Dans le dossier sur la filière porcine, Burundi Eco est revenu sur la productivité du porc. Cela à travers les propos d’un Burundais passionné par son élevage. Dans ce numéro, le journal parle des techniques d’élevage du porc depuis le choix d’un reproducteur jusqu’à la construction d’une porcherie
Audace Ndayishimiye, vétérinaire et enseignant à l’l’Institut Technique Agricole du Burundi (ITAB) de Gihanga explique que pour faire n’importe quelle sorte d’élevage, il faut faire le choix d’un reproducteur. Pour lui, la race compte beaucoup plus. En ce qui est du porc, la race dite large white s’adapte mieux dans le pays.
Ainsi, explique M.Ndayishimiye, l’achat d’une truie sera conditionnées par le verrat. Plus le verrat monte la truie plusieurs fois, plus celle-ci met bas beaucoup de porcelets. «Une seule montée peut donner 2 à 3 porcelets tandis que 3 montée peuvent donner 8 à 15 porcelets», fait-il remarquer.
Après le choix du reproducteur, précise M.Ndayishimiye, il faut songer à la construction d’une porcherie, son emplacement et le matériel à utiliser… « Les dimensions de la porcherie dépendent de la race (les porcs mesurent entre 1 et 2 m). Elle doit être divisée en chambres ou box (là où mettre les truies qui vont mettre bas ou les porcs malades) et réserver une place pour le lieu d’exercice (musculation). La porcherie doit contenir un abreuvoir et une mangeoire », indique-t-il.
La hauteur de la porcherie varie de 2 à 2,5 m. Le box a une base de 2m avec une hauteur d’1m. La mangeoire mesure 0,5 m sur 0,2 m et l’abreuvoir 0, 3 m sur 0, 1 m.
Le vétérinaire de formation conseille de cimenter le sol, d’éviter les fissures des murs et d’utiliser les planches ou les briques pour la construction. Et de continuer : « Construisez la porcherie en tenant compte de la direction du vent. Cela pour favoriser la ventilation libre sans oublier d’y mettre l’éclairage ». Il signale par ailleurs qu’il faut par après connaître l’alimentation, la génétique et le sexe et enfin songer à l’hygiène et au traitement.

La race du porc dite large white s’adapte mieux dans le pays.
Des précisions
Selon un document intitulé « élevage porcin » reçu du conseiller du ministre de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Elevage, il est recommandé d’installer la porcherie sur un terrain haut, sec, calme et favorable à l’évacuation des eaux.
Cet endroit doit être accessible à l’eau (robinet, puit…) et plus ou moins éloigné de la maison. Le terrain ne doit pas être humide. Il doit être lumineux et bien aéré avec de l’air pur.
La meilleure orientation pour une porcherie est le Sud-Est. Cela permet d’assurer une bonne ventilation. Il faut un bon système d’évacuation des eaux usées, prévoir un emplacement pour chaque catégorie d’animaux (porcs à l’engraissement, truies…). Les murs sont construits en bois, en planches, en briques ou en torchis (terre argileuse malaxée avec de la paille hachée et utilisée en construction).
Les caractéristiques du sol où construire la porcherie sont notamment, la facilitation de nettoyage, la protection des animaux contre les ennemis et les intempéries locaux et la valorisation des matériels.
La terre battue est facile à obtenir. Cependant, elle s’abîme rapidement par les animaux en présence de la boue pendant la saison des pluies. Il faut mettre des litières en paille et les changer chaque jour pour retenir l’humidité.
Le sol pavé ou en pierres plates est solide, pérenne, mais difficile à nettoyer. C’est un meilleur système que la terre battue ou le bois, mais il est plus coûteux.
Le dallage (pavage) cimenté est le meilleur système. Il est facile à nettoyer, ne retient pas l’humidité, mais est également trop coûteux.
Les planches en bois ne sont pas recommandées. Il est difficile de les nettoyer. En plus, elles retiennent l’humidité et se dégradent rapidement par pourriture.
La toiture doit être en paille ou en matières végétales. Elle est moins chère, résistante à la chaleur et disposer d’une certaine fraîcheur. Toutefois, ce système doit être renouvelé périodiquement. Le problème est qu’il conserve les prédateurs (rats) et brûle facilement.
Pour une bonne protection contre la chaleur, il faut utiliser les tuiles. Les tôles sont durables et trop coûteuses. Par contre, elles protègent moins contre la chaleur. Cette toiture doit être montée à une hauteur de 2 m pour le bien-être de l’animal.
Dans les éditions ultérieures, nous allons parler du matériel d’élevage du porc et de l’alimentation du porc.
Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur.
La rédaction se réserve le droit de ne pas publier les commentaires enfreignant ces règles et les règles de bonne conduite.