Economie

Le secteur des Assurances entre croissance et défis de modernisation

Le marché des Assurances au Burundi continue à évoluer progressivement, même si son niveau de développement reste limité comparé à celui des autres pays de la région. Dans une interview réalisée le 12 février 2026, le Consultant en Assurance Jean Paul ROUX revient sur les performances du secteur, les obstacles persistants et les perspectives d’avenir.

Le consultant en assurance Jean Paul Roux estime que le secteur de l’assurance connaît une évolution progressive, tout en reconnaissant que d’importants défis restent à relever.

Le taux de pénétration de l’assurance au Burundi est actuellement de 0,95 %, un niveau inférieur à celui observé dans plusieurs pays voisins. A titre de comparaison, il atteint 1,8 % au Rwanda, 2 % en Tanzanie, 2 % en Ouganda et 3,2% au Kenya. Pour Jean Paul ROUX, cette situation montre que le secteur ne protège pas encore suffisamment la population burundaise.

Le marché des Assurances se structure autour de deux branches principales :  les Assurances Générales qui couvrent notamment l’Automobile, les Incendies, la Santé, les Accidents, le Transport et les Risques Divers. Il y a aussi l’Assurance Vie qui est orientée vers la Prévoyance et l’Epargne. Les Assurances Générales génèrent un chiffre d’affaires d’environ 84 milliards de BIF, dont près de 34 % proviennent de l’assurance automobile, soit environ 30 milliards de BIF. Les Assurances Vie génèrent un chiffre d’affaire de 51 milliards de BIF dont 30,4 milliards en Epargne, soit 59,3% des primes Vie.

Dans ce domaine, une perception répandue dans l’opinion publique veut que les assureurs soient rapides pour percevoir les primes, mais plus lents pour indemniser les sinistres. Le consultant reconnait que certaines situations peuvent alimenter cette impression tout en rappelant que la majorité des automobilistes souscrivent uniquement à l’assurance responsabilité civile obligatoire en ignorant que cette garantie ne couvre pas les dommages subis par leur propre véhicule en cas de responsabilité du conducteur. Il souligne également l’absence de la pratique du constat amiable entre conducteurs après un accident. Ce qui rallonge les procédures d’indemnisation en raison de l’intervention systématique de la police et du parquet.

Une croissance encourageante du chiffre d’affaires

Malgré ces limites, le secteur des assurances au Burundi affiche une évolution positive. Entre 2022 et 2024, le chiffre d’affaires a progressé de 58%. Signe d’un intérêt croissant pour les produits d’assurance. En 2024, le volume d’affaires du secteur Vie et Non Vie atteignait 138 milliards de BIF avec la présence de 23 compagnies d’assurances

Selon Jean Paul ROUX, cette progression traduit une meilleure compréhension par les Burundais de l’importance de l’assurance, particulièrement dans le domaine automobile. Il estime que le marché pourrait atteindre 300 milliards de BIF de chiffre d’affaires d’ici 2030 si la dynamique actuelle se maintient.

Des réformes réglementaires ont été engagées par l’Agence de Régulation et de Contrôle des Assurances (ARCA), notamment pour encadrer la bancassurance avec le règlement du 19 mars 2025 et faciliter le développement du secteur avec les banquiers et les microfinances

Modernisation et confiance des clients

Malgré cette croissance, plusieurs défis demeurent. Le consultant insiste sur la nécessité pour les compagnies d’assurance de se doter de systèmes d’information performants, capables d’intégrer les bases de données clients et de soutenir la digitalisation des services. L’application effective de nouveaux règlements de l’ARCA, dans les domaines de la bancassurance et de l’assurance agricole, reste également un enjeu important pour le futur.

Jean Paul ROUX estime que les compagnies doivent renforcer leur présence sur le terrain afin de se rapprocher de la clientèle et d’apporter un meilleur service de proximité avec les assurés. La lenteur dans le règlement des sinistres et l’accumulation de dossiers en attente continuent d’affecter l’image du secteur et la confiance du public.

Le consultant recommande notamment la mise en place de directions marketing et développement commercial au sein des entreprises d’assurance, ainsi que la création d’une base de données commune avec l’association des assureurs (ASSUR) concernant les clients et les sinistres afin de mieux identifier les profils des conducteurs. Il rappelle que plus de 80 % des accidents routiers sont liés au comportement des conducteurs. « Nous devons être vigilants face à la conduite des chauffeurs de bus qui posent de sérieux problèmes au sein de la circulation routière et causent de nombreux accidents », indique M. Roux. Il encourage également une meilleure synergie entre les branches assurance Vie et Non-Vie et la formation de groupes d’assurances au Burundi à l’image des assureurs internationaux comme AXA, ALLIANZ, NSIA, SUNU, GROUPAMA, etc.

Le consultant ROUX estime que le secteur des assurances au Burundi progresse et peut encore se renforcer grâce à la modernisation des réseaux d’agences, à la digitalisation et à une plus grande proximité avec les assurés. Selon lui, ces efforts permettront d’améliorer la protection de la population tout en consolidant la croissance du marché dans les années à venir.

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A propos de l'auteur

Gilbert Nkurunziza.

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