L’espace de 10 hectares à Kuala et de 10 hectares à Katosho attribuée par la Tanzanie au Burundi pour y construire des ports secs permettra de désengorger les ports maritimes. Elle occasionnera la réduction des coûts de transport, la réduction de la distance, le choix des voies et la liaison du Burundi avec d’autres pays. Les autorités habilitées sont en train de voir comment opérationnaliser ces deux espaces

Un espace de 20 hectares, soit 10 hectares à Kuala et 10 hectares à Katosho a été attribué au Burundi par la Tanzanie. On est en train de réfléchir à son aménagement et à sa gestion afin qu’il soit opérationnel. (Kobero : camions en provenance du port de Dar-es-Salaam)
Un des deux accords bilatéraux signés entre le Burundi et la Tanzanie vendredi le 28 janvier 2022 à Bujumbura concernait la construction de deux ports secs, un à Kuala à 80 km de Dar-es-Salaam et un autre à Katosho à Kigoma. Ce qui facilitera la mobilité des biens et des personnes ainsi que le désengorgement des ports maritimes de Dar-es-Salaam et de Kigoma.
Capitaine Dieudonné Dukundane, ministre des Infrastructures, de l’Equipement et des Logements Sociaux reconnait que l’espace a été déjà attribué.
« Nous sommes en train de nous organiser pour voir comment opérationnaliser cet espace, le clôturer, réfléchir à son aménagement, l’équiper et surtout éclaircir les aspects liés à la gestion », déclare-t-il avant d’annoncer qu’au terme de cet exercice, on pourra proposer le modèle à adopter pour rentabiliser cet espace.
Multiplication des voies de désenclavement
Eric Ntangaro, secrétaire exécutif de l’Association des Transporteurs Internationaux du Burundi (ATIB) fait remarquer que le port sec de Kuala se situe en dehors de la ville de Dar-es-Salam, soit à 2 heures de celle-ci.
Son utilisation permettra d’éviter les embouteillages dans la ville de Dar-es-Salaam. Par ailleurs, confirme M.Ntangaro, la distance entre Kuala et Dar-es-Salaam est de 80 km. « Les transporteurs vont gagner sur cette distance environ 100 litres de carburant si on considère qu’on effectuait un aller-retour sur ce trajet et qu’on faisait des dépenses en consommation de carburant », se réjouit-il.
Et de marteler : « Des dépôts et des entrepôts sous-douane seront dédiés au pays. Ce qui impactera le chargement et le déchargement des marchandises ».
Pour ce qui est du port sec de Katosho, M.Ntangaro témoigne qu’il est situé à environ 200 km du port de Bujumbura.
« Il est plus proche du port de Bujumbura et il est facilement accessible par la voie lacustre (lac Tanganyika) et la voie routière en passant par la RN3 et la route Mugina-Mabanda-Nyanza lac. Pour les importateurs de la région Sud-Est et Sud-Ouest du pays, il leur sera facile de récupérer leurs produits, car ils se trouvent à une cinquantaine de kilomètres de Katosho », explique-t-il avant de renchérir : le port sec de Katosho facilitera la circulation des biens dans la sous-région et assurera la connexion également avec la République Démocratique du Congo (RDC) et la Zambie ».
Lors de la signature des accords bilatéraux entre le Burundi et la Tanzanie en janvier dernier, Dr Jilly Elibariki Maleko, ambassadeur de la Tanzanie au Burundi a indiqué que les ports secs propres à un pays lui épargne les frais de stockage. Cela permet aussi d’éviter les tracasseries liées au délai de grâce fixé à 14 jours au port de Dar-es-Salaam.
Les containers de ligne maritime qui stationnent plus de 14 jours au port de Dar-es-Salaam en Tanzanie tombent directement dans le «storage ». Celui-ci occasionne à son tour le « demurrage ». Le transporteur est sommé de payer des amendes.
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