Les cas de contamination due au Covid-19 sont en diminution. Le gouvernement veut profiter de cette période d’embellie pour ouvrir les frontières du pays. Ainsi, la frontière lacustre avec la Tanzanie et la République Démocratique du Congo (RDC) via le port de Rumonge ouvre dès ce lundi 10 janvier 2022. Une grande satisfaction de la part des usagers qui attendent de pied ferme ce rendez-vous
Le nombre de nouveaux cas de Covid-19 est en chute libre. « Le nombre de personnes testées positives au Covid-19 a sensiblement baissé à partir du début de cette année à travers tout le pays », a annoncé Dr Sylvie Nzeyimana, ministre de la Santé Publique et de Lutte contre le Sida au cours d’un point de presse sanctionnant la réunion du comité national de lutte contre la Covid-19.
Elle annoncé que la frontière de Rumonge sur le lac Tanganyika sera ouverte ce lundi 10 janvier 2022. Désormais, les Congolais et les Tanzaniens pourront de nouveau entrer au pays et les opérateurs économiques burundais auront la possibilité de reprendre les affaires avec le reste de la sous-région via la frontière lacustre de Rumonge.
La ministre Nzeyimana a tenu à préciser que le ministère de la Santé Publique et de la Lutte contre le Sida en collaboration avec les autorités administratives étudient les voies et moyens de gérer efficacement la pandémie. Notamment l’aménagement d’un lieu où seront hébergées en isolement les personnes qui passeront sur cette frontière et qui seront testées positives au Covid-19. La ministre en charge de la santé publique invite la population à respecter les mesures barrières contre le Covid-19 pour se prévenir de cette pandémie.

Le port de Rumonge est le deuxième port du pays en termes de trafic commercial.
Une grande satisfaction chez les usagers
Les usagers de la frontière lacustre de Rumonge se frottent les mains. Les commerçants, les ouvriers, les voyageurs, les restaurateurs, les propriétaires des bars et des hôtels qui se sont confiées à la rédaction du journal Burundi Eco saluent cette décision. « C’est une bonne nouvelle d’apprendre que les activités vont reprendre », réagissent-ils.
B. A, jeune commerçante de Rumonge se réjouit de l’ouverture de cette frontière. Il espère que le commerce transfrontalier va reprendre de plus belle. Ce qui permettra à beaucoup de personnes habitant le chef-lieu de Rumonge de subvenir aux besoins de leurs familles. Au niveau de la fiscalité, il y aura une valeur ajoutée au niveau de la collecte des recettes communales et des rentrées au fisc. L’Office Burundais des Recettes (OBR) va aussi en tirer profit, car les taxes vont augmenter et la situation économique va s’améliorer avec l’ouverture de la frontière lacustre de Rumonge.
Les affaires vont reprendre
S.S, une personne qui exploite une maison de passage attend impatiemment la reprise des activités. Il affirme qu’il était sur le point de fermer sa maison de passage, car ses principaux clients étaient des étrangers qui transitaient sur ce port. Un chargeur et déchargeur des bateaux qui apportent et emmènent les marchandises se réjouit de reprendre service. « Mes enfants avaient été renvoyés de l’école faute de minerval. J’espère que cette fois-ci, ils vont regagner l’école avec l’ouverture de cette frontière », fait-il savoir.
Pour N.J, un jeune homme de la commune de Buyengero qui exerçait de l’autre côté du lac Tanganyika, c’est l’allégresse. Il va regagner une des localités du Sud Kivu pour chercher du travail. Il confirme que beaucoup de jeunes non scolarisés gagnent mieux la vie lorsque cette frontière est ouverte car bon nombre d’entre eux se dirigent vers différentes localités du Sud Kivu où ils exercent de petits métiers comme travailleurs saisonniers dans le domaine agricole, la pêche, l’artisanat…
Un port semi-inondé
Même si la réouverture de la frontière lacustre de Rumonge a été acclamée, les défis ne manquent pas. Les usagers du port de Rumonge indiquent que celui-ci est à moitié inondé suite à la montée des eaux du lac Tanganyika. Ils demandent que ce port soit réaménagé à l’image des autres ports de la sous-région. Ils réclament sa réhabilitation afin qu’il puisse mieux accueillir les personnes et les biens. Ce sont surtout les produits de la Brarudi qui passaient sur ce port ces derniers mois, car ils étaient embarqués dans des bateaux pour être vendus en RDC ou en Tanzanie.
L’autre doléance formulée par les commerçants concerne la taxe imposée aux petites pirogues qui accostent et qui amènent les marchandises à ce port. Ils suggèrent qu’elle soit revue à la baisse par l’Autorité Maritime Portuaire et Ferroviaire (AMPF) afin de permettre à beaucoup de pirogues d’accoster à ce port. Pour le moment, les redevances pour les embarcations notamment les bateaux et les pirogues qui accostent au port de Rumonge sont fixées comme suit : 50 US pour les inspections à l’arrivée et 50 USD pour les inspections au départ 50 USD. Le permis de sortie est délivré à 50 USD ainsi que celui d’accostage. Le visa coûte 50 USD, les frais d’entretien portuaire s’élèvent à 0,8% tandis que les frais de séjour ont été fixés à 10 USD par jour. Bref, les redevances perçues par l’AMPF sur chaque embarcation varient entre 180 USD et 220 USD. Les étrangers sont tenus de payer en devises alors que les opérateurs burundais paient en monnaie locale au taux de change officiel. Les commerçants burundais et congolais demandent que la révision de ces tarifs compte tenu de la petite taille de leurs embarcations.
L’Agence Japonaise de Coopération Internationale (JICA) en sigle a déjà fait les études pour la construction du port de Rumonge. Le port de Rumonge est le deuxième port du pays en termes de trafic commercial. Il draine beaucoup de marchandises qui arrivent à bord de gros bateaux en provenance de la Zambie, de la Tanzanie et de la RDC.
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