Transport

Le transport en commun toujours déficitaire

Les transporteurs faisant le transport rémunéré des personnes affirment travailler à perte. Pourtant, les centres-villes ne cessent pas de naître et la population urbaine augmente du jour au jour. Ce qui nécessite le développement du transport pour faire les affaires, la liaison des centres-villes ou pour se déplacer en ville afin de vaquer aux activités quotidiennes. Pour le rendre rentable, le gouvernement est convié à subventionner le secteur du transport    

Le transport rémunéré est assuré par les bus des agences de voyage, les bus de type «Coaster», les mini-bus de type «Hiace», les véhicules de type «Probox», les motos, les vélos, les déplacements à pied, les bus de l’Office du Transport en Commun (OTRACO)… Dans les centres-villes et surtout à Bujumbura la capitale économique, se déplacer pendant les heures de pointe est un casse-tête.

Pour faire face au problème de mobilité des personnes, la loi budgétaire, exercice 2018-2019 prévoit en son article 44 une exonération des droits et taxes à l’importation sur les véhicules main droite neufs de transport rémunéré des personnes ayant une capacité d’au moins 30 places assises.

Pour ne pas tomber en faillite, les opérateurs économiques doivent élaborer un plan d’affaire avant d’investir dans le secteur du transport.

Avec cette exonération, de gros bus d’une capacité d’au moins 65 places assises ont été importées. Malheureusement, le nombre de ces bus diminuent dans les gares routières.

Charles Ntirampeba, secrétaire général de l’Association des Transporteurs du Burundi (ATRABU) précise que les bus récemment importés s’amortissent rapidement. « Certains d’entre eux sont des véhicules d’occasion, d’autres sont amortis par des infrastructures routières défectueuses, d’autres encore ne sont pas entretenus, car les pièces de rechange sont chères… », fait-il remarquer avant de rappeler que les agences de voyage ayant de gros bus faisant le transport en commun des personnes à l’intérieur du pays ne sont qu’au nombre de trois, à savoir: Memento, Volcano et Twamwex.

« Le nombre d’agences de voyage deviennent peu nombreux. En 2005, elles étaient au nombre de 15. Malgré cela, la démographie est galopante. Les jeunes en besoin de voyager augmentent », signale le secrétaire général de l’ATRABU.

Les chiffres parlent

Pour expliquer le travail à perte des transporteurs, M.Ntirampeba se réfère à la valeur du bus neuf de type « Coaster » estimée à 200 millions de FBu. « Prenons que le propriétaire du bus ne dépense rien sur le véhicule et qu’il encaisse plutôt 80 mille FBu par jour comme frais de location. Dans une semaine, le propriétaire du bus aura épargné 560 000 mille FBu, soit 29 120 000 FBu dans une année (52 semaines) », informe-t-il.

Le secrétaire général de l’ATRABU projette l’amortissement du véhicule dans 5 ans. Si on perçoit les frais de location pendant 5 ans, le propriétaire du bus va encaisser 145 600 000 FBu, soit un déficit de 54 400 000 FBu.

A ce déficit s’ajoute pas mal de défis qui font que le secteur ne soit pas rentable. M.Ntirampeba évoque le manque de devises qui occasionne la cherté des pièces de rechange, des lubrifiants, des pneus… Il notifie les dépenses auxquelles font face les investisseurs dans le domaine du transport, notamment l’alimentation du véhicule en carburant, le paiement du salaire du conducteur, la ration du conducteur et du rabatteur, le paiement des impôts et taxes, le paiement de la redevance routière, le paiement des frais de stationnement à la mairie de Bujumbura, le paiement du contrôle technique, de la taxe municipale, les barrières non tarifaires…

Pour tirer profit du secteur du transport, le secrétaire général de l’ATRABU explique que le gouvernement doit le subventionner. « Ailleurs, le ticket du bus revient à 2,5 euros. Les passagers paient 1 euro et les gouvernements paient le reste, soit 1,5 euros », signale-t-il. Et de convier le gouvernement à revoir à la baisse le prix du carburant pour les transporteurs faisant le transport rémunéré des personnes, de minimiser les dépenses des transporteurs en suspendant le paiement de certains impôts et taxes…Il regrette que les opérateurs économiques investissent dans le secteur du transport sans faire de plan d’affaire. Ce qui cause leur faillite.

Notons qu’une grande partie du parc automobile utilisé dans le transport en commun en mairie de Bujumbura est vétuste et date des années 1980.

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A propos de l'auteur

Mélance Maniragaba.

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