Longtemps réclamée par les créateurs de contenus burundais, la monétisation des plateformes numériques pourrait bientôt devenir une réalité. Lors d’une émission publique tenue à Kayanza, le ministre en charge de la communication a détaillé les progrès déjà réalisés et les étapes restantes.

La monétisation des plateformes numériques est une demande récurrente des créateurs de contenus burundais.
Depuis plusieurs années, les créateurs de contenus au Burundi ne cessent de réclamer un cadre leur permettant de tirer des revenus de leurs activités en ligne. Entre vidéos publiées sur YouTube, contenus diffusés sur Facebook ou encore créations digitales diverses, ces acteurs du numérique dénoncent une situation où leur travail reste peu valorisé financièrement. Cette problématique a été au cœur des échanges lors d’une émission publique des porte-paroles des institutions, organisée le 27 mars 2026 au chef-lieu de la commune Kayanza, en province de Butanyerera. Présent à cette rencontre, le ministre de la Communication, des Technologies de l’Information et des Médias, Gabby Bugaga, a apporté les éclaircissements attendus. « C’est une activité qui nous a été confiée par le Président de la République et qui est déjà très avancée », a-t-il affirmé, soulignant la volonté politique qui est derrière ce processus.
Un dispositif en cours de structuration
Selon le ministre, la mise en place de la monétisation des contenus numériques repose sur plusieurs piliers essentiels. Le premier concerne les partenariats institutionnels. « Nous avons d’abord identifié les institutions avec lesquelles travailler, notamment la Banque de la République du Burundi (BRB), l’Agence de Développement du Burundi (ADB) et l’Office Burundais des Recettes (OBR) », a-t-il expliqué. Ces structures jouent un rôle clé dans l’encadrement financier et fiscal du système, notamment pour garantir des transactions sécurisées. A cela s’ajoute la nécessité de mettre en place un mécanisme de transfert électronique fiable, condition indispensable pour recevoir les revenus générés par les plateformes numériques.
Autre exigence importante, c’est l’identification des créateurs de contenus. Les grandes plateformes internationales imposent en effet des règles strictes en matière de transparence. « Des entreprises comme YouTube ou Facebook ne peuvent pas payer quelqu’un dont elles ne connaissent pas l’identité », a rappelé le ministre Bugaga. Enfin, le cadre légal doit être renforcé afin d’éviter tout usage frauduleux des fonds, notamment dans des activités illicites. « Les plateformes demandent des garanties pour que les fonds ne tombent pas dans des réseaux criminels, mais aussi pour que les bénéficiaires paient leurs impôts », a-t-il ajouté.
Vers une mise en œuvre imminente ?
Pour répondre à ces exigences, le gouvernement a déjà amorcé des actions concrètes. Les créateurs de contenus souhaitant bénéficier de la monétisation des contenus numériques devront s’enregistrer auprès de l’ADB afin d’obtenir un Numéro d’Identification Fiscale (NIF). L’OBR interviendra ensuite pour formaliser leur statut fiscal. « Nous avons simplifié la transmission des données entre les différentes institutions pour accélérer le processus », a indiqué M. Bugaga.
En plus de cela, le gouvernement est appelé à s’inspirer également des expériences des pays voisins, comme l’Ouganda, où la monétisation des contenus numériques est déjà effective. Une campagne de sensibilisation doit être envisagée pour encourager les entreprises locales à investir dans la publicité en ligne.
Concernant les défis liés à l’identification, notamment l’absence de cartes d’identité biométriques généralisées, des solutions alternatives sont à l’étude. « Même si les cartes d’identité biométriques ne sont pas encore disponibles, nous travaillons avec le ministère de l’Intérieur pour trouver des mécanismes adaptés », a rassuré Gabby Bugaga. Il a ensuite évoqué la possibilité de créer une carte spéciale dédiée aux créateurs de contenus, afin de faciliter leur reconnaissance et leur rémunération. Selon le ministre, il ne reste pratiquement plus que deux ou trois mois pour finaliser ce processus, laissant entrevoir une concrétisation prochaine de cette réforme très attendue.




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