Transport

Transport urbain : Une réforme tant décriée

Des milliers  de conducteurs de tuk-tuks, de  motards et de taxis-vélos  qui opéraient dans la ville de Bujumbura sont dans l’impasse. Désormais,ils n’ont pas droit de franchir la zone interdite à partir du 21 mars 2022. Certains d’entre eux se préparent déjà à déménager à l’intérieur du pays    

Vomis par la capitale économique, certains  des transporteurs concernés par la mesure du ministère de l’Intérieur  envisagent de quitter Bujumbura pour d’autres villes de l’intérieur du pays. Dans cet exode forcé, certaines familles sont  désemparées. Ils ne sont pas sûrs de pouvoir gagner leur vie  ailleurs comme ce fut le cas à Bujumbura. Les pères de familles sont les plus inquiétés. Pour Gérard Nduwimana, un conducteur de taxi-vélo  domicilié à Mugoboka II, ce petit bidonville situé à l’Est de Bujumbura, c’est l’enfer. Nduwimana réside dans  la ville de Bujumbura depuis 2007. De domestique à taxi-vélo en passant par vendeur ambulant, le jeune homme a déjà fait un long parcours de sa vie. Aujourd’hui marié et père de trois enfants, il dit ne pas savoir comment vivre sans son vélo. « Ce vélo sert ma famille depuis bientôt 5 ans. Obligé de changer brusquement mon mode de vie, je ne sais pas comment je vais continuer à vivre», indique-t-il désemparé.

Les transporteurs concernés par la mesure du ministère en charge de la sécurité publique visant à réduire l’espace de circulation pour les tricycles et les deux roues se disent désemparés.

Selon ses prévisions, il ambitionne s’installer à Gitega pour continuer à vivre de son métier de taxi-vélo. Cependant, il affirme que cela exige des moyens pour déménager sa famille. « Et le déménagement coûte cher alors que nous n’avons pas eu le temps suffisant de nous préparer », dit-il. Alors que son aîné est déjà en deuxième année de l’école fondamentale, il affirme que le déménagement de la famille lui ferait rater l’année scolaire.

Des espoirs brisés

A la question de savoir comment il va se débrouiller après la mesure du ministère de l’Intérieur de réduire l’espèce l’espace de circula en mairie de Bujumbura pour les tuk-tuks, les motos et les vélos,   A. K n’a pas voulu répondre directement à la question. « C’est un coup de massue», se précipite-t-il de résumer. Après avoir abandonné le taxi-vélo, il venait d’acquérir son permis de conduire pour moto et je s’attendais à devenir motard. «Quelqu’un m’avait promis une moto et je m’attendais déjà à la concrétisation de cette promesse», indique-t-il. Avant d’intégrer le métier de taxi-vélo, A.K était employé comme domestique à Nyakabiga. Ce jeune qui affirme avoir travaillé dur et vouloir servir dans le  secteur du transport dit être surpris par la mesure. Natif de Kayanza, il indique ne pas avoir l’intention de quitter la ville de Bujumbura et croit que l’occasion de devenir chauffeur de taxi-voiture se présentera un jour. Cependant, il reste optimiste et espère que le ministère pourra revenir sur cette mesure.

Un autre jeune garçon qui travaillait comme taxi-vélo n’en revient pas. «Il me restait 2 mois seulement pour devenir propriétaire du vélo que j’utilisais. Jean de Dieu B. était venu à Bujumbura en quête d’emploi en 2019. Incapable de s’acheter un vélo quand il a commencé à exercer comme taxi-vélo vers la fin de l’année 2021, il a finalement signé un contrat  de location avec son patron. Aujourd’hui, il travaille de toutes ses forces pour devenir propriétaire du vélo. Malheureusement, cet espoir vient de s’envoler. D’ailleurs, il ne sait pas si son patron va continuer à le loger alors qu’il a perdu son emploi.

La circulation des gens rendue difficile

A part les  conducteurs, plusieurs autres  personnes sont touchées par la mesure interdisant la circulation des vélos, des motos et des tuk-tuks dans une grande partie de la ville de Bujumbura. Une jeune femme vivant dans le quartier Nyakabiga indique qu’elle aura des difficultés dans ses activités quotidiennes. Anne Kimana se rend au marché de Cotebu chaque matin. « Je ne suis pas salarié, mais je me débrouille en faisant le petit commerce. Je ne sais pas comment je vais m’y prendre », réagit-elle avant d’ajouter que ses revenus ne lui permettront pas de se payer un taxi-voiture chaque jour. Dans la ville de Bujumbura, des milliers de personnes doivent se déplacer pour rejoindre postes d’attache.

Si on en croit les propos  du ministre de l’Intérieur,  les personnes concernées devront se reconvertir pour exercer dans d’autres secteurs socio-économiques. A défaut de trouver un autre emploi, la seule alternative sera de retourner à l’intérieur du pays d’où ils sont venus.

A propos de l'auteur

Jonathan Ndikumana.

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