Un centre de dépistage et de diagnostic du cancer vient de voir le jour à Bujumbura. Outre le fait qu’il va éviter aux patients d’effectuer des déplacements coûteux à l’étranger, ce centre permettra de détecter précocement certains cancers qui tuaient les gens parce qu’ils avaient été dépistés tardivement
Bujumbura Pathology Center (Bujapath) est sis en commune Mukaza de la mairie de Bujumbura, à l’avenue des Palmiers. C’est un centre de dépistage pour confirmer ou infirmer les cas de cancer. Concrètement, si le médecin traitant soupçonne le cancer chez un patient, il effectue un prélèvement. Cette opération s’appelle la biopsie. Il envoie ensuite l’échantillon au centre Bujapath qui procède aux examens nécessaires. Ce centre qui est aussi spécialisé dans le diagnostic du cancer pratique entre autres les examens cytologiques et histologiques. Mais dans le futur, il compte ajouter des examens himino-histochimiques pour faire un diagnostic complet.
Le centre vient répondre à un besoin réel
« Il y avait un besoin réel et important au Burundi parce que les gens devaient se rendre à l’étranger pour le dépistage et même pour le diagnostic du cancer. Cela leur coutait beaucoup. Désormais, ils pourront le faire ici et à moindre coût. C’est cette idée qui a poussé le Dr Jean Marie Harimenshi à créer ce centre », a indiqué Dr Khelia Mahoro, médecin généraliste à Bujapath. Dr Harimenshi exerce en France et travaille avec les chercheurs de l’université de Lille. Il est spécialisé en Anatomie Pathologique, a-t-elle ajouté. Le diagnostic que Bujapath fait permet de dire si oui ou non un patient a un cancer bénin ou malin et, plus important encore, à quel stade le cancer est. Le médecin traitant sait par conséquent si le cancer peut être traité ou pas. Il est important de savoir qu’avant le diagnostic, on procède d’abord au dépistage. Ce dernier est moins coûteux que le diagnostic.

Dr Khelia Mahoro, médecin généraliste à Bujapath : « Il y avait un besoin réel et important au Burundi parce que les gens devaient se rendre à l’étranger pour le dépistage et même pour le diagnostic du cancer. Cela leur coûtait beaucoup. Désormais, ils pourront le faire ici et à moindre coût »
Le cancer du col de l’utérus, un des chevaux de bataille de Bujapath
Le dépistage du cancer du col de l’utérus se fait par frottis cervico-vaginal. Ce prélèvement est indolore et rapide. Le but est de détecter les lésions précancéreuses. Si on les détecte à temps, cela permet de traiter le cancer précocement. On pratique une opération très simple et qui ne dure pas longtemps qui s’appelle ‘’conisation’’. La personne guérit totalement. L’autre avantage du centre est que les résultats viennent rapidement. Le diagnostic du cancer du col de l’utérus prend 3 jours, a fait savoir Dr Mahoro. Il faut noter que certaines lésions précancéreuses peuvent guérir d’elles-mêmes. C’est pour cela qu’on demande parfois aux gens de revenir après une certaine période ( 3mois, 6 mois ou une année). Le centre fait donc un suivi pour les patients présentant des risques de cancer, a-t-elle ajouté.
Le cancer, une maladie silencieuse qui tue à petit feu
Le cancer ne s’attrape pas d’un seul coup. Il peut prendre plusieurs années avant de se déclarer. Certains cancers peuvent guérir si on les traite à temps. Quand on les diagnostique tardivement, ils sont fatals. D’où l’intérêt de se faire dépister à temps. Et comme l’a indiqué le Dr Mahoro, le dépistage n’est pas cher. Celui du cancer du col de l’utérus ne coûte que 40 mille FBu. Lorsque les personnes ne viennent pas au stade de lésions précancéreuses, et la biopsie et le traitement sera compliqué. Au Burundi, dire aux gens de se faire dépister alors qu’ils ne ressentent pas de douleurs et n’ont apparemment aucun problème de santé n’est pas chose simple. Pourtant, il y en a qui viennent alors qu’ils sont apparemment en bonne santé. Néanmoins, on diagnostique un cancer. C’est primordial de se faire dépister à temps, a souligné Dr Mahoro.
Bujapath n’est pas un centre de traitement du cancer
Il faut faire une nuance. Bujapath n’est pas un centre de traitement du cancer. Il dépiste et diagnostique le cancer. On aimerait bien avoir un service de traitement du cancer mais les moyens ne le permettent pas actuellement, a déclaré Dr Mahoro. Il travaille avec les médecins traitants de différents hôpitaux. Si le médecin soupçonne un patient d’avoir un cancer il pratique une biopsie et envoie le prélèvement ou l’échantillon de cellules du patient au centre. Ce dernier fait des examens qu’il renvoie au médecin traitant. Mais le centre accueille aussi en consultation toute personne qui le désire. Bien plus, les patients des hôpitaux de l’intérieur du pays ou d’ailleurs peuvent amener eux-mêmes des prélèvements pour examen. Du fait que le Dr Harimenshi, spécialiste en Anatomie Pathologique et responsable du centre est basé en France, on lui envoie les échantillons traités qu’il étudie avec ses collègues Français pour fixer le diagnostic. Le centre a un appareil qui scanne les lames sur lesquelles sont fixés les échantillons traités qu’on envoie au spécialiste. Cela confère une certaine qualité/crédibilité aux résultats.
Bujapath appelé à grandir
Pour le moment, Bujapath emploie onze personnes dont des techniciens, des administratifs et des médecins. Il n’a ouvert ses portes que le 01 août 2019. Une équipe de spécialistes français est récemment venue former le personnel au traitement des échantillons. D’après Libère Nyabenda, Administrateur et Chef du personnel de Bujapath, le mois dernier le centre a pu traiter 40 prélèvements. Si maintenant il s’occupe seulement du dépistage et du diagnostic, il a l’ambition de devenir un centre de cancérologie qui proposerait un traitement complet du cancer.
On dit tumeur bénigne ou maligne pas » cancer Benin ou malin »…
Un cancer est une tumeur maligne par définition…
Corrigez svp.
Félicitations et Bon courage pour la suite des activités de bujupath