Il est désormais strictement interdit d’introduire du carburant en provenance de la Tanzanie dans la province de Buhumuza, que ce soit dans des bidons ou par tout autre moyen jugé non conforme. L’annonce a été faite dans un communiqué officiel daté du 25 juillet 2025 signé par Denise Ndaruhekera, gouverneure de cette province frontalière de la Tanzanie. Cette décision vise, selon les autorités, à renforcer le contrôle de l’importation du carburant dans un contexte de crise persistante.

Malgré les restrictions des autorités, le transport à moto continue à tourner grâce au carburant acheté clandestinement.
Dans ce communiqué, la gouverneure informe les habitants de la province Buhumuza qu’aucune autorisation d’importation du carburant n’est désormais reconnue comme valable exceptées celles émises directement par l’Office Burundais des Recettes (OBR) ou par le ministère compétent dans le domaine de l’énergie. Les personnes qui introduisent du carburant depuis la Tanzanie, notamment dans des contenants tels que des bidons ou d’autres récipients sont donc en infraction. La gouverneure précise cependant que les automobilistes qui se rendent personnellement de l’autre côté de la frontière pour y faire le plein, conformément aux règles en vigueur, peuvent continuer à le faire. Ce sont les transports non autorisés de carburant en vrac qui sont désormais formellement proscrits.
Selon les termes du communiqué, toute personne qui enfreint cette mesure s’expose à des sanctions légales parmi lesquelles figurent l’emprisonnement, la saisie du carburant illégalement importé ainsi que la confiscation du matériel utilisé pour son transport. La gouverneure de la province Buhumuza ajoute que ceux qui seraient reconnus complices ou facilitateurs de cette contrebande seront également poursuivis et punis conformément à la loi.
Mais dans la réalité quotidienne, ces mesures viennent s’ajouter à une situation déjà très difficile pour les usagers des transports dans la province. A Ruyigi, ville principale de la province de Buhumuza, les motocyclistes éprouvent de grandes difficultés à s’approvisionner en carburant de manière légale.
Les motards vivent du carburant acheté clandestinement
Une bouteille de 1,5 litre d’essence (souvent une bouteille de type Kinju) est vendue autour de 20 000 BIF. Un motard rencontré au chef-lieu de la commune de Ruyigi (province Buhumuza) explique que le plein de sa moto dont le réservoir contient au maximum 12 litres, lui revient actuellement autour de 160 000 BIF. Il affirme que lorsqu’il a la possibilité de faire recours à une station-service, ce même plein ne lui coûte que 48 000 BIF. Toutefois, l’accès au carburant par les canaux officiels est devenu quasi impossible : « Quand le carburant est disponible dans une station-service, les files d’attente sont interminables et, il faut souvent donner des pots-de-vin aux pompistes, allant de 10 000 à 30 000 BIF, voire plus, simplement pour espérer être servi », se plaint-il.
Peine perdu, selon ce motard et plusieurs autres usagers, les stations-service de la ville n’ont pas été ravitaillées depuis des semaines. Même lorsqu’une station est servie, la quantité de carburant disponible est insuffisante face à la demande, entraînant des attroupements de véhicules et de motos ainsi que des tensions sur les lieux.
En réponse à cette pénurie de carburant, le marché noir a pris le relais. Ce carburant, souvent acheminé illégalement depuis la Tanzanie malgré les interdictions, est devenu la principale source d’approvisionnement pour de nombreux motocyclistes et automobilistes. Le carburant officiel étant quasiment introuvable, beaucoup de transporteurs n’ont d’autre choix que de se tourner vers cette alternative illégale, mais accessible.
Le phénomène ne se limite pas aux motos. Les propriétaires de véhicules s’approvisionnent également sur le marché parallèle sans lequel la circulation dans la province de Buhumuza serait pratiquement à l’arrêt. En l’absence d’un approvisionnement stable dans les stations-service de la place, la population locale s’adapte comme elle peut tout en prenant le risque de subir la rigueur de la loi désormais renforcée.




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