La gestion des déchets électriques et électroniques pose problème au Burundi. De grandes quantités de ces derniers ne cessent d’être jetées dans la nature au vu et au su de tout le monde. Les conséquences sont fâcheuses selon l’Association Burundaise des Consommateurs (ABUCO). Elle demande l’implication de l’Etat et de la population dans la gestion de ces déchets pour éviter le pire.

Noël Nkurunziza, secrétaire général de l’Association Burundaise des Consommateurs (ABUCO) ꓽ «Les quantités de déchets électriques et électroniques qui ne cessent d’être jetées dans la nature constituent un danger pour la santé humaine et l’environnement ».
Dans une réunion organisée samedi le 27 septembre 2025, l’Association Burundaise des Consommateurs (ABUCO) s’inquiète des quantités de déchets électriques et électroniques qui ne cessent d’être jetées dans la nature. Noël Nkurunziza, secrétaire général de cette association donne l’exemple de la société GLICE qui a collecté 9 tonnes de ces déchets en 2014, 65 tonnes en 2019, 33 tonnes en 2022 et 104 tonnes en 2023.
D ’où viennent les déchets électriques et électroniques ?
Selon lui, ces déchets proviennent des rejets de gros appareils ménagers hors d’usage tels que les appareils frigorifiques, les réfrigérateurs, les congélateurs et les autres gros appareils pour réfrigérer, conserver et entreposer les produits alimentaires comme le lave-linge, les séchoirs, le lave-vaisselle, les cuisinières, les réchauds électriques, les plaques chauffantes électriques, les fours à micro-ondes.
On cite aussi les radiateurs électriques, les ventilateurs électriques, les appareils de conditionnement d’air et autres équipements pour la ventilation et la climatisation, etc
Les rejets des petits appareils ménagers ne sont pas épargnés quand ces derniers sont hors d’usage. Ce sont à titre illustratif les appareils de couture, de tissage, les fers à repasser, les friteuses, les moulins à café, les couteaux électriques, les appareils pour couper les cheveux, les sèche-cheveux, les brosses à dents, les rasoirs, les appareils utilisés pour le massage et pour d’autres soins corporels, les réveils, les montres et autres équipements destinés à mesurer, indiquer ou enregistrer le temps, les balances, etc
Et d’ajouter les équipements informatiques et de télécommunications hors d’usage comme les ordinateurs, les imprimantes, les tablettes électroniques, les photocopieuses, les calculatrices de poche et de bureau, les téléphones, etc.
Les rejets des appareils d’éclairage hors d’usage comme les tubes fluorescents, les lampes fluorescentes, les lampes à décharge à haute intensité y compris les lampes à vapeur de sodium haute pression et les lampes à halogénures métalliques, les lampes à vapeur de sodium basse pression et autres matériels d’éclairage ou équipements destinés à diffuser ou à contrôler la lumière, à l’exception des ampoules à filament sont dangereux.
Selon toujours l’ABUCO, les rejets des postes de radio, des postes de télévision, des magnétoscopes, des amplificateurs, des instruments de musique et autres produits ou équipements destinés à enregistrer ou à reproduire des sons ou des images, etc présentent de grands dangers.
Et ABUCO d’ajouter les dispositifs médicaux tels que les matériels de radiothérapie, les matériels de cardiologie, les dialyseurs, les ventilateurs pulmonaires, les matériels de médecine nucléaire, les équipements de laboratoire pour diagnostics in vitro, les analyseurs, les appareils frigorifiques, les tests de fécondation et autres appareils utilisés pour détecter, prévenir, surveiller, traiter, soulager les maladies, les blessures ou les incapacités.
Quid des conséquences ?
Nkurunziza fait savoir que le rejet de ces équipements dans la nature constitue une menace sérieuse pour l’environnement et la santé. La plupart des outils ci ‐haut cités contiennent des substances dangereuses et/ou polluantes telles que les métaux lourds comme le mercure et le plomb.
Rejetés dans la nature, ces métaux lourds ont tendance à se concentrer dans le sol et l’eau et créent ce qu’on appelle la bioaccumulation. Ils s’accumulent dans les tissus gras de certains organismes vivants, par exemple les poissons, qui vont contaminer ensuite les personnes qui vont les consommer. Ces substances peuvent nuire à tous les organes du corps humain, particulièrement le système nerveux central, les systèmes immunitaires et cardiovasculaires, les organes de la reproduction et retarder la croissance.
Les autres appareils utilisés contiennent des substances qui peuvent causer des troubles hormonaux, des cancers et des complications pendant la grossesse. Et d’ajouter ceux qui contiennent des substances qui causent des cancers des poumons et de la prostate. Elles ont des effets néfastes sur le transit intestinal, les reins, les systèmes respiratoire, cardiovasculaire et hormonal.
« De la même manière que le monde s’est mobilisé pour protéger les mers et leurs écosystèmes de la pollution due aux plastiques et aux microplastiques, nous devons nous mobiliser pour protéger la santé de nos enfants contre la croissance des déchets électriques et électroniques », alerte Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS.
Les déchets électriques et électroniques, un tsunami qui guette les populations
Selon lui, les volumes de production et d’élimination des équipements électroniques et électriques ne cesse d’augmenter et le monde est confronté à ce qu’un récent forum international a qualifié de « tsunami de déchets électroniques » en progression constante qui met en danger la santé humaine. Et si les travailleurs ne disposent pas de protection adéquate lorsqu’ils sont en contact direct avec les déchets électriques et électroniques, ils inhalent de la poussière qui nuit à leur système respiratoire (toux, infection, suffocation, asthme) et ils souffrent d’irritation des yeux. Leur peau est fortement endommagée.
L’ABUCO demande alors au gouvernement de prendre en main la question des déchets électriques et électroniques pour protéger les consommateurs. La mise en place d’une loi spécifique sur la gestion de ces déchets s’avère une impérieuse nécessité. Elle demande aussi aux consommateurs de prendre toutes les mesures possibles pour se protéger contre les déchets électriques et électroniques. La mise en place des poubelles destinées à ces derniers est également une nécessité.




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