Editorial

Attention aux dangers inattendus

Depuis quelques jours, des quittances d’amendes infligées aux personnes surprises en train d’uriner ou de déféquer dans les espaces publics circulent massivement sur les réseaux sociaux. L’initiative, perçue par certains comme une véritable déclaration de guerre contre l’insalubrité ravive un débat ancien d’un combat durable contre les comportements dégradant des villes.

Mélance Maniragaba, rédacteur en chef.

La prolifération des actes d’insalubrité dans les rues, les marchés, les arrêts bus ou les espaces verts a longtemps été une sonnette d’alarme pour ceux qui prennent au sérieux les dangers sanitaires. Ces pratiques portent atteinte à l’image des villes certes, mais favorisent surtout la propagation des maladies hydriques et fécales avec un risque élevé pour les populations les plus vulnérables.

Pourtant, dans notre administration, les mesures reviennent souvent comme des épisodes passagers. Les instructions tombent, les ordres se donnent, mais l’ardeur s’évapore parfois et dure le temps de la rosée. Les premiers pris en flagrant délit, eux, essuient les conséquences des décisions qui ne sont pas toujours suivies d’un véritable dispositif d’accompagnement.

Il faut le rappeler avec force. Le citoyen a le droit de se soulager. Faute d’alternatives, retenir trop longtemps ses besoins naturels expose à de nombreux problèmes de santé. Infections urinaires, affaiblissement de la vessie, douleurs abdominales, hémorroïdes, fissures anales ou encore accumulations toxiques dans le côlon… autant de risques bien réels. La santé publique ne peut pas être sacrifiée sous prétexte d’ordre public.

C’est pourquoi, au-delà de la sanction, toute politique d’hygiène urbaine doit impérativement s’appuyer sur des mesures structurelles. Punir ne suffit pas. Il faut garantir, en parallèle, des solutions hygiéniques sûres, accessibles et dignes.

Les communes ont ici un rôle central. Elles doivent installer des toilettes publiques propres dans les zones à forte fréquentation et veiller à leur entretien. Elles doivent également encourager voire obliger les restaurants, les bars, les stations-service et les centres commerciaux à rendre leurs sanitaires accessibles aux clients.

Le secteur privé, lui aussi, doit être mis à contribution. Sanitaires payants mais abordables, toilettes écologiques, mobiles ou semi-automatisées : les solutions existent et ne demandent qu’à être encouragées.

La responsabilité de l’hygiène urbaine incombe finalement à tous, que ce soient les autorités, les entreprises ou les citoyens.
Ce n’est qu’en combinant discipline, infrastructure et innovation qu’on pourra espérer voir naître un cadre de vie propre, sain et respectueux de la dignité humaine.

L’hygiène publique ne se gagnera ni par la peur ni par les amendes, mais par des politiques structurées, durables et humaines.

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A propos de l'auteur

Mélance Maniragaba.

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