Dans le cadre de la préparation du lancement officiel de ses opérations, qui a eu lieu le 12 décembre 2025, la Bourse du Burundi (BSE) a organisé, le 8 décembre à Bujumbura, une séance d’information et d’échange destinée au public, aux émetteurs ainsi qu’aux investisseurs potentiels. L’objectif principal de cette rencontre était de familiariser les acteurs clés avec le fonctionnement du marché boursier, encore nouveau dans le paysage économique national, et de favoriser une meilleure appropriation des services et produits qui seront offerts par le marché après son ouverture officielle.

Pierre Damien MPAWENIMANA, chargé des opérations à la Bourse du Burundi, a rappelé que cette structure est une société mixte constituée conjointement par la Banque de la République du Burundi (BRB) et huit banques commerciales.
Cette séance, qui s’inscrit dans la phase de dissémination de l’information précédant l’ouverture de la Bourse, a permis au public d’obtenir des explications détaillées sur les objectifs, les mécanismes et les avantages liés à l’existence d’un marché boursier. Le responsable des opérations à la Bourse du Burundi (BSE), ainsi que d’autres acteurs du secteur financier, ont insisté sur l’importance d’une préparation adéquate des acteurs, des émetteurs et des investisseurs afin d’assurer un démarrage efficace et sécurisé du marché.
La création de la Bourse du Burundi répond à une série de besoins économiques identifiés depuis plusieurs années. Elle vise avant tout à offrir aux entreprises un nouvel instrument de financement à long terme, à travers l’émission de titres financiers tels que les actions et les obligations. Pour les investisseurs, qu’ils soient institutionnels ou individuels, l’ouverture d’un marché boursier leur permet de diversifier les placements, de gérer plus efficacement leurs risques et d’accéder à de nouvelles opportunités d’investissement jusqu’alors inexistantes.
Les organisateurs ont rappelé que la Bourse constitue « une plateforme qui mobilise l’épargne et facilite le financement des entreprises à long terme, tout en améliorant la transparence et la liquidité dans les transactions financières ». Dans un pays où les entreprises restent fortement dépendantes des banques commerciales pour le financement de leurs projets, l’avènement d’un marché boursier représente un moyen alternatif de financement des projets à long terme et constitue une avancée majeure, susceptible de transformer durablement l’écosystème financier Burundais.
Une société mixte au service d’un marché performant
Dans sa présentation, Pierre Damien MPAWENIMANA, chargé des opérations à la Bourse du Burundi, a rappelé la nature juridique et la structure de l’institution. « La société de la Bourse du Burundi est une société mixte constituée conjointement par la Banque de la République du Burundi (BRB), et huit banques commerciales ». Il a précisé que la Bourse a été officiellement enregistrée auprès de l’Agence de Développement du Burundi (ADB) le 26 mars 2024, puis agréée par l’Autorité de Régulation du Marché des Capitaux du Burundi (ARMC) le 26 février 2025.
La mission de l’institution est claire : exploiter un marché de valeurs mobilières performant, sécurisé et capable de soutenir la croissance économique. Sa vision est de devenir une bourse émergente de référence dans la région, en offrant des services modernes, un environnement transparent et des standards conformes aux meilleures pratiques internationales.
Organisation interne et mécanismes de fonctionnement
La Bourse du Burundi fonctionne en tant qu’organisation auto-réglementée. Cela signifie qu’elle établit et applique ses propres règles, tant pour ses membres que pour la conduite des opérations du marché. Deux catégories de membres sont prévues : les membres courtiers (brokers), qui agissent pour le compte des investisseurs et les membres associés ou négociants (dealers), qui sont autorisés à acheter et vendre des titres pour leur propre compte.
Les conditions pour devenir un membre de la Bourse du Burundi sont établis dans le manuel des règles de la Bourse et incluent des garanties financières destinées à couvrir les risques éventuels liés au règlement des transactions. Cette rigueur s’inscrit dans la volonté d’assurer la stabilité et la crédibilité du marché. Le processus d’inscription des titres, ou cotation, permettra aux entreprises de lever des fonds en émettant des actions ou des obligations. Les intermédiaires, courtiers, banques d’investissement et autres acteurs agréés, jouent un rôle central dans la transmission et l’exécution des ordres, ainsi que dans la tenue de marché pour assurer la liquidité.
La priorité : protéger les investisseurs
Les responsables de la Bourse du Burundi ont insisté sur les obligations des intermédiaires en matière de protection des investisseurs : devoir de conseil, transparence totale, gestion des conflits d’intérêts, conformité aux règles anti-blanchiment (AML/CFT) et respect des normes de bonne conduite. La transparence financière est également exigée des entreprises cotées. Elles sont tenues de publier régulièrement leurs rapports, de divulguer tout fait significatif et de se conformer à des standards de bonne gouvernance des entreprises.
La cotation en Bourse offre des avantages importants aux entreprises, notamment l’accès à des financements structurels, une crédibilité accrue, et une ouverture à de nouveaux partenaires. Elle implique toutefois des obligations particulières liées à la bonne gestion, à la divulgation d’information et au respect de normes de bonne gouvernance d’entreprise.
Pourquoi investir en Bourse ?
Les intervenants ont rappelé les principales motivations pour investir en Bourse : participer à la croissance des entreprises, percevoir des revenus sous forme de dividendes ou de coupons et constituer une richesse durable grâce à des placements de long terme. Investir en Bourse permet également de diversifier son portefeuille, d’atténuer les risques sectoriels et de profiter d’une liquidité accrue. La transparence du marché et le cadre réglementaire renforcé sont autant de garanties pour encourager la participation du public.
Interrogé sur les obstacles potentiels, Pierre Damien MPAWENIMANA a reconnu que le marché burundais fait face à plusieurs défis. Le premier est l’indisponibilité ou l’insuffisance des informations financières fiables, suivie par la réticence de certaines entreprises à ouvrir leur capital au public. De plus, au démarrage, le nombre de titres cotés pourra être limité, ce qui pourrait affecter la liquidité du marché dans les premiers mois.
Toutefois, il se veut confiant : « Nous sommes conscients de ces défis, mais la Bourse vient apporter une solution durable au financement à long terme. Les entreprises disposeront d’un nouvel outil, et les investisseurs bénéficieront de ressources d’information leur permettant d’évaluer les risques et la rentabilité de leurs placements. »

Différents intervenants ont souligné que la transparence constitue l’un des piliers fondamentaux du marché boursier. Toute entreprise souhaitant lever des fonds auprès du public est tenue de s’engager à fournir des informations complètes, régulières et vérifiées, afin de permettre aux investisseurs de prendre leurs décisions en toute connaissance de cause.
La transparence, clé de voûte du système
Au cours de la séance, les participants ont pu revenir sur les fondamentaux d’une Bourse de valeurs mobilières. Il s’agit d’un marché organisé où s’échangent divers instruments financiers, essentiellement des actions et des obligations, entre les émetteurs et investisseurs. La Bourse joue également un rôle essentiel dans la découverte et fixation des prix du marché, la fourniture d’une liquidité suffisante et le maintien de normes élevées de transparence.
Cette transparence constitue l’un des piliers du marché boursier. Toute entreprise souhaitant lever des fonds auprès du public doit s’engager à fournir des informations complètes, régulières et vérifiées, afin de permettre aux investisseurs de prendre leurs décisions en toute connaissance de cause. La protection des investisseurs est l’une des priorités de la nouvelle institution.
M.MPAWENIMANA a insisté sur le caractère volontaire de la cotation : aucune entreprise n’est obligée de lever des fonds via le marché boursier, mais celles qui choisissent cette voie devront accepter les exigences de transparence. Pourquoi ? Parce que la transparence et la crédibilité sont les principales garanties qu’apporte une entreprise lorsqu’elle vient en Bourse.
De son côté, Dr Eric NGENDAHAYO, le Directeur Général d’Orbit Investment Bank, a insisté sur l’importance de la gouvernance pour toute entreprise souhaitant lever des fonds sur le marché boursier. Selon lui, « le système de gouvernance doit être clair. Une entreprise familiale qui souhaite entrer en Bourse doit accepter de passer d’un mode de gestion familial à un mode de gestion professionnel, avec des administrateurs indépendants et qualifiés ».
Il a ajouté que les entreprises devront publier régulièrement leurs états financiers et toute information susceptible d’avoir un impact sur leurs activités. Pour lui, cette transparence constitue la base de la confiance nécessaire entre les émetteurs et les investisseurs.
Un premier pas stratégique pour le système financier burundais
A travers cette séance d’information, la Bourse du Burundi souhaite préparer un environnement financier plus moderne, plus transparent et mieux connecté aux standards internationaux. Les organisateurs espèrent qu’une meilleure compréhension du marché encouragera les entreprises à saisir les opportunités de financement offertes par cette nouvelle plateforme.
Le lancement officiel des activités de la Bourse du Burundi ce 12 décembre 2025, marque une étape importante dans le développement du secteur financier burundais, avec l’ambition d’offrir aux entreprises et aux investisseurs un nouvel horizon de croissance, de transparence et de confiance.




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