auteur

Jonathan Ndikumana.

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