La rentrée scolaire 2025-2026 est fixée au lundi 16 avril 2025. Ce moment fort pour les élèves, les enseignants et les parents devrait être une période d’enthousiasme, un temps de renouveau où les élèves retrouvent les bancs de l’école avec espoir. Pourtant, pour de nombreuses familles dont les enfants sont inscrits dans des établissements privés, cette période s’accompagne d’un poids devenu presqu’insupportable.
L’éducation, qui devrait être un droit, se transforme de plus en plus en un parcours d’obstacles financiers.

Mélance Maniragaba, rédacteur en chef.
Dans bon nombre des établissements mentionnés, les dérives se multiplient. Les parents sont contraints d’acheter à l’école même des fournitures scolaires à des prix largement supérieurs à ceux du marché. Loin d’être une simple question de logistique, ces pratiques révèlent un système qui semble privilégier le profit au détriment de l’équité.
Pourquoi empêcher les parents d’acheter eux-mêmes le matériel là où ils le trouvent à meilleur coût ? N’est-ce pas l’école qui devient alors un fardeau ?
Certaines exigences frisent l’absurde. Des écoles demandent désormais à chaque élève d’apporter une rame de papier de 500 feuilles. Même si, chaque jour, l’apprenant utilisait une feuille, jours fériés et week-ends inclus, il n’en utiliserait que 360. Cela alors même que l’année scolaire ne dure que trois trimestres.
Cette manière de transférer les charges de fonctionnement aux familles est injuste et injustifiée.
Le minerval, quant à lui, ne cesse d’augmenter chaque année, sans transparence ni explication claire alors que tant de familles peinent à joindre les deux bouts du mois. Pourtant, leur souhait est d’offrir à leurs enfants la chance de fréquenter les meilleurs établissements.
A cela s’ajoute le casse-tête des déplacements scolaires. Dans un contexte de pénurie chronique de carburant, amener les enfants à l’école devient une lutte quotidienne. Les transports publics sont peu fiables, les taxis scolaires surfacturent et le coût du transport devient, lui aussi, une barrière de plus à franchir.
Pourtant, par le passé, le gouvernement a exprimé sa volonté de multiplier les écoles publiques à régime d’internat dans le but d’améliorer le système éducatif. Nombreux sont ceux qui attendent encore avec impatience que cette annonce se concrétise.
Il est vrai que la fréquentation d’un établissement privé relève d’un choix. Mais lorsque l’accès à l’école dépend du portefeuille des parents, peut-on encore parler d’un système éducatif équitable ?
Laisser ces dérives perdurer c’est accepter que l’école devienne un lieu de tri social et non un espace d’émancipation.
Il est temps que les autorités reprennent la question en main en réglementant les frais imposés aux parents, en plafonnant le coût du matériel scolaire, en interdisant les pratiques commerciales abusives dans les établissements, et en garantissant l’accessibilité du transport scolaire.



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