Spéciale Agriculture

Riz : Une denrée spéculative

Le riz devient de plus en plus une denrée de base dans les villes et les grandes collectivités voire dans les milieux ruraux. Parfois importé, le riz constitue également une source de revenus pour les ménages. Cependant, sa culture est menacée par le manque d’intrants agricoles, le non encadrement des riziculteurs, le manque de crédits agricoles…

« Le riz est très utilisé dans l’alimentation des Burundais. De plus, si la récolte a été bonne, il est générateur de revenus », explique François Nkunzimana, riziculteur de la commune Rugazi, province Bubanza. Pour profiter des bienfaits de la culture du riz, il indique que lui et ses collègues ont créé une association Kirumara (Essentielle) dont Nkunzimana est président. Celle-ci est basée à la colline Kibenga, zone Muzinda, commune Rugazi, province Bubanza.

«Faire une approche afin de décrocher un crédit agricole et puis produire une quantité importante de riz, tel est l’objectif de notre association», précise François Nkunzimana, président de Kirumara.

François Nkunzimana : « Les intrants et les fertilisants font défaut »

Mission réussie

Selon M. Nkunzimana, le fonctionnement de Kirumara a débuté sous forme de tontine. «Chaque membre devait cotiser 1 000 FBu par semaine. Après deux ans, une microfinance dénommée CORILAC microfinance nous a octroyé un crédit de 500.000 FBu. Actuellement, à notre cinquième année d’existence, elle nous octroie un crédit de 18 000 000 FBu», fait-il remarquer, d’un visage souriant.

Cependant, M.Nkunzimana affirme que le taux d’intérêt sur le crédit est exorbitant, soit 90.000 FBu (frais du dossier inclus) pour 500.000 FBu. Et de continuer : « Le remboursement du crédit se fait sur une période de 6 mois ».

Il regrette que les 35 membres de Kirumara ne soient pas encadrés dans la production du riz. Et de témoigner : « Les intrants et les fertilisants fonts défaut. Nous nous approvisionnons chez les commerçants. Ceux-ci les vendent plus cher par rapport à ceux vendus par les services publics. Le problème est que ceux-ci ne sont pas disponibles au moment voulu. L’association n’a pas aussi de décortiqueuses ».

Il déplore enfin que même les pompes que l’association utilise sont louées à 1 500 FBu par pièce et par jour.

Les appuis rassurent la Direction Provinciale de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Elevage (DPEAE)

Willy Ndayikeza, directeur provincial de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Elevage de Bubanza rassure que la saison en cours (saison culturale B) sera bonne. Il déclare par exemple que le Projet Régional de Développement Agricole Intégré dans les Grands Lacs (projet de la Banque Mondiale) va appuyer les riziculteurs. Cela dans le domaine de semences sélectionnées, des intrants agricoles…en priorisant ceux encadrés par la Société Rizicole de Développement de l’Imbo (SRDI).

Une culture adaptée dans presque tout le pays

Le riz est cultivé dans tout le pays sauf dans la région de Mugamba. D’après la Stratégie Nationale de Développement de la Filière Riz, il existe trois types de riziculture au Burundi à savoir : La riziculture irriguée dans les plaines et les marais d’altitude, la riziculture inondée au sein des marais non aménagés et la riziculture pluviale sur les collines.

Selon l’Annuaire des Statistiques Agricoles de 2016, 70 911 tonnes de riz ont été produites en 2007 tandis qu’en 2016 il a été produit 146 633 tonnes de riz.

Production du riz sur une période de 10 ans (Source: Annuaire des statistiques 2016)

Culture

2007

2008

2009

2010

2011

2012

2013

2014

2015

2016

Riz

70911

74492

78432

83019

91415

64629

41456

67377

38674

146633

Une importante quantité de riz importée de l’étranger

Les Burundais importent le riz surtout de la Tanzanie et de la Zambie. Le Bulletin du Commerce Extérieur (3ème trimestre 2018) de l’Institut des Statistiques et Etudes Economiques du Burundi (ISTEEBU) informe que 3 219, 1 tonnes de riz ont été importées au troisième trimestre de 2018. Ces tonnes ont une valeur de 3 768, 7 millions de BIF.

Mariage canards-riz : un bon mariage

Les rizières constituent un bon lieu pour l’élevage des canards. « Les canetons sont des pesticides par excellence dans les rizières », lit-on dans un article publié sur le site web www.grainesbio.com .

D’après celui-ci, les parasites et les plantes adventices sont les ennemis jurés de la culture du riz. Avec les canetons, ce n’est plus la peine de se procurer des substances chimiques qui peuvent nuire à l’essence du riz.

« Dévorant les insectes parasites ainsi que les mauvaises herbes tout en ne causant aucun dégât aux jeunes plants de riz (ceux-ci renferment trop de silices à leur goût), les jeunes canards sont les pesticides par excellence pour les rizières. Pour ce faire, il suffit d’introduire une vingtaine de canetons par 100 mètres carrés », explique l’article.

Quant aux canards, les rizières influencent leur croissance. Ces dernières disposent d’assez d’eau pour que les canards puissent nager. Il y a assez d’espaces entre les rangs de riz permettant aux canetons de se pagayer. De mauvaises herbes et des insectes parasites sont également disponibles pour que les jeunes canards puissent se nourrir convenablement. La combinaison de la culture du riz avec l’élevage des canards a été expérimentée au Japon pour la première fois. Pourquoi pas ne pas l’expérimenter au Burundi.

A propos de l'auteur

Mélance Maniragaba.

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