Du 24 au 25 juin 2025, des consultations de la jeunesse de la Communauté Est-Africaine (EAC) sont tenues à Bujumbura, réunissant des délégations venues des Etats membres. Ces jeunes ont échangé sur la stratégie de la Jeunesse de l’EAC de 2013, les défis et les opportunités liés à la paix et à la sécurité dans la région et ont formulé plusieurs recommandations. Ils ont lancé un appel aux Etats membres, aux partenaires et à la société civile pour qu’ils investissent davantage dans la jeunesse en tant que moteur d’une communauté prospère, pacifique et résiliente.

Les consultations ont été organisée par Est African Youth Network (EAYN) en partenariat avec WIPC (Women International Peace Center) et la Chambre Transversale des Jeunes Entrepreneurs du Burundi.
Cet évènement important organisé à King’s Conference Center de Bujumbura, a rassemblé les jeunes venus des pays membres de l’EAC. Les consultations ont été organisée par Est African Youth Network (EAYN) en partenariat avec WIPC (Women International Peace Center) qui a assuré l’appui financier dans le cadre du projet « Just Future » et aidées par la Chambre Transversale des Jeunes Entrepreneurs du Burundi. Les organisations conviées aux consultations étaient notamment EJO Youth Empowerment. ADID, Burundi Career Bridge et le Conseil National de la Jeunesse du Burundi.
Cette consultation s’inscrivait dans le cadre de l’évaluation de la politique « Jeunesse, Paix et Sécurité » de 2013, sous le thème : « Amplifier la voix des jeunes de la Communauté Est-Africaine dans le processus de formulation et de mise en œuvre des politiques ».
Lancé par Hussein Ndagije, assistant du ministre en charge de la jeunesse et des affaires de l’EAC, les objectifs principaux de ce dialogue étaient de recueillir les avis des jeunes sur les défis qui se posent en matière de paix et de sécurité, de formuler des recommandations pour améliorer les politiques nationales et régionales, de mettre en lumière les besoins spécifiques des jeunes déplacés et d’encourager les Etats membres à autonomiser la jeunesse comme acteur clé des processus de paix.
Mme Proscovia Nakaye, responsable du développement du leadership au sein du WIPC a souligné que « ce consultation intervient à un moment critique. Les jeunes du Burundi et de la RDC, y compris les déplacés internes et les réfugiés font face à des défis complexes ». Elle a également rappelé que « derrière ces défis se cachent un potentiel, une créativité et une résilience considérables ».

Mme Proscovia Nakaye, responsable du développement du leadership au sein du WIPC « Ce consultation intervient à un moment critique. Les jeunes du Burundi et de la RDC, y compris les déplacés internes et les réfugiés font face à des défis complexes ».
Aperçu sur la stratégie de la Jeunesse de l’EAC de 2013
La première session des consultations était dédiée à l’évaluation de la stratégie régionale adoptée en 2013. Cette politique recommande aux Etats membres, en collaboration avec les partenaires techniques et financiers et la société civile, de promouvoir le bien-être social et l’autonomisation des jeunes, de renforcer leurs capacités et leur accès à une éducation de qualité et équitable, d’améliorer l’accès aux services de santé et au numérique, d’encourager un développement durable et inclusif et de protéger l’environnement et de lutter contre la pauvreté.
La stratégie met également en avant l’importance des activités sportives, des loisirs et de la culture dans le bien-être des jeunes, ainsi que son objectif principal demeure la participation active de la jeunesse à la consolidation de la paix et de la sécurité dans la région.
Des défis persistants pour la jeunesse de l’EAC
Malgré cette politique, la situation reste préoccupante. Selon Morris Kanyebwa, du Secrétariat de l’EAC, les jeunes sont confrontés à de nombreux défis : chômage élevé dû au manque d’accès au financement, éducation insuffisante, difficultés d’accès aux soins, impact du changement climatique et retard en matière de digitalisation.
La question de la paix et de la sécurité reste cependant centrale. Dans plusieurs pays, les jeunes sont manipulés par des leaders politiques ou des groupes armés et se retrouvent au cœur des conflits. « Il est difficile pour eux d’échapper à cette spirale, souvent en raison de pressions économiques et sociales », a-t-il déclaré. Leur voix est aussi rarement sollicitée dans les processus officiels de paix.
Il rappelle que : « Les jeunes ne sont pas seulement victimes des conflits, mais aussi ils peuvent être de puissants agents de paix lorsqu’ils s’engagent de manière significative dans les processus de paix. »
Un autre obstacle majeur évoqué est l’absence d’un Conseil régional de la jeunesse une structure qui pourrait coordonner les revendications issues des conseils nationaux.
Par ailleurs, un processus de révision de la stratégie de la jeunesse de l’EAC de 2013 est en cours. Mme Violet Ayoub Foy, présidente de East African Youth Network, a confirmé qu’une nouvelle politique jeunesse 2025 est en cours de préparation, mieux alignée sur les réalités actuelles et les indicateurs de développement.

Mme Violet Ayoub Foy, présidente de East African Youth Network : « Nouvelle politique jeunesse 2025 est en cours de préparation, mieux alignée sur les réalités actuelles et les indicateurs de développement ».
Quid des solutions pour un développement inclusif dans la région ?
Plusieurs intervenants ont rappelé que les jeunes représentent une force motrice essentielle pour le développement de la région. Ils ont appelé à une collaboration plus étroite des jeunes au sein des différents réseaux nationaux et régionaux et à la création de partenariats stratégiques.
« C’est dans la jeunesse que réside la clé d’une Communauté Est-Africaine plus prospère, plus pacifique, plus juste et plus résiliente », ont-ils affirmé.
Le rôle des Etats membres reste cependant fondamental pour faire face à des défis structurels, notamment le chômage qui touche plus de 50 % des jeunes dans l’EAC Les ministères en charge de la jeunesse sont invités à renforcer les politiques d’autonomisation économique, sociale et politique des jeunes et des femmes.
« Avec un soutien et des opportunités appropriés, les jeunes constituent la source du progrès économique, de la stabilité politique, de l’innovation et du développement social », a résumé Mr Kanyebwa, un des intervenants.
Le rôle stratégique du WIPC dans la consolidation de la paix
Le Women’s International Peace Centre (WIPC) a joué un rôle clé dans l’organisation de ces consultations. Son implication témoigne de l’importance de la collaboration entre les institutions publiques, la société civile et la jeunesse dans la mise en œuvre des stratégies de paix.
Egide Niyongabo, consultant du WIPC au Burundi, a partagé plusieurs initiatives concrètes mises en place par le centre au niveau national et régional. Il a recommandé de renforcer le plaidoyer pour faire des politiques jeunesse-paix-sécurité un pilier du développement régional, tout en y investissant les ressources nécessaires.
Il appelle aussi à faire des politiques et stratégies Jeunesse, Paix et Sécurité l’enjeu principal du développement. Il a également recommandé la mise en place d’un baromètre régional pour suivre l’évolution de la mise en œuvre des stratégies jeunesse en commençant par des baromètres nationaux.




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