Mis en place en 2013 dans un contexte d’urgence en 2013, il est est toujours dépourvu d’infrastructures nécessaires pour la sécurisation et le bien-être des usagers. L’absence de poubelles et l’insuffisance des blocs sanitaires très insuffisants sont le gros lot des préoccupations des usagers de ce marché. Reportage
Il est aux environs de 10 heures quand nous débarquons sur l’entrée du marché communément connu sous le nom de COTEBU. La chaleur commence à se faire sentir et le ciel sans nuages prédit une journée très ensoleillée en ce début du mois de mai. A cette heure-là, les lieux grouillent du monde. Dans la partie Nord du marché, la rue a cédé la place à un parking spontané. Erigé provisoirement, le marché de COTEBU n’a pas été pourvu de parking. Plusieurs dizaines de véhicules, toutes marques confondues, sont en train d’être déchargés. D’autres sont déjà vides et s’apprêtent à reprendre la route. Le ronronnement des moteurs, les sifflements, les chauffeurs qui se disputent le passage. C’est un vacarme assourdissant.
Au niveau de la partie Est, à la périphérie du marché, le commerce des fruits reste florissant. Là, les femmes s’arrachent les clients. Chacune d’elles veut vendre plus que ses voisines. A côté se dresse un restaurant pitoyable où sont servies la nourriture et la bière locale. La cuisine se fait en plein air et la fumée rend l’air moins supportable à respirer. «Dans cet endroit, les écorces des mandarines sont éparpillées pêle-mêle. La situation s’aggrave quand il pleut. Toutes ces ordures se mélangent à de la boue.

La question liée à l’insalubrité reste posée au marché de COTEBU qui attire désormais beaucoup de monde.
A l’intérieur du marché, tout semble avoir changé. Les stands sont presque tous occupés. Les places situées tout près des entrées et des allées sont les plus convoitées et la majorité des commerçants qui en sont titulaires sont des grossistes. Tout est diffèrent d’hier où l’administration municipale forçait les petits commerçants à s’y rendre dans l’optique de quitter les abords des rues en vue de se formaliser.
Les usagers face à un grand manque de lieux d’aisance
Le marché de COTEBU compte environ 2 500 stands et accueille plusieurs milliers de visiteurs chaque jour. Malheureusement, certaines installations utiles au bon fonctionnement d’un marché font défaut. A l’intérieur du marché, aucun bloc sanitaire n’a été prévu. Tous les usagers du marché doivent utiliser un seul bloc sanitaire exploité par un opérateur privé un peu en retrait à l’Est du marché. Cette situation rend difficile la vie des marchands qui doivent toujours y passer plus de 10 heures. «Nous sommes obligés d’utiliser les latrines se trouvant là-haut et nous devons payer 200 FBu», indique un commerçant œuvrant au marché de COTEBU.
Parfois, ces lieux d’aisance sont débordés. « A midi, la situation se complique davantage. Les gens sont obligés de faire la queue devant les latrines », fait noter un autre jeune commerçant trouvé sur place. Il déplore le fait que ce marché ait été construit sans blocs sanitaires alors que cela devrait constituer une priorité. D’autres disent qu’ils doivent prendre des précautions pour ne pas être obligé de solliciter les lieux d’aisance. En s’approchant des latrines, on est accueilli par une odeur nauséabonde.
Quid de la gestion des déchets ?
La gestion des déchets constitue un autre problème. Alors que les autres marchés de la capitale économique sont équipés de poubelles, ce n’est pas le cas au marché de COTEBU. « La propreté des locaux n’est pas un problème pour nous, car chacun prend soin de la place où il travaille», raconte un grossiste de jus trouvé sur place. A quelques mètres au Nord du marché, il s’observe un grand dépotoir. « Nous ne faisons qu’acheminer les déchets à ce dépotoir et les camions viennent les évacuer de temps en temps », raconte-t-il la mine décontractée. A part ce grand dépotoir, on peut y déceler d’autres petits dépotoirs qui se développent à proximité. Depuis le boulevard Adolphe Nshimirimana à l’Est du marché, le regard se porte sur les petites poubelles métalliques peintes en rouge qui étaient prévues pour la collecte des déchets du marché.
Le commissaire du marché de COTEBU affirme que la propreté du marché est bien tenue malgré l’absence de poubelles. Quant à l’insuffisance des lieux d’aisance, ce responsable affirme que les usagers du marché ne font pas face à ce genre de problème. Ce qui est en porte à faux avec la réalité et les propos des commerçants.
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