Commerce

Surproduction des fruits : Un handicap pour les producteurs

Actuellement, il s’observe une surproduction des fruits, surtout les mandarines. Les cultivateurs et les commerçants affirment travailler à perte  à cause des difficultés de conservation de leurs récoltes. Les rares unités de transformation des fruits peinent à fonctionner. Par conséquent, les invendus s’accumulent sur le marché et pourrissent avec le temps

A Bujumbura, le long de quelques routes, les femmes qui sillonnent le centre-ville avec un panier rempli de fruits sur la tête se remarquent de plus en plus. Les mandarines sont si  abondantes sur le marché que les producteurs ne savent plus quoi en faire, car les prix basculent. Cette situation est un grand désavantage pour les petits producteurs qui espèrent vivre de leurs produits.  Ils précisent qu’après, la récolte, ils n’ont pas d’autres alternatives que de vendre directement aux consommateurs finaux sur le marché.

Même constat que chez les vendeurs de légumes et de fruits qui se sont regroupés en association et qui louent des stands communs. Selon eux, dernièrement, ils travaillaient à perte, car la clientèle n’arrivait qu’à compte-gouttes alors que les fruits ne sont pas conservables. «Sans acheteurs, une fois nos fruits mûrs, ils s’abîment assez rapidement », fulmine Mme Kankindi, vendeuse de mandarines.

Elle indique qu’ils ont de réels problèmes pour écouler leurs marchandises.  « Si on ne trouve pas un acheteur dans l’urgence, on est obligé de les vendre à un prix dérisoire et une certaine quantité est carrément jetée dans la nature». Et d’ajouter que le seul choix qui leur reste est celui de les vendre à un vil prix avant qu’ils ne soient mûrs et pourris. « Je suis obligée de vendre ce petit panier rempli de mandarines à 1000 FBu alors qu’avant il coûtait entre 2000-2500 Fbu ».

La solution au problème de surproduction des fruits serait évidemment de transformer ces fruits en jus, en confiture ou en d’autres produits

Même son de cloche chez François Muyombo, cultivateur de fruits en commune Kabezi de la province Bujumbura rural. Selon lui, ils sont parfois obligés de laisser pourrir la récolte dans les champs parce que le prix proposé sur le marché ne permet même pas de couvrir les charges. « On préfère laisser les fruits pourrir en attendant que le prix monte. Même ceux d’entre nous qui s’aventurent jusqu’à Bujumbura sont obligés de les vendre à des prix dérisoires».

La transformation des fruits, une solution à long terme

La solution au problème de surproduction des fruits serait évidemment de transformer ces fruits en jus en confiture ou en d’autres produits.  Cette transformation consiste à modifier leur état physique, généralement de solide en liquide (des fruits aux boissons), mais aussi de solide en solide (des fruits aux confitures).

Malgré cela, certaines unités de transformation des fruits qui existent  au Burundi peinent à fonctionner normalement. C’est le cas de Barka Entreprises, une unité de transformation des fruits en amuse-gueules, présidée par Gloriose Muhorakeye. Cette usine se trouve à Muyinga dans le quartier Kibogoye. Actuellement, Mme  Muhorakeye manque de machines pour la transformer les fruits et ses activités sont en veille.

Outre la transformation des fruits en jus, on peut également faire le traitement des déchets issus des fruits.  Ces déchets sont de deux types: Les déchets solides (épluchures, peau, graines, noyaux et autres matières solides étrangères) et les déchets liquides (jus et liquide de lavage et de traitement).

Les produits dérivés sont aussi possibles

Les produits dérivés des déchets des fruits peuvent être regroupés en six principales catégories.

Les zestes confis : L’écorce extérieure des fruits (orange, citron, pamplemousse, agrumes en général) peuvent être confis pour être utilisés tant en pâtisserie que comme ingrédient dans toute autre préparation.

Les huiles essentielles : Les noyaux de certains fruits (mangues, abricots, pêches…) sont riches en huiles ayant une application à succès en cuisine et en cosmétique.

La pectine : C’est un agent gélificateur utilisé dans les confitures et dans certaines confiseries qu’on trouve des quantités variables dans plusieurs fruits. La pectine commerciale est extraite de la peau de citrons ou de la pulpe de pomme (résidus obtenus après l’extraction des jus de pomme).

Fruits recyclés : La pulpe des fruits peut être récupérée et transformée en morceaux de fruits «synthétiques».

Les enzymes : Il y a trois types d’enzymes provenant des fruits. Ce sont : la papaïne (provenant de la papaye), la bromelaïne (provenant de l’ananas) et la ficine (provenant des figues). Ces enzymes sont utilisées en charcuterie (pour attendrir les viandes), dans l’industrie des poudres à laver, dans l’industrie de la tannerie et dans la brasserie.

Le vin/vinaigre : Bien que le vin et le vinaigre doivent être produits à partir de fruits entiers de bonne qualité en vue d’avoir des produits de qualité tout aussi bonne, il est techniquement possible d’en produire à partir des déchets solides et liquides de la transformation des fruits.

A propos de l'auteur

Chanelle Irabaruta.

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