Culture

La préservation de la culture, un grand chantier inachevé

Le Burundi a mis en place la politique sectorielle dans le secteur culturel  depuis les années 70. Le chemin a été long, certains chantiers sont restés inachevés et la tradition orale d’aujourd’hui n’est plus brillante comme l’était celle d’hier. Eclairé par l’historien Emile Mworoha, Burundi Eco vous mène à la découverte du combat national pour la conservation de la culture burundaise

«Un peuple sans culture ressemble à un zèbre sans rayures», dit un proverbe africain.  En 1977, il a été créé au Burundi un ministère en charge de la culture. Le besoin de mettre en place une politique culturelle  se faisait sentir. A la tête de ce nouveau ministère dont une des missions était de promouvoir la culture burundaise, le professeur Emile Mworoha a entrepris différentes activités. « C’était la première fois qu’un ministère en charge de la culture était créé au Burundi depuis l’indépendance et il y avait beaucoup de travaux à effectuer pour valoriser le domaine de la culture qui était presqu’oublié», indique l’historien. Pour lui, c’était le moment de mettre à l’honneur ce domaine qui semblait relégué aux oubliettes.

Professeur Emile Mworoha : « Il est vrai que la culture se dégrade à cause de l’influence du monde extérieur, mais elle ne peut pas disparaître ».

L’écriture au secours de la tradition orale

Le Burundi est un pays de tradition orale. Pour le professeur Mworoha, la parole est un des éléments importants de la culture burundaise. Afin de réussir la mise en valeur de la culture burundaise, on a mis en valeur la tradition orale sous ses différentes formes de représentation. « Il fallait recueillir les traditions orales portant sur la culture, sur l’artisanat, sur l’histoire…à ce moment où il y avait encore beaucoup de vieux qui pouvaient s’exprimer», indique Mworoha. Pour concrétiser le projet de conserver les éléments de la culture, un Centre de Civilisation Burundaise (CCB) a été créé. Il fallait un espace réservé à la collecte des éléments culturels au niveau national.

Les efforts fournis pour la collecte des éléments porteurs de la culture burundaise ne seront pas vains. Des travaux de recherche aboutiront à la production des œuvres sur cette civilisation peu connue par l’histoire écrite. La Revue «Culture et société» servira à diffuser le contenu récolté. Malheureusement, ce projet finira par s’arrêter faute de moyens. Il y aura également plusieurs publications portant sur la culture dans le but de conserver et diffuser les éléments de la culture burundaise. Sur le plan géographique, le CCB a, en collaboration avec les universités régionales, organisé un colloque culturel international.

Le tambour, le plus privilégié des instruments musicaux traditionnels

La musique était au cœur de la tradition burundaise fondamentalement  marquée par l’oralité. Selon Mworoha, la musique revêt différentes formes selon les événements. « Il y a la musique de la jeune fille et la musique destinée à des événements comme le mariage », indique-t-il.

Le tambour s’est taillé la part du lion parmi les instruments musicaux traditionnels. « Il y a des arts fondamentaux qu’il faut relever. C’est notamment l’art de jouer au tambour », affirme professeur Mworoha. Il rappelle que le tambour est le seul élément culturel burundais qui fait partie du patrimoine de l’UNESCO. «Le tambour burundais symbolise exclusivement la royauté», fait-il noter. Le professeur regrette la désacralisation du tambour par la politique coloniale.  En effet, cet homme qui a lutté pour la promotion du tambour  burundais dans le monde jusqu’à proposer Gishora comme un centre du festival international du tambour affirme que cette vulgarisation aura contribué à sa découverte par le monde.

Quid de la politique culturelle actuelle?

A la question de savoir si la documentation disponible serait suffisante pour comprendre l’histoire et la culture du Burundi, professeur Mworoha répond que les documents disponibles au Burundi ne sont pas bien organisés et que d’autres sont conservés dans les pays étrangers comme la Belgique, l’Italie et les Etats-Unis d’Amérique. Il déplore notamment le fait qu’un projet d’ériger un bâtiment destiné à la conservation des documents sur la culture Burundaise n’a pas toujours abouti.

Cependant, cet historien est optimiste en ce qui concerne la pérennisation des valeurs de la culture burundaise. « Il est vrai que la culture se dégrade, mais  elle ne  peut pas disparaître», rassure-t-il. Pour lui, il est impossible que la culture burundaise échappe au vent de la mondialisation. Il se réjouit notamment de la place qu’occupe le Kirundi dans l’enseignement. Il rappelle également que l’Université du Burundi a créé un département de Langue et Littératures Africaines  pour la pérennisation de la culture burundaise.

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A propos de l'auteur

Jonathan Ndikumana.

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