Lors de la célébration de la fête de l’Europe, le chef de la délégation de l’Union Européenne au Burundi a insisté sur la coopération bilatérale entre le Burundi et l’Union Européenne. L’UE intervient dans des secteurs aussi diversifiés : de la santé jusqu’au développement du monde rural en passant par l’énergie. Le gouvernement dénonce cependant, les sanctions « unilatérales » et « injustes » prises par cette institution à son encontre depuis 2016. Pour sa part, il se dit prêt à collaborer avec tous les partenaires dans le strict respect de la souveraineté mutuelle
La fête de l’Europe a été célébrée jeudi le 9 mai 2019 à la résidence de l’ambassadeur de l’Union Européenne au Burundi. «Depuis sa fondation, par petits pas, imprégnés de détermination et de volonté, l’Europe s’est construite et continue à se construire. Et ce en dépit des multiples défis auxquels doivent répondre nos pays et l’Union Européenne a déclaré Wolfram Vetter, ambassadeur de l’UE au Burundi et chef de la délégation de l’Union Européenne. Pourtant, ces progrès sont mitigés au regard des défis (migration, terrorisme, …) auxquels fait face l’Europe.
Tumultueuses relations entre l’UE et le Burundi

Depuis la crise de 2015, les relations entre l’Union Européenne et le Burundi ne sont pas au beau fixe. Le Burundi, par le biais du ministère des Affaires Etrangères déplore encore une fois le fait que l’UE ait depuis 2016 pris des sanctions « injustes » et « unilatérales » envers lui. Rappelons-le, une année après la crise de 2015, l’Union Européenne a invoqué l’article 60 des accords de Cotonou pour suspendre son aide directe au gouvernement.
Les autorités burundaises restent confiantes que le malentendu ou la mauvaise lecture de la situation s’estompera avec le temps. « Nous sommes convaincus que chaque chose a son temps, un début et une fin… », a indiqué M. Bernard Ntahiraja, assistant du ministre des Affaires Etrangères lors de la célébration de la fête de l’Europe. Le chef de la diplomatie européenne au Burundi reconnait que les relations entre le Burundi et l’UE n’ont pas été faciles au cours de ces trois dernières années. « Je suis profondément convaincu que beaucoup nous unissent plus qu’elles nous divisent », a martelé ambassadeur Vetter. Donc il faut travailler main dans la main et rétablir la confiance entre les deux parties.
Le Plan National de Développement traduit en actes
L’engagement de l’Union Européenne au Burundi se focalise autant sur l’avenir proche que sur un avenir plus lointain. « Ensemble, nous coopérons pour transformer le Plan National de Développement en actions concrètes qui permettront de développer l’économie du pays et, partant, d’améliorer les revenus et la qualité de vie des Burundaises et des Burundais », a précisé M. Vetter.
D’après le chef de la diplomatie de l’UE au Burundi, l’UE a l’ambition de demeurer un partenaire de premier plan du Burundi et de sa population. « Nous avons en ce moment des contrats en cours à hauteur de 470 milliards de FBu dans des domaines variant du développement rural à la santé, à l’énergie et à la gouvernance, y compris au niveau régional », a précisé ambassadeur Vetter. Il a annoncé une enveloppe supplémentaire de 90 milliards de FBu dédiée au secteur de la santé, avant l’année prochaine. En outre, il est prévu une mobilisation d’au moins 150 milliards de FBu de plus pour la santé le développement rural et l’énergie. L’assistant du ministre des affaires étrangères salue les efforts des partenaires tant nationaux qu’internationaux qui apportent leur soutien et appelle les autres à emboîter le pas.
Quel est l’avenir des accords de Cotonou ?
La question est sur toutes les lèvres dans pas mal de pays africains. Quel est le sort des accords de Cotonou qui touchent à leur terme avec le début de l’année prochaine? «La fête de l’Europe est célébrée au moment à le monde se pose la question de savoir le contenu exact et l’avenir du partenariat UE-Burundi à la veille de l’expiration de l’accord de Cotonou entre les pays ACP et l’UE», a indiqué ambassadeur Ntahiraja. A ce titre, indique-t-il, le gouvernement de la République du Burundi en ce qui le concerne reste ouvert au dialogue avec ses différents partenaires dans le strict respect des règles régissant les Etats sur le plan de la souveraineté.
L’ambassadeur de l’Union Européenne au Burundi a révélé que les ministres Européens et Africains se sont accordés sur un plan ambitieux. Il tient à signaler que les membres de la délégation de l’Union Européenne au Burundi sont à la disposition des responsables du gouvernement et du secteur privé pour les informer sur les opportunités qu’offre pour le Burundi le nouveau partenariat entre l’Europe et l’Afrique. Les nouveaux accords toucheront notamment les contraintes actuelles qui hantent l’humanité telles que la croissance économique et l’investissement, le changement climatique, la paix, la sécurité, la migration et la mobilité.
Les interventions de l’UE au Burundi
Les actions de l’Union Européenne s’inscrivent dans les orientations et les stratégies définies par et avec le gouvernement Burundais. Dans le secteur de la santé, l’UE cofinance avec les autres bailleurs les coûts des soins au niveau des centres de santé et des hôpitaux de district. L’UE accompagne le pays dans ses actions de réduction de la mortalité maternelle et infantile, de lutte contre les maladies infectieuses et non transmissibles. Entre janvier 2016 et mai 2019, l’UE aura déboursé une somme de 36,4 millions d’euros au profit de 700 centres de santé et hôpitaux dans tout le pays, des femmes enceintes et des enfants de moins de 5 ans. L’une des activités phares de ce programme est le paiement des services de soins pour cette catégorie particulière de la population.
Sur le volet de développement rural et nutrition, cette institution apporte son soutien au secteur agricole à travers le Fonds International pour le Développement Agricole (FIDA). Ce dernier a réalisé une série d’activités dans la zone d’intervention : l’aménagement des marais et des bassins versants, la distribution des intrants agricoles, la professionnalisation des coopératives agricoles, etc. L’UE investi un montant de 38 millions d’euros dans la résilience des populations burundaises pour la période 2018-2021. Ce montant a été contractualisé pour la composante développement rural et nutrition. Elle doit permettre d’améliorer la résilience des ménages fragiles dans un contexte où 56 % des enfants souffrent du retard de croissance au Burundi.
L’Union Européenne tire son origine de la déclaration faite en 1950 par Robert Schuman, ministre français des affaires étrangères de l’époque. Le projet européen, initié seulement 5 ans après la fin de la deuxième guerre mondiale a toujours représenté un espoir de paix.
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