Finance

RIM-Administration locale : Une synergie pour impulser l’inclusion financière

Le taux d’inclusion financière reste faible malgré l’augmentation des institutions financières au Burundi. Seulement 25% de la population adulte disposent d’un compte dans une banque ou une microfinance. Pour gagner le pari, le Réseau des Institutions de Microfinance (RIM) compte sur le soutien indéfectible des autorités locales. Ces dernières sont appelées à sensibiliser la population sur l’intérêt des services financiers et faciliter à la décentralisation des services et produits financier

Le Réseau des Institutions des Microfinance (RIM) en collaboration avec la fondation allemande des Caisses d’Epargne pour la Coopération Internationale (FBFIC) ont organisé un atelier d’échange sur le rôle de l’administration locale dans l’amélioration du niveau de l’inclusion financière. Concrètement, le but de l’atelier était d’établir une stratégie de communication pour une éducation financière au profit des clients actuels et potentiels des IMFs. 

Encore du chemin à faire pour augmenter l’inclusion financière

Entre 2012 et 2016 le taux d’inclusion financière est passé de 12,5% à 25% des adultes qui détiennent un compte dans une institution financière formelle. Par contre, 14 % de la population adulte utilise les services d’épargne et de crédit du secteur financier informel (tontines et usures). Au moment où les taux d’intérêts élevés sont perçus comme éléments déclencheurs de l’économie informelle, les financiers réfutent. « La présence des tontines communautaires n’est pas une menace pour le secteur financier. Par contre, c’est une opportunité que les institutions financières peuvent saisir pour ramener un grand nombre d’adhérents dans le système financier formel », nuance M. Bernard Kinyata, président du conseil d’administration du RIM.

Pascal Barandagiye, ministre de l’Intérieur, de la Formation Patriotique et du Développement Local : « En l’absence d’un secteur financier orienté vers la population, la réduction de la pauvreté ne serait qu’éphémère »

Selon la Banque centrale, la plupart des institutions financières sont méconnues du public et cela est particulièrement vrai pour les IMFs. Le président du conseil d’administration du RIM reconnait que les institutions de microfinance sont méconnues du grand public. « Si les citoyens ne connaissent pas les IMFs, il leur sera difficile voire même impossible de comprendre leur fonctionnement », déplore-t-il. 

Des disparités prononcées selon les provinces 

En 2016, 83 % des institutions financières avaient leur siège social en mairie de Bujumbura et 86,36 % de ces sièges se trouvaient dans la commune Mukaza. 37,23% des 701 points de service des Banques et IMFs se trouvent en Mairie de Bujumbura dont 69,73 % pour la seule commune Mukaza. La Banque centrale appelle les IMFs à réduire ces disparités en investissant dans le milieu rural. 

Le constat est que les points de service sont plus nombreux dans les provinces de Bujumbura, mairie, Makamba, Gitega et Ngozi. Par contre, les provinces de Bujumbura, Bubanza, Karusi et Kirundo enregistrent moins de points de service. « Cela est justifié par l’absence des voies de communication dans le monde rural (les routes d’accès, les téléphones), l’Internet, l’électricité et les infrastructures pour abriter les institutions de microfinance. En outre, pour qu’une institution financière s’implante dans une localité, il faut que la demande de ses services soit forte », explique Kinyata.  Or, les demandeurs de services d’épargne et de crédit se concentrent au niveau des centres urbains et des agglomérations. Donc le faible pouvoir d’achat joue en défaveur de la population rurale. 

L’administration joue un rôle de premier plan 

La coordinatrice régionale de SFBIC, Mme Britta Konitzer a salué les efforts du gouvernement dans la promotion de l’inclusion financière. « Sans le concours du gouvernement via les autorités locales, aucune action ne pourrait se faire dans les zones les moins servies en matière d’institution financière », a-t-elle dit. 

L’administration joue un grand rôle dans la facilitation de l’inclusion financière. Elle participe, contribue et mobilise la population à quitter le secteur informel pour adhérer au secteur formel. La population burundaise a urgemment besoin de connaître et d’avoir accès aux produits et services financiers offerts par les IMFs, a précisé Pascal Barandangiye, ministre de l’Intérieur, de la Formation Patriotique et du Développement Local. 

Néamoins, Mme Konitzer regrette que l’inclusion financières demeure un concept souvent oublié alors que c’est un facteur incontournable dans l’amélioration des conditions de vie de la population d’un pays donné. 

La finance au service du développement 

Le premier Objectif de Développement Durable (ODD1) porte sur la réduction de la pauvreté. En ce sens, le ministre Barandagiye a exhorté les IMFs à toucher toutes les personnes exclues du système financier classique pour atteindre cet objectif. Pour lui, en l’absence d’un secteur financier orienté vers la population, la réduction de la pauvreté ne serait qu’éphémère. 

L’inclusion financière est une chance de sortie de la spirale infernale du sous-développement. Ainsi, elle est pour les Burundais l’espoir de vivre dans de conditions meilleures que celles d’aujourd’hui. La finance joue un rôle prépondérant dans le développement. Cela transparait dans le processus d’implantation des coopératives à travers tout le pays. Le ministre Barandangiye invite d’ailleurs les responsables des institutions financières à approcher ces coopératives pour les appuyer dans la mise en œuvre de leurs projets. 

Quelques recommandations 

Au sortir de l’atelier, les participants ont émis des recommandations. Ainsi, il a été souhaité l’implication des IMFs et de l’administration locale dans la connexion des groupes informels vers le formel. Les institutions financières sont invitées à informer et à produire des statistiques sur leurs réalisations. De même, il a été constaté que le RIM et ses partenaires doivent commanditer des études sur l’impact du crédit par rapport à la création de l’emploi et l’élargissement de l’assiette fiscale. Les participants ont plaidé également pour la mise en place d’une structure de coordination intégrée des services financiers au niveau communal. L’administration locale devrait s’impliquer dans le recouvrement des crédits en souffrance.  

Cet atelier fait suite à celui organisé en 2016 sous le même thème. C’était donc une occasion de faire une analyse rétrospective sur pas franchi. 

A propos de l'auteur

Benjamin Kuriyo.

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