Economie

Quand l’économie du Burundi reste emmaillée de pas mal de défis

L’économie du Burundi reste confrontée à pas mal de défis. L’inflation reste élevée. Les dépenses publiques augmentent sensiblement. La dette publique va crescendo de façon inquiétante. Cela ressort de la note analytique du Senat sur base de ce que dit le DPBEP 2026₋2029. Pas mal de recommandations ont été formulées pour inverser la tendance.

Alain Ndikumana, ministre en charge des finances ꓽ « Prendre des avances à la BRB aggrave le niveau de l’inflation, car il s’agit d’une création de l’argent qui ne rime pas avec la production ».

 

La commission chargée des questions économiques, des finances, du budget, de l’environnement, sociales, de la jeunesse, des sports et de la culture au Sénat à travers le Document de Planification Budgétaire et Economique Pluriannuelle 2026₋2029 (DPBEP 2026₋ 2029) affirme qu’il y a beaucoup de choses à faire pour développer le pays.

Dans une note analytique adressée au très Honorable président du Sénat le 8 avril 2026, il est ressorti que le DPBEP 2026₋2029 reconnait une inflation très élevée (34 % en 2025). Pourtant, cette commission déplore le fait que les mesures concrètes de la maîtrise de cette situation restent peu détaillées. De plus, les causes structurelles de cette super inflation ne sont pas suffisamment approfondies.

Malgré que le document projette une amélioration de la balance courante (le déficit courant devrait se maintenir à 8,2% en ratio du PIB), le déficit courant reste important et la dépendance aux importations demeure élevée.

Les dépenses publiques augmentent sensiblement

Selon cette commission, cette situation traduit une fragilité structurelle de l’économie. Le document montre que les dépenses augmentent fortement, notamment les dépenses du personnel et les dépenses d’investissement. S’agissant des dépenses publiques totales, le document projette une hausse sur la période 2026/2027-2028/2029. Elles passeraient de 6478,4 milliards de FBu à 8 510,8 milliards de FBu, soit une progression moyenne annuelle de 16,8%.

Et de préciser que cela peut aggraver le déficit et augmenter la dette publique.  Le pire est que les fonds offerts par les partenaires au développement ne sont pas consommés à la lettre. Le document mentionne des taux de décaissement faibles (moins de 30%) pour certains projets suite à certaines inefficacités dans l’exécution des projets et à une faible capacité institutionnelle.

Des recommandations formulées pour le développement du pays  

La commission recommande pas mal de stratégies pour inverser la tendance. Elle demande la mise en place d’une politique anti-inflationniste claire, le renforcement de la coordination entre la politique monétaire et la politique budgétaire, l’amélioration de la production pour réduire les pressions sur les prix et la stabilisation du taux de change.

La réduction des déséquilibres extérieurs par la promotion de la substitution aux importations, la diversification des exportations et le renforcement de la compétitivité des produits locaux est aussi une nécessité. Et d’ajouter la maîtrise des dépenses publiques par la rationalisation des dépenses courantes, la priorisation des investissements à fort impact et l’amélioration de l’efficacité de la dépense publique.

Elle recommande aussi l’amélioration de la capacité d’exécution des projets par le renforcement des capacités institutionnelles, la simplification des procédures administratives et l’amélioration du suivi-évaluation des projets. Il faudrait également renforcer la mobilisation des ressources internes en élargissant l’assiette fiscale, en luttant contre la fraude fiscale et en modernisant l’administration fiscale par généralisation de la digitalisation.

La mise en place d’un guichet unique de l’investisseur et de l’exportateur et d’une plateforme des producteurs pour promouvoir les exportations est une nécessité. De plus, il faudrait réviser le cadre légal du tourisme pour promouvoir l’industrie touristique.

Il faudrait généraliser les opérations d’irrigation et de mécanisation dans tout le pays, prévoir un fonds de soutien des investisseurs agricoles et renforcer les capacités de l’ISABU pour la production des semences et l’amélioration des variétés locales afin de se tirer de la dépendance de l’extérieur.

En plus des recommandations formulées par le Sénat, Alain Ndikumana, ministre en charge des finances demande la stabilisation du cadre macro-économique et une croissance économique à deux chiffres.

Pour y parvenir, il demande de changer de stratégie pour financer l’économie du pays. En découdre avec le recours aux avances à la BRB est une priorité. Selon lui, prendre des avances à la banque centrale aggrave le niveau de l’inflation, car il s’agit d’une création de l’argent qui ne rime pas avec la production.

Pourtant, il faut développer le système de financement classique, car il nécessité des intérêts. Dans ce cas, le pays fournit des efforts dans la gestion de ce financement.

Notons que le DPBEP 2026/2029 constitue un outil stratégique essentiel pour une planification économique et budgétaire efficace du Burundi. Il reflète une volonté affirmée des autorités de renforcer la discipline budgétaire, de soutenir la croissance économique et de promouvoir le développement à moyen terme. En définitive, ce document constitue une base solide pour l’action publique, mais nécessite des ajustements et un suivi rigoureux pour atteindre les objectifs de développement fixés.

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A propos de l'auteur

Jean Marie Vianney Niyongabo.

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