La Belgique intervient dans le secteur agricole via le programme PAIOSA. 58 millions d’euros ont été investis dans le secteur et plus de 450 mille personnes du monde rural sont ciblées. Cela depuis 2010 jusqu’en 2020. Le programme nécessite un délai supplémentaire pour affiner sa mission
« Le programme d’Appui Institutionnel et Opérationnel au Secteur Agricole (PAIOSA) a pour objectif global de contribuer de manière durable à la réduction de la pauvreté et soutenir la croissance économique du Burundi. Cela à travers l’augmentation de la productivité des facteurs de production, la valorisation maximale de la production, la diversification des opportunités de revenus, la préservation et le maintien des ressources naturelles et environnementales. PAIOSA porte l’ambition de contribuer à la mise en œuvre du Plan National d’Investissement Agricole (PNIA) », déclare Jean François DETRY, Coordonnateur International de PAIOSA.

Jean François DETRY, Coordonnateur International du PAIOSA : « Dans les filières riz, maïs et banane, la production est passée du simple au double depuis l’intervention du PAIOSA »
Une avalanche d’interventions depuis pas mal d’années
Selon Monsieur Jean François DETRY, à partir de 2010, les différents projets des années antérieures ont été recentrés dans le PAIOSA, un programme sectoriel. Celui-ci est exécuté selon trois conventions spécifiques de financement.
« La première convention était le PAIOSA I. Elle a commencé en 2010 et s’est clôturée en 2015 avec un financement à hauteur de 13 millions d’euros. La deuxième convention était le PAIOSA II. Elle a débuté en 2011 et s’est clôturée en 2017 avec un financement de 23 millions d’euros. La troisième convention est le PAIOSA III. Il est en cours d’exécution depuis 2015 avec un financement de 22 millions d’euros. La clôture de cette convention est prévue en 2020. Les tranches se chevauchent, car elles concernent des appuis différents », explique-t-il.
Le PAIOSA œuvre dans trois régions naturelles du Burundi à savoir : Imbo, Moso et Bugesera. Cela dans deux provinces de l’Imbo qui sont Bubanza et Cibitoke, dans deux provinces du Moso qui sont Ruyigi et Rutana et dans une province de Bugesera qui est Kirundo.
Un programme mené en six résultats
Le coordonnateur International de PAIOSA indique que le premier résultat concerne les aménagements hydro-agricoles. Ce qui permet l’augmentation et la valorisation des superficies irriguées et la gestion de l’eau de manière durable.
Le second résultat, d’après toujours lui, concerne l’aménagement des bassins versants pour la protection des investissements hydro-agricoles. Le troisième résultat concerne l’amélioration des systèmes de production et la compétitivité des chaînes de valeurs retenues pour les exploitations familiales des bassins de production ciblés.
« Le quatrième résultat concerne l’appui des capacités des organisations non étatiques intervenant dans le domaine agricole à assumer leurs rôles et leurs mandats dans les zones d’interventions.
Le cinquième résultat cible l’appui direct au ministère de l’Environnement, de l’Agriculture et Elevage tandis que le dernier résultat concerne l’appui à la recherche agronomique de l’Institut des Sciences Agronomiques du Burundi (ISABU) et de l’Office National de Contrôle et Certification des Semences (ONCCS)», fait remarquer M.Jean François DETRY.
PAIOSA I a concerné les appuis institutionnels et PAIOSA II était plus centré sur l’approche intégrée Bassins Versants. Et de renchérir : « Avec PAIOSA III, on travaille toujours sur les 4 premiers résultats ».

Une carte montrant la zone d’intervention du PAIOSA
Concrétisation par des réalisations
« En matière d’appui institutionnel, PAIOSA a soutenu le ministère de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Elevage dans la réalisation de l’Enquête Nationale Agricole du Burundi (ENAB), l’élaboration du PNIA et la déclinaison de celui-ci en Plans Provinciaux d’Investissement Agricole (PPIA)… », signale M.Jean François DETRY.
Pour le Coordonnateur International du PAIOSA, le programme a contribué à la création et au fonctionnement de l’ONCCS. « La réorganisation de l’ISABU et la digitalisation d’une carte des sols n’ont pas été oubliées…», annonce-t-il.
M. Jean François DETRY informe également que PAIOSA s’est intéressé à l’édification de la prise sur la rivière Nyamagana dans la province de Cibitoke située dans la région naturelle de l’Imbo. Cette prise d’eau permet maintenant d’alimenter un périmètre de plus de 3 mille hectares qui sont en cours d’aménagement (canaux de distribution de l’eau).
Il rappelle que PAIOSA a aménagé quatre marais dans la région du Moso. Il s’agit des marais de Ntanga, Nyabigozi et Nyamabuye dans la province de Ruyigi et du marais de Musasa dans la province de Rutana. « Au total 923 hectares ont été aménagés dans le Moso », fait savoir M.Jean François DETRY. Et d’ajouter que dans le Bugesera, le PAIOSA n’a pas d’aménagement hydro-agricole.
PAIOSA a participé à l’élaboration d’un Atlas national des marais et zones irrigables du Burundi, d’après toujours M.Jean François DETRY. L’Atlas est un outil pour la planification. En parallèle de cet Atlas, poursuit-il, il a été produit des manuels pour la conception et l’entretien des aménagements hydro-agricoles.
Le coordonnateur International de PAIOSA certifie que PAIOSA s’est activé dans la protection des bassins versants. Sur ce, souligne-t-il, les interventions se sont focalisées sur la stabilisation des ravins et des points critiques ainsi que sur le reboisement et la protection antiérosive… « Depuis le début de PAIOSA, plus de 2 mille kilomètres de haies antiérosives ont été mises en place et à peu près 3 mille hectares ont été reboisés », témoigne-t-il.
M. Jean François DETRY certifie que partout dans les zones d’interventions, PAIOSA, en partenariat avec des ONG locales et internationales bénéficiaires de contrat de subsides, collabore à la mise en place d’associations comme les Associations des Usagers d’Eaux (AUE) ou les Groupements de Gestion Forestière (GGF) pour la durabilité des résultats, et encadre plus d’une centaine d’Organisations de Producteurs en matière de conservation, transformation et valorisation des productions.
Le riz, le maïs et la banane dans le viseur du PAIOSA
Ici, renseigne M.Jean François DETRY, PAIOSA pratique l’approche Champs Ecoles Paysans (CEP). « Les producteurs identifient les contraintes et s’occupent de leur gestion. PAIOSA vulgarise les techniques de production améliorées et les membres des groupements les appliquent à leur tour chez eux », confie-t-il avant de reconnaître 1 100 groupements mis en place dans les trois régions et dans les trois filières. Ces groupements représentent près de 28 000 exploitants.
Et de se réjouir : « On a de bons résultats. Les rendements sont passés du simple au double ». Cependant, M.Jean François DETRY déplore le manque de semences améliorées, le manque de fumure organique, l’insuffisance d’intrants agricoles…
Un partenariat avec Caritas
Pour M.Jean François DETRY, PAIOSA coopère avec Caritas dans l’appui aux Exploitations Familiales Intégrées (EFI). L’approche consiste à encadrer de façon intégrée les ménages dans l’amélioration des techniques culturales, l’élevage du petit bétail… « Pour les EFIs, 6 900 ménages sont encadrés », atteste-t-il.
Le PAIOSA est exécuté par Enabel (Agence Belge de Développement) sous un financement du Royaume de Belgique. La date de fin du programme est prévue au mois d’avril 2020, mais pour pouvoir achever et consolider les résultats, la Belgique a offert de prolonger le programme pour une année supplémentaire.
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