Agriculture

Vers la diversification des produits d’exportation?

Le Burundi dispose d’un grand potentiel d’exportation dans le secteur agricole.  Il existe d’autres produits qui affichent des cours très élevés sur le marché international. Leur exportation pourrait générer des devises pour le pays. Ce sont notamment le macadamia, la noix de cajou, l’huile de palme, les huiles essentielles, la stevia, etc. Pour y parvenir, le Forum des Paysans du Burundi FOPABU propose la mise en œuvre d’une politique de promotion des cultures d’exportation 

Le Burundi exporte essentiellement le café et le thé alors qu’il dispose d’une large gamme de produits potentiellement exportables. « Les produits agricoles d’exportation restent dominer par le café et le thé. Pourtant, il existe d’autres cultures à promouvoir pour dégager un surplus exportable. Ce sont notamment l’huile de palmier, les fruits, etc. » énumère Festus Ciza, président du Forum des Paysans du Burundi (FOPABU). Il demande la mise en place d’une politique agricole qui vise à exploiter le potentiel d’exportation dans le secteur agricole.

Des initiatives privées visant à promouvoir les produits d’exportation s’observent çà et là à travers le pays. D’une part, les agri-entrepreneurs investissent davantage dans l’installation des unités de valorisation agricole. Et, d’autre part, ils placent leurs capitaux dans la vulgarisation des cultures d’exportation. C’est le cas de la coopérative CIAP qui vient d’introduire de nouvelles variétés des cultures. En collaboration avec le ministère de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Elevage CIAP, s’est engagée à diversifier les cultures d’exportation depuis 2019. Elle encadre  les cultivateurs dans la vulgarisation des cultures à fort potentiel d’exportation, à savoir : anacardier, stevia, macadamia, etc.», révèle Evariste Manirabona, directeur général de la Coopérative d’Investissement Agro-Pastorale (CIAP).

Sur la colline Mvugo de la commune Nyanza-lac, l’entreprise ELAGA développe la filière patchouli.

L’exportation de l’huile de palme pourrait générer 25 millions USD

Le palmier à huile est cultivé dans les régions de basse altitude, notamment les plaines de l’Imbo et du Moso. Cependant, la production annuelle peine à satisfaire le marché local compte tenu de la forte demande et de la volatilité des cours de ce produit. Le gouvernement s’est engagé à promouvoir cette culture pour satisfaire la demander locale et exporter vers le reste du monde. Pour le moment, le palmier à huile est cultivé dans 11 provinces, à savoir : Bubanza, Bujumbura, Bururi, Cankuzo, Cibitoke, Kirundo, Makamba, Muyinga, Rumonge, Rutana et Ruyigi.

Le Plan National d’Investissement Agricole PNIA montre que l’exportation de l’huile de palme pourrait générer 25 millions USD chaque année. En tout cas, l’huile de palme pourrait supplanter le café et le thé. C’est du moins la conviction de Venant Ndikuriyo palmiculteur de la zone Giharo dans la province de Rutana. Il exploite un espace de 30 ha avec un rendement de 250litres d’huile de palme par ha et par mois. L’installation d’une huilerie dans cette localité porte des fruits. Les commerçants s’approvisionnent sur place au lieu d’aller à Rumonge ou Nyanza-lac. « Les revenus issus de l’huile de palme surpassent de loin ce que je gagnais quand je cultivais le café », s’émerveille M. Ndikuriyo. Il explique que l’huile de palmier dispose des sous-produits dont des balaies, des tourteaux, des noix de palme ou l’huile palmiste qui sert dans la fabrication du savon de lessive, …

Des opportunités dans l’extraction des huiles végétales

Sur la colline Mvugo de la commune Nyanza-lac, l’entreprise ELAGA développe la filière patchouli. Elle encadre les membres de la coopérative IHURIRO dans la vulgarisation de la culture de patchouli dans les communes de Nyanza-lac et Rumonge. L’exportation de l’huile de patchouli se fait attendre. Les responsables de cette entreprise ont déjà enclenché les procédures légales pour exporter cette huile essentielle sur le marché européen et vers les Etats- Unis notamment.

La culture de patchouli constitue une aubaine pour les 1250 cultivateurs qui exploitent actuellement 431 ha. Ils gagnent 300 FBu pour chaque kilo de feuilles vertes vendus à l’entreprise Elaga. Celle-ci vise à exploiter  1000 ha avec un maximum de 4000 exploitants agricoles. La recolte se fait une fois les deux mois et cela pendant 5 ans. Après cette période, il faut remplacer le verger. « Les statistiques montrent que les plantations donnent un rendement de 10 tonnes par ha et par an », fait savoir Jean Claude Nyawakira, directeur adjoint de l’entreprise Elaga. Cependant, l’entreprise fait face à des coupures intempestives d’électricité et au déficit hydrique. Les initiateurs du projet doivent engager des moyens conséquents, notamment dans l’énergie de secours et le système d’irrigation (pendant l’été). Il sollicite l’intervention des pouvoirs publics pour une alimentation permanente en électricité.

L’anacardier, une plante à vulgariser

L’anacardier a été introduit dans la province de Ruyigi par la CIAP dans le but de promouvoir les cultures d’exportation.  6700 plants d’anacardier ont été déjà distribués à la population pour expérimentation. « Cette plante ressemble à un avocatier, mais produit des fruits assimilables aux mangues. L’anacardier figure parmi les cultures intercalaires », décrit Clément Sibomana, coordinateur provincial de la Coopérative d’Investissement Agro-Pastoral (CIAP) dans la province de Ruyigi.

L’anacardier produit des fruits à base desquels on fabrique le vin de champagne. Ses fruits disposent de noix qu’on appelle communément noix de cajou. Cette dernière est commercialisée à l’état brut dans les alimentations. La partie externe de la noix de cajou est utilisée dans la fabrication de l’huile des freins pour les véhicules. Le pied durer jusqu’à 50 ans. Le rendement augmente d’années en années et peut atteindre  au moins 12 kg par pied.  Un kilo de noix de cajou coûte entre 10 et 15 USD.

Cet article est une synthèse de la synergie de six médias, à savoir : la radio Isanganiro, la radio Rema FM, la radio Izere FM, le journal Burundi Eco, le groupe de presse Iwacu et le collectif des bloggeurs Yaga. Il s’agit d’une production réalisée sur appui technique et financier de l’ambassade du royaume des Pays Bas au Burundi et de la Coopération Suisse via l’Ong LABENEVOLENCIJA.

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A propos de l'auteur

Benjamin Kuriyo.

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