Les déplacés du site SOBEL font toujours face à la pénurie d’eau potable. La plupart des robinets récemment installés dans ce site ne fonctionnent pas. Les déplacés continuent à utiliser l’eau sale de la rivière Mpanda. Les concernés appellent au secours. Reportage.

Au site SOBEL, la question liée à la pénurie en eau potable nécessite une solution durable.
Après une vingtaine de minutes de voyage depuis la ville de Bujumbura, notre chauffeur ralentit puis freine. Je sursaute et regarde ma montre. L’aiguille indique exactement 9h55. Nous atteignons le sentier menant vers le site SOBEL situé sur la RN5. Nous descendons de la voiture pour y cheminer à pied. Une pluie timide est en train de tomber. Des gouttelettes d’eau s’écrasent continuellement sur nos visages. Nous pénétrons à l’intérieur du site. Quelques enfants tuent le temps en jouant au ballon.
Plus loin dans la cour, nous apercevons un robinet avec des bidons alignés tout autour. Le robinet est à sec. Tout près, une jeune fille est occupée à défricher la terre. Elle ne répond pas à nos questions, elle propose d’aller chercher pour nous la ‘’gestionnaire des robinets d’eau’’. Après avoir toqué sur la porte d’une maisonnette d’à côté, une femme sort. Une jeune maman. Elle s’appelle Béatrice Mukunzi.
Nous lui expliquons les raisons de notre visite. Elle préfère d’abord nous faire visiter le site. Au total, 4 robinets ont été installés. Cependant, ils sont presque toujours à sec. « On nous a raccordé à l’eau potable il y a quelques mois. Mais les robinets sont presque tout le temps à sec », indique Mukunzi. Souvent, les déplacés se rabattent sur la rivière Mpanda pour s’approvisionner en eau. « Certaines personnes continuent à boire l’eau de cette rivière qui charrie les déchets de toutes sortes en provenance de la montagne. Nous avons toujours peur d’attraper les maladies des mains sales », explique Mukunzi.
La rivière Mpanda, une alternative pour s’approvisionner en eau
Selon Mme Mukunzi, la carence de l’eau pousse les gens à se rabattre sur la rivière Mpanda. En cas de pénurie de l’eau, les réfugiés sont obligés de puiser dans la rivière Mpanda pour les travaux de ménage tels la lessive, la cuisine, etc. D’après Evelyne Rukundo, une résidante du site rencontrée chez elle en train de préparer la nourriture, les gens n’hésitent même pas à boire l’eau de cette rivière. Ce qui constitue un danger sanitaire potentiel, selon elle.
Pour nous rassurer de la qualité de l’eau de cette rivière, nous nous renseignons sur le chemin qui y mène. Le sentier que nous empruntons passe devant les toilettes installées à l’écart des habitations. Là, l’odeur est insupportable. Après 13 min de marche, nous atteignons la rive de la rivière. L’eau de Mpanda est trop sale et est chargée de boue.
Un danger sanitaire potentiel
Dr Olivier Nsengiyumva, spécialiste en santé publique avertit : « Le manque d’eau potable dans des milieux hébergeant beaucoup de monde représente un danger potentiel pour la santé ». Il cite notamment le choléra et la dysenterie qu’il considère comme les maladies les plus dangereuses pour les camps de réfugiés. « Il est difficile de lutter contre ce genre de maladies quand elles s’attaquent à des communautés d’une telle structure », avertit-il en parlant du site des déplacés de SOBEL. Dr Nsengiyumva recommande aux administratifs de veiller à ce que les sites de déplacés soient approvisionnés en eau potable pour éviter des catastrophes humanitaires.
Nous n’avons pas pu joindre au téléphone l’administrateur de la commune Mutimbuzi pour s’informer sur une possible solution en préparation. Selon les informations recueillies sur place, certains déplacés sont retournés dans leur village. Cependant, la sécurité sanitaire s’impose pour sauvegarder la santé de ceux qui sont restés dans le site.
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