Gouvernance

Buhumuza : Le secteur socio‐culturel cherche un nouveau souffle à l’issue du redécoupage administratif

Dans la province nouvellement nommée Buhumuza, issue du redécoupage administratif à partir de juillet 2025, le secteur socio‐culturel tente de se redynamiser. Evelyne Dusenge, conseillère socio‐culturelle à Cankuzo revient sur les réalisations, les défis persistants et les priorités qui attendent son successeur dans une province en mutation.

Evelyne Dusenge estime que le futur conseiller socio‐culturel de la province élargie de Buhumuza devra, en premier lieu, réunir tous les représentants des groupes socio‐culturels et des équipes sportives des sept communes nouvellement créées afin de comprendre leurs réalités, d’identifier les défis et d’élaborer un plan de travail collectif.

 

A Cankuzo, le 2 juillet 2025, désormais intégrée à la nouvelle province de Buhumuza, nous avons rencontré Evelyne Dusenge, conseillère socio‐culturelle provinciale. Elle partage sa lecture d’un secteur en pleine transition, entre acquis encourageants et réalités budgétaires contraignantes.

« Nous sommes fiers, car le secteur socio‐culturel à Cankuzo est en train d’être redynamisé », confie-t-elle d’entrée. A l’en croire, les groupes culturels répondent présents lorsqu’ils sont sollicités pour agrémenter les cérémonies dans les communes, tout comme les équipes de football. « Le championnat de football de troisième division est en cours dans la province et chaque commune y est représentée par au moins une équipe », précise-t-elle. Les équipes en lisse sont notamment Espoir FC, Lion Rapide, Tourbillon FC, Intwari FC, Onze Rapide, Mamba Vert, Libellule FC, Masango FC et Shalom de Mishiha.

Une animation culturelle active, mais des moyens limités

Côté culture, Mme Dusenge souligne la régularité de la participation de la province à des manifestations d’envergure, telles que le Festival national de la culture ou le Festival du tambour. Dans chaque commune, un groupe culturel est désormais identifié pour intervenir lors des événements festifs. Toutefois, les infrastructures touristiques restent limitées. « À part le site aménagé par l’Église catholique, ‘ku kirimba c’Umushaha Mweranda wa Yezu’ dans l’enceinte de la paroisse Muyaga, nous n’avons pas d’autres sites bien aménagés », regrette-t-elle.

Sur le volet jeunesse, elle évoque un encadrement ponctuel : « Quand des camps de travail sont organisés sur les collines, nous lançons des invitations et les jeunes répondent en masse. Nous collaborons aussi avec le Conseil national de la jeunesse». Mais elle reconnait que les efforts restent limités.

L’arrivée du nouveau découpage administratif, qui a vu la naissance de la province de Buhumuza, n’a pas encore donné lieu à des actions spécifiques dans ce domaine. « Pour l’instant, il n’y a pas de préparatifs particuliers. Nous poursuivons les activités en cours en attendant les nouvelles directives », explique-t-elle.

Les défis ne manquent pas

Les défis, eux, restent nombreux. Le manque de moyens de transport empêche les groupes culturels et sportifs de participer à des compétitions hors province. « Nous n’avons pas de véhicule pour assurer ces déplacements. Cela complique énormément la participation à des festivals ou à des championnats régionaux et nationaux », déplore-t-elle.

Elle pointe du doigt également une démotivation croissante parmi les participants. « Autrefois, les prix remportés avaient une certaine valeur et permettaient aux gagnants de couvrir certains besoins. Aujourd’hui, un joueur peut gagner une prime de 10 000 BIF pour un match. Ce qui ne reflète en rien l’effort fourni », affirme-t-elle. Selon elle, cela pousse de nombreux jeunes à abandonner progressivement les disciplines culturelles et sportives.

Du côté des infrastructures, le constat est tout aussi préoccupant. « Les terrains sont insuffisants et mal aménagés, à l’exception du stade Buhumuza et de quelques installations sportives et scolaires. Le football reste le seul sport véritablement actif contrairement au basketball, au volleyball, etc. qui ne sont pas vivement représentés. »

A la question de savoir comment la province motive ses jeunes talents, Mme Dusenge répond avec franchise : « Honnêtement, à notre niveau, il n’y a rien de concret pour encourager les sportifs ou les groupes culturels. Il n’y a pas de budget prévu pour cela. Nous avons besoin d’un appui des instances compétentes. »

Et pour l’avenir, quel rôle devra jouer son successeur dans cette nouvelle entité provinciale ? Evelyne Dusenge esquisse un plan d’action clair : « La première chose à faire sera de réunir tous les représentants des groupes socio‐culturels et des équipes sportives des sept communes nouvellement créées. Il faut essayer de comprendre leurs réalités, identifier les défis et élaborer un plan de travail collectif. Mon successeur devra inciter ces acteurs à s’impliquer davantage dans le développement socio‐culturel de Buhumuza. »

A l’heure du redécoupage administratif, le secteur socio‐culturel de la province de Buhumuza semble osciller entre une dynamique encore vivante et des défis structurels persistants. La mobilisation des jeunes, la valorisation des activités culturelles, le soutien logistique et financier ainsi que la réhabilitation des infrastructures restent les axes prioritaires pour redonner de l’élan à ce pan essentiel de la vie communautaire.

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A propos de l'auteur

Gilbert Nkurunziza.

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