Développement

Un secteur privé dominé par les entrepreneurs en herbe

Le secteur privé est le moteur de la croissance économique. Nonobstant, malgré son rôle dans l’économie nationale, le secteur privé burundais reste faible.  Il fait face à un environnement d’affaires défavorable. Le gouvernement burundais peut miser sur trois facteurs pour inverser la tendance selon l’IFC

« La plupart des entrepreneurs burundais démarrent une entreprise parce qu’ils n’ont pas autres moyens de générer des revenus».

    

Sous le thème « Tirer parti des investissements du secteur privé pour la transformation économique, la création de l’emploi et la croissance inclusive », le gouvernement du Burundi conjointement avec le Groupe de Banque Mondiale a organisé mercredi le 02 novembre 2022 la première édition du Forum National sur le Secteur Privé du Burundi. 

Une occasion de présenter les résultats d’un diagnostic du secteur privé fait par la Société Financière Internationale (IFC), membre du Groupe de la Banque Mondiale. L’IFC note d’abord l’engagement du gouvernement actuel pour la relance économique.  Toutefois, l’étude montre que le secteur privé burundais est encore au stade embryonnaire et fait face à de nombreux contraintes. Il est surtout constitué par des petites et des moyennes entreprises formelles et informelles à hauteur de 90%. 

La plupart des entrepreneurs burundais sont des entrepreneurs de nécessité qui démarrent une entreprise parce qu’ils n’ont pas autres moyens de générer des revenus. Ces derniers « ajoutent peu de valeur à l’économie ».

Un secteur miné par un environnement des affaires défavorable

L’étude de l’IFC s’accorde avec les propos des hommes d’affaires burundais.  Le secteur privé fait face à la faiblesse des institutions et de la gouvernance. La corruption, l’application discrétionnaire des lois et règlements et la prestation des services publics insuffisante défavorisent les affaires. Les distorsions du marché causées par l’absence de règles du jeu équitables dans les marchés publics entravent la productivité et la croissance du secteur privé au Burundi.

Le secteur privé affiche des infrastructures de productivité faibles et inadéquates. Les petites et moyennes qui dominent le secteur font face à des difficultés d’accès à l’énergie et à de fréquentes coupures de courant électrique. « Le manque d’accès à l’électricité et sa fiabilité ont été identifiés comme des obstacles majeurs à l’investissement par 22% des entreprises au Burundi contre une moyenne de 15% en Afrique subsaharienne (Banque Mondiale, 2014) ».

Les entreprises rencontrent également des contraintes de manque d’équipements, de pénétration limitée des TIC et de manque de compétences numériques. « Une mauvaise couverture et des infrastructures de mauvaise qualité exacerbent les coûts et réduisent le rendement du capital et du travail, découragent les investissements nationaux et étrangers et freinent la croissance économique ».

Le crédit aux PME est rare et coûteux

Les petites et moyennes entreprises du Burundi ont du mal à avoir du financement. Le crédit aux petites et moyennes entreprises est rare et coûteux. Cela au moment où l’accès limité au financement entrave le développement et la croissance du secteur privé. Selon les statistiques de la BRB, les taux d’intérêt effectifs moyens étaient de 15,3 % en 2020. L’enregistrement des hypothèques est coûteux et la réalisation des garanties est longue et fastidieuse. En plus de cela, les investisseurs du secteur privé font face aux problèmes de change notamment avec la pénurie des devises.  

Trois sources clés de croissance clés

Pour l’économiste Léonce Ndikumana, si les entreprises privées sont développées, la croissance économique croit de facto. Quand une entreprise progresse, tout progresse. Quand elle ne progresse pas, c’est tout le système qui en souffre. Quand le gouvernement facilite la croissance d’une entreprise, la croissance économique est facilitée. Chaque opérateur économique a un rôle à jouer dans la croissance économique ». 

Les experts de l’IFC proposent de miser sur trois sources de croissance qui pourraient contribuer à une dynamique positive du secteur privé au Burundi à savoir : la réforme des entreprises publiques, la stimulation de l’entrepreneuriat et la stimulation des Investissements Directs Etrangers. Ces sources de croissance, combinées à une réforme du secteur financier qui améliore l’accès au financement inclusif, pourraient générer un effet d’entraînement positif sur l’économie. Le Burundi pourrait également profiter de ses richesses naturelles et du secteur agricole pour décoller.

Outre la stabilité macro-financière et le réajustement du taux de change, le gouvernement devra créer des conditions-cadres propices au soutien de ces sources de croissance notamment l’amélioration du climat des affaires.

A propos de l'auteur

Bruce Habarugira.

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