Education

La crise silencieuse des enseignants s’aggrave, leur départ inquiète

La situation des enseignants devient de plus en plus préoccupante. Après la sortie médiatique du ministre en charge de l’éducation, François Havyarimana révélant que 1800 enseignants des cycles fondamental et post-fondamental ont déjà quitté leur poste, les réactions ne se sont pas fait attendre. Du côté syndical, le ton est grave : le malaise est profond et risque d’affecter durablement la qualité de l’enseignement au Burundi.

Antoine Manuma, président de la Fédération nationale des syndicats du secteur de l’enseignement et de l’éducation au Burundi (FNASEEB), demande que les enseignants soient mieux traités afin d’éviter qu’ils ne partent ailleurs, ce qui nuit davantage à la qualité de l’éducation des élèves.

 

Dans une interview accordée au journal Burundi Eco le 23 février 2026, Antoine Manuma, président de la Fédération nationale des syndicats du secteur de l’enseignement et de l’éducation au Burundi (FNASEEB), estime que ces départs massifs traduisent un décrochage moral des enseignants vis-à-vis de leur profession. Selon lui, beaucoup d’entre eux ne se reconnaissent plus dans leur métier, faute de conditions de vie décentes. « Ceux qui restent le font par contrainte plus que par conviction », résume-t-il en substance.

Le ministre François Havyarimana avait pourtant appelé les enseignants à demeurer à leur poste, soulignant que leur contribution au savoir est « précieuse et irremplaçable ». Il a également reconnu que le remplacement d’un enseignant démissionnaire prend du temps et peut perturber le fonctionnement normal des établissements scolaires. Mais dans le même temps, il a été clair : aucune augmentation salariale n’est prévue pour le moment, le gouvernement étant engagé dans une politique d’harmonisation des salaires dans la fonction publique.

Pour la FNASEEB, cette position ne fait qu’accentuer le découragement. Le coût de la vie augmente, tandis que les salaires stagnent. « Le fonctionnaire avance d’un pas et recule de deux », déplore M. Manuma évoquant une perte continue du pouvoir d’achat. Il estime que remplacer les enseignants démissionnaires par de nouvelles recrues ne constitue pas une solution durable. Les nouveaux engagés, confrontés aux mêmes difficultés économiques, risquent à leur tour de quitter la profession dès qu’une opportunité plus avantageuse se présente.

Du côté gouvernemental, l’argument principal reste d’ordre budgétaire. Le ministre explique que l’augmentation des salaires n’est pas envisageable dans l’immédiat et qu’il faut d’abord accroître la production nationale afin de générer davantage de ressources. Il assure toutefois que si les moyens deviennent disponibles, rien n’empêchera une revalorisation salariale, tant pour les enseignants que pour les autres fonctionnaires.

Cette crise ralentira l’atteinte de la vision du Burundi

Cette prise de position du ministre en charge de l’éducation intervient alors que le chef de l’Etat a récemment annoncé le début d’une exploitation accrue des ressources minières du pays, laissant espérer une amélioration des recettes publiques. Pour les syndicats des enseignants, le secteur de l’éducation devrait figurer parmi les priorités dans l’affectation de ces nouvelles ressources, au regard de son rôle stratégique dans la Vision du Burundi 2040-2060. « L’éducation est le socle de l’avenir », rappelle M. Manuma, soulignant que le pays ne pourra atteindre ses ambitions sans enseignants motivés et stables.

Le ministre avance par ailleurs qu’une partie des démissions s’explique par l’ouverture de certains pays étrangers au recrutement des Burundais. Face à des perspectives salariales plus attractives à l’extérieur, de nombreux enseignants choisissent de tenter leur chance ailleurs. Pour lui, ces départs offrent également des opportunités d’emploi à d’autres diplômés en attente d’affectation.

Cependant, pour les syndicats, cette lecture est réductrice. Le problème ne réside pas seulement dans la mobilité internationale, mais aussi dans les conditions locales qui poussent les enseignants à partir. Sans amélioration concrète de leur situation socio-économique, prévient le président de FNASEEB, l’exode risque de se poursuivre.

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Gilbert Nkurunziza.

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