Environnement

« Les phénomènes observés ne sont que des signes avant-coureurs »

Le 5 juin de chaque année, le monde entier célèbre la journée mondiale de l’environnement. Des constructions anarchiques dans la zone tampon, des menaces sur sa biodiversité et la pollution du lac sont entre autres les causes de la dégradation de l’environnement au Burundi. Albert Mbonerane tire la sonnette d’alarme. Il en appelle au respect des lois. Le ministère essaie de trouver des solutions

Suite à la pluie qui s’est abattue sur la ville de Bujumbura ces derniers jours, les eaux du lac Tanganyika n’ont cessé de monter inondant les infrastructures riveraines. Les champs, les maisons, les marchés, les plantes n’ont pas été épargnés. A Rumonge, la situation est la même. Les eaux du lac Tanganyika ont monté de quelques dizaines de mètres suite à une pluviométrie intense.

Cela est dû en grande partie à l’activité humaine du fait que les gens ne cessent d’envahir la zone tampon du lac Tanganyika en y construisant de luxueuses infrastructures et en y jetant des déchets de toute nature. Ces constructions  anarchiques s’observent non seulement sur les bords du lac Tanganyika et de ses affluents, mais aussi dans différents quartiers situés sur la périphérie de la ville de Bujumbura.  Cela est aussi dû à l’attribution des parcelles sans tenir compte des impacts environnementaux. Les conséquences sont fâcheuses. On assiste à des écroulements de maisons. Dans certains quartiers comme Buterere, Muyaga, Uwinterekwa, Gihosha rural, etc, la voirie est presqu’inexistante. Les rues se faufilent entre les constructions et se terminent par des impasses. En outre, tous les déchets tant solides que liquides qui proviennent des ménages et des industries se déversent dans le lac.

Le respect des lois reste la seule solution

Toutefois, le code de l’eau en son article 5 stipule qu’il est interdit de construire dans les 150 m à partir du niveau le plus élevé des crues du lac Tanganyika. Pour ses affluents, il faut respecter 25 m, pour les lacs du nord 50 m et pour les rivières de l’intérieur du pays, il faut respecter 5 m.

Albert Mbonerane, président fondateur de l’Action Ceinture Verte pour l’Environnement (ACVE) indique que les textes de lois sont presqu’ignorés. Le minimum serait de veiller à la mise en application du code de l’eau, surtout dans ses articles 5, 153 et 155. «Malheureusement, ceux qui vont contre les dispositions du code de l’eau sont des autorités politiques». Selon lui, il manque aussi une police de l’environnement qui ferait une surveillance rigoureuse du respect de ces dispositions, et sanctionnerait ceux qui passent à côté.

Les eaux du lac Tanganyika montent progressivement et envahissent une partie non négligeable de sa zone tampon.

Et les autorités concernées, c’est de la base au sommet, à commencer par les administrateurs communaux. Selon lui, il faut que la question de la sauvegarde de l’environnement soit traitée au niveau des conseils communaux, car tout ce qui arrive est localisé dans une commune.

Ce défenseur de l’environnement souhaite que dans le prochain gouvernement, il y ait le retour du ministère de l’Eau et de l’Environnement, ou bien un ministère des Ressources Naturelles et de l’Environnement. « Le ministère de l’Environnement et le ministère de l’Agriculture ne peuvent pas cohabiter étant donné que le ministère de l’Agriculture et de l’Elevage est le premier ministère destructeur de l’environnement ».

Quand la nature se fâche, il n’y a que des dégâts et c’est dommage que ce soit la personne humaine qui détruit l’environnement qui devient la première victime des conséquences de la non sauvegarde de la nature avec la perte des vies des enfants qui n’ont rien fait, de simples martyrs.

Quid de l’impact de l’agriculture sur l’environnement ?

M. Mbonerane révèle qu’au cours des 30 prochaines années, de nombreuses nuisances causées par l’agriculture à l’environnement resteront graves. Il se peut, cependant, que certaines nuisances puissent s’aggraver plus lentement que par le passé, et que d’autres puissent même régresser.

L’agriculture constitue la principale utilisation des terres par les hommes. En 1999, les pâturages et les cultures représentaient à eux seuls 37% de la surface émergée du globe. Plus des deux tiers de la consommation humaine de l’eau sont destinés à l’agriculture. En Asie, cette part représente quatre cinquièmes.

La culture et l’élevage ont un profond effet sur l’environnement au sens large. Ce sont les causes principales de la pollution de l’eau par les nitrates, les phosphates et les pesticides. Ils constituent aussi les principales sources anthropiques des gaz à effet de serre – le méthane et l’oxyde nitreux – et ils contribuent massivement à d’autres types de pollution de l’air et de l’eau. L’étendue et les méthodes de l’agriculture, de la foresterie et de la pêche sont les principales causes de perte de la biodiversité dans le monde. Les coûts externes de ces trois secteurs peuvent être considérables.

L’agriculture nuit également à son propre avenir par la dégradation des sols, la salinisation, le soutirage excessif d’eau et la réduction de la diversité génétique des cultures et du bétail. Les conséquences à long terme de ces processus sont toutefois difficiles à quantifier.

Et de suggérer que si des méthodes de production plus durables sont adoptées, les impacts négatifs de l’agriculture sur l’environnement pourront être atténués. Dans certains cas même, l’agriculture pourra permettre de résoudre ces problèmes, par exemple en stockant le carbone dans le sol, en aidant à l’infiltration de l’eau et en entretenant les paysages ruraux et la biodiversité.

Le ministère prend les choses en main 

Le ministre de l’Environnement, Déo Guide Rurema a  effectué une visite sur le littoral du lac Tanganyika pour se rendre compte de l’état des lieux. Il reconnait que les démolitions des infrastructures qui s’observent est l’impact réel des constructions anarchiques situées sur le littoral du lac. Il annonce qu’il va y avoir une synergie d’acteurs pour mettre fin aux constructions dans les zones tampon et pour faire respecter la loi en vue de protéger la population. M. Rurema a fait également le constat que ce genre de constructions anarchiques qui menace l’environnement sont également visibles sur les bords des rivières traversant la Mairie de Bujumbura.

Le ministre de l’Environnement fait savoir qu’ils vont mettre fin à l’attribution des parcelles dans la zone Gisyo et dans celle de Nyabugete 5 pour limiter les dégâts. «  Nous allons  arrêter toutes les études et l’octroi des documents pour nous asseoir avec les techniciens et analyser profondément ce qu’il faut faire pour remédier à cette situation ».

A propos de l'auteur

Chanelle Irabaruta.

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