Les cyclistes qui s’accrochent sur les camions (Dunyuri) sont exposés à beaucoup de dangers. A la RN1, les natifs de la province Bujumbura font savoir que plus de 200 cyclistes nous ont quittés suite à cette pratique tout au long de la décennie écoulée
La Solidarité pour la Paix et le Développement de la province Bujumbura (SOPADEBU) en collaboration avec la Brarudi a organisé dimanche le 6 octobre 2019 une séance de sensibilisation à l’endroit des cyclistes qui s’accrochent sur les camions dans la zone Mageyo, commune Mubimbi, province Bujumbura. Ces cyclistes font le commerce du charbon de bois et des bananes dans la capitale économique Bujumbura. Ils empruntent la RN1 (Route Nationale Bujumbura-Bugarama). A leur retour chez eux, ils s’accrochent sur les camions. Selon Pascal Ngendakuriyo, président de la SOPADEBU, plus de 200 cyclistes nous ont quittés suite à la pratique de s’accrocher sur les camions dénommée «Dunyuri». D’autres sont devenus des handicapés. Ils ne cessent de vendre leurs lopins de terres arables pour se faire soigner. Selon toujours lui, cette province compte pas mal de veufs et d’orphelins suite à cette dangereuse pratique.

Les cyclistes s’accrochent sur les camions pour arriver chez eux à temps
Une diminution des praticiens de Dunyuri de 92%
Ngendakuriyo fait savoir que la police et l’administration locale ont déployé leurs efforts pour décourager ces cyclistes, mais en vain. Elles ont saisi plus de 167 bicyclettes. Cependant, les récalcitrants se sont toujours fait observer. Au regard des conséquences graves de cette pratique, les natifs de la province Bujumbura réunis au sein de la SOPADEBU se sont levés comme un seul homme pour mettre en terme à cette situation combien préoccupante. «Nous avons organisé une réunion avec ces cyclistes au mois d’août 2019. On a identifié les conséquences fâcheuses qui guettent leurs familles », révèle Ngendakuriyo. Actuellement, Bonaventure Uwineza, commissaire communal de la police à Mubimbi salue l’initiative des natifs de cette province de combattre la pratique «Dunyuri». Il fait remarquer que ceux qui s’adonnent à cette pratique ont diminué jusqu’à 92%.
Qu’en est-il des causes ?
Les cyclistes qui se sont entretenus avec Burundi Eco expliquent les raisons de cette situation. Claver Nzokirantevye est l’un des praticiens de «Dunyuri». Il est âgé de 44 ans et est père de sept enfants. Il indique qu’il s’accrochait sur les camions pour arriver chez lui à temps. «Même nos parents s’accrochaient sur les véhicules pour ne pas perdre beaucoup de temps en cours de route», martèle- t-il.
Pour Bède Nsavyimana, un autre praticien de «Dunyuri», les cyclistes s’accrochent sur les camions pour plusieurs raisons. «Nous manquons souvent de véhicules pour se déplacer. Pour nous sauver de cette situation, nous nous accrochons sur les camions», indique-t-il. Et Nsavyimana d’ajouter la pauvreté qui guette ces cyclistes. Sur chaque sac de charbon de bois vendu, il indique qu’on gagne entre 3000 FBu et 4000 FBu. Et, parce que le ticket retour leur coûte presque ce même montant, les cyclistes préfèrent s’accrocher sur les camions malgré les risques mortels qu’ils encourent.
Rémy Ndayshimiye, chargé de la communication à la Brarudi , indique que cette société s’est associée à la SOPADEBU car elle se soucie toujours de la santé de la population. Raison pour laquelle, il y a des messages placardés sur les camions de la Brarudi qui invitent les cyclistes à ne jamais s’accrocher sur ces derniers. Il s’inquiète du fait que plus de 200 cyclistes ont déjà perdu leur vie suite à la pratique «Dunyuri».
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