Gouvernance

La corruption, un fléau qui gangrène notre société

17% est le score obtenu par le Burundi comme indice de perception de la corruption au cours de l’année 2025. Les experts disent que ce score n’est pas satisfaisant. Les conséquences sont entre autres la perte de la crédibilité auprès des investisseurs étrangers et des partenaires.

Le Burundi a obtenu un score de 17% comme indice de perception de la corruption 2025 publié par l’association Transparency International. Cela a été précisé le 11 février 2026 dans un café de presse organisé par Olucome.

Symphorien Ntibagirirwa, expert en bonne gouvernance précise que ce score n’est pas satisfaisant, car le Burundi vient après le Rwanda, le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda dans la Communauté Est Africaine.

Il occupe la 167ème place sur 182 pays classés.  Selon Ntibagirirwa, cela constitue un signe éloquent que la bonne gouvernance et la démocratie sont encore à améliorer.

Ntibagirirwa ne voit même pas ce qui a poussé Transparency International à accorder ce score au Burundi.  La raison est que la pénurie de carburant et de devises pose encore problème.  Le pire est que la plupart des routes sont en état de défectuosité inouï.

Et d’ajouter les salaires dérisoires, les infrastructures en cours de construction pendant une longue période, etc. Il déplore que la corruption est devenue monnaie courante au Burundi.

Les cadres du pays demandent leur part avant tout

La majorité des cadres du pays demandent leur part pour permettre aux investisseurs étrangers de venir s’installer et créer des entreprises au Burundi.  Selon lui, cela constitue un problème sérieux au développement du pays. Il demande le changement de mentalités à tous les niveaux depuis l’école primaire jusqu’ à l’université.

Noël Nkurunziza, secrétaire général de l’Association Burundaise des Consommateurs (ABUCO) abonde dans le même sens. Le score de 17% n’est pas satisfaisant.  Selon lui, ce qui explique cela est le système de passation des marchés publics qui est émaillé d’embûches.

De plus, les lois qui répriment la corruption ne sont pas bien appliquées. « Les institutions de lutte contre ce fléau existent aussi. Pourtant, leur fonctionnement reste lacunaire », argue-t-il. Le pire est que la protection des dénonciateurs est encore teintée d’une certaine opacité sauf qu’on dit qu’on leur accorde 10% du montant dénoncé.

La gestion de la chose publique reste problématique

Le politicien Gabriel Banzawitonde affirme que la corruption est une réalité au Burundi. La majorité des cadres ont perdu les valeurs de respect du trésor public. La gestion de la chose publique pose problème. L’intérêt général est relégué aux oubliettes alors qu’il devrait primer sur tout. Le faire de rendre compte (redevabilité) est négligé.

Banzawitonde s’inquiète que les invités provenant de la Présidence et du ministère de l’Intérieur n’aient pas participé à cet atelier.  Selon lui, cela est aussi un signe qui justifie la négligence de la lutte contre la corruption par le gouvernement.

Les panelistes demandent au gouvernement de prendre des mesures visant la bonne gouvernance de façon globale et la lutte contre la corruption en particulier à tous les niveaux. Punir sévèrement les auteurs est une urgence pour inverser la tendance.  Ils encouragent le Chef de l’Etat Evariste Ndayishimiye à persévérer dans son engagement dans la lutte contre la corruption.

Ils indiquent qu’un pays mal coté en termes d’indice de perception de la corruption perd de la confiance à l’endroit des partenaires et des investisseurs étrangers.

Notons qu’ils se réjouissent de la mise en place de la stratégie nationale de lutte contre la corruption.

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A propos de l'auteur

Jean Marie Vianney Niyongabo.

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