Société

Messages de la haine à Muyinga : Un poison pour la société, éminemment négligé

Les messages de la haine sont une réalité dans la commune Muyinga de la province de Buhumuza.  Pourtant, un avocat contacté à ce sujet déplore que la loi n’en dise rien. Le président du tribunal de résidence de cette commune demande qu’il y ait des dispositions claires qui sanctionnent les propos haineux qu’ils soient oraux ou cpubliés sur les plateformes digitales pour éviter qu’il y ait des conflits liés à cela.      

Les messages de la haine sont une réalité dans la commune Muyinga en province de Buhumuza.

 

Dans une descente effectuée du 14 au 18 juillet 2025 dans la commune Muyinga en province de Buhumuza, les habitants des quartiers Kibogoye, Mukoni, Gasenyi et Giswahili du chef-lieu de la commune Muyinga affirment que les propos haineux sont une réalité dans cette localité.

C’est le cas de Nicolas Nikoyagize habitant le quartier Kibogoye. Selon lui, certains membres des partis politiques lancent des propos haineux à l’endroit des membres des autres partis qui peuvent être à l’origine des conflits.  Ce sont des propos destinés à provoquer les autres, explique Nikoyagize.

Dismas Kirotsa, chauffeur d’un véhicule de transport de type Probox rencontré au quartier Swahili affirme lui aussi que les propos haineux sont une réalité à Muyinga. Il donne l’exemple de ses confrères chauffeurs. Ils ne cessent de lancer des messages qui critiquent et calomnient les autres.

Ces habitants indiquent que cette attitude de proférer des propos haineux est devenue une habitude dans la plupart des cas malgré qu’il s’agit d’un comportement qu’il faut bannir, car, il peut engendrer des conflits dans la société.  Selon ces derniers, il suffit qu’il s’agisse de quelqu’un de colérique et qu’on lui lance de tels propos. Les chicaneries commencent sans délais.

Les messages de la haine, une réalité

Servien Ndereyimana, président du tribunal de résidence de Muyinga ne nie pas les faits. Il fait savoir que les messages de haine sont une réalité dans la commune. Les gens peuvent se lancer des propos haineux. Et de préciser que cela est souvent géré en famille. Il n’y a pas de procès qui arrivent au niveau des institutions judiciaires. Pour dire que les messages de haine proférés à l’oral ne sont pas très dangereux.

Selon Ndereyimana, les propos qui constituent un grand danger sont ceux qui sont publiés sur les plateformes digitales, car ces derniers demeurent à la portée de tout le monde et atteignent un grand public.

Malgré le danger que présentent les messages de la haine, Ndereyimana déplore que la loi burundaise ne soit pas stricte pour prévenir et combattre ce genre de mauvaises attitudes.

C’est pour cela qu’il demande aux autorités compétentes de mettre en place des dispositions qui sanctionnent ces mauvais comportements afin d’éviter les risques de conflits liés à cela.

Et d’ajouter qu’un magistrat contacté à ce sujet laisse entendre que la loi burundaise ne prévoit rien en matière de messages de la haine. Elle n’en dit rien.

Dans son discours lors de la journée internationale de la lutte contre les discours de la haine le 18 juin 2025, le secrétaire général des Nations Unies rappelle que les discours de haine empoisonnent la société. Ils ont mené à la violence et aux atrocités qui ont émaillé les chapitres les plus sombres de l’histoire de l’humanité. Les minorités ethniques et religieuses sont souvent les plus touchées, se heurtant à la discrimination, à l’exclusion et aux attaques.

Pour étouffer les voix de la haine, il a souligné qu’on a besoin de partenariats à tous les niveaux : entre les Etats, la société civile, les entreprises privées et les responsables religieux et communautaires. On doit contrer les récits toxiques par des messages positifs et donner à chacun et à chacune les moyens de reconnaître les discours de haine, de ne pas y céder et de s’y opposer.

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A propos de l'auteur

Jean Marie Vianney Niyongabo.

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