A l’approche des fêtes de fin d’année, traditionnellement marquées par une forte animation commerciale, les marchés de la ville de Bujumbura affichent une ambiance plutôt morose. Contrairement aux années antérieures, les fêtes de Noël et de Nouvel An ne semblent pas susciter un engouement particulier auprès des citadins, au prise avec la cherté de la vie et la hausse persistante des prix des produits de première nécessité.

La période de fin d’année est caractérisée par une flambée des prix des produits vivriers.
Une descente effectuée le 23 décembre 2025 dans plusieurs marchés emblématiques de la capitale économique, notamment le Bujumbura City Market (BCM), plus connu sous le nom de marché Chez Sion, ainsi que le marché Ngagara II, communément appelé marché COTEBU, permet de constater que les prix des denrées alimentaires restent élevés à l’approche des fêtes de Noël et de Nouvel An. Une situation qui freine considérablement les achats liés aux célébrations des fêtes de fin d’année.
Du côté des commerçants de vêtements, le constat est similaire. Contrairement aux attentes, la période festive ne se traduit pas par une augmentation notable de la clientèle. Selon plusieurs vendeurs interrogés, l’affluence observée reste quasiment identique à celle des périodes ordinaires. « Il me semble que les clients n’ont pas augmenté en cette période de fin d’année », confie la prénommée Générose, vendeuse de vêtements au marché Chez Sion qui dit ressentir peu de différence par rapport aux mois précédents.
Cette faible fréquentation s’explique en grande partie par la priorité accordée aux dépenses essentielles. Pour de nombreux ménages urbains, l’achat de nouveaux habits pour les fêtes n’est plus une priorité. Interrogée sur ses projets à l’occasion de Noël et du Nouvel An, une jeune femme rencontrée au marché Chez Sion se montre catégorique : « Ce qui me préoccupe en ce moment, ce n’est pas l’habillement. Le jour de la fête, je porterai les vêtements dont je dispose. J’irai prier à l’église, puis je rentrerai à la maison pour cuisiner comme d’habitude. » Un témoignage qui reflète la réalité de milliers de citadins confrontés à un pouvoir d’achat en constante érosion. La célébration des fêtes de fin d’année se limite désormais à l’essentiel, sans excès ni dépenses supplémentaires, loin de l’ambiance festive autrefois associée à cette période de l’année.
Les produits alimentaires toujours en hausse
A cette situation s’ajoute la flambée des prix des denrées alimentaires qui pèse lourdement sur les budgets des ménages. Sur les marchés de Bujumbura, plusieurs produits de base affichent des tarifs difficilement accessibles pour une grande partie de la population. La farine de maïs, appelée « isembe » se vend autour de 4 500 BIF le kilo, tandis que les petits pois frais atteignent 10 000 BIF le kilo. Les haricots frais oscillent autour de 8 000 BIF le kilo, alors que les haricots jaunes se négocient à environ 5 500 BIF le kilo et les haricots simples, connus sous le nom de Kirundo se vendent à 3 500 BIF le kilo.
Les produits halieutiques ne sont pas épargnés par cette hausse des prix. Le ndagala, poisson très prisé dans les ménages burundais, se vend entre 80 000 et 90 000 BIF le kilo, un prix largement hors de portée pour de nombreux ménages. Les oignons blancs se vendent à 3 000 BIF le kilo, contre 5 000 BIF pour les oignons rouges, tandis que le riz est proposé à environ 7 500 BIF le kilo.
La viande reste également un produit de luxe pour une grande partie de la population. Le kilo de viande se négocie autour de 35 000 BIF, tandis que la viande dite « cangacanga » coûte 29 000 BIF le kilo. Les pommes de terre, souvent considérées comme une alternative plus abordable, sont vendues à 2 200 BIF le kilo.
Les prix des huiles alimentaires ne sont pas du tout abordables. L’huile de palme se vend à environ 8 000 BIF le litre, tandis que l’huile raffinée atteint 13 000 BIF le litre, rendant la préparation des repas plus coûteuse, y compris pendant les fêtes.
Dans ce contexte marqué par la cherté de la vie, les fêtes de fin d’année à Bujumbura se déroulent sous le signe de la sobriété. Pour de nombreux ménages, l’essentiel reste de subvenir aux besoins quotidiens, reléguant les dépenses festives au second plan. Une réalité qui illustre les difficultés économiques persistantes auxquelles font face les citadins, à quelques jours seulement de Noël et du Nouvel An.
Récapitulatif des prix des principaux produits alimentaires
| Produit | Prix en BIF | Unité |
| Farine de maïs (isembe) | 4 500 | kg |
| Petits pois frais | 10 000 | kg |
| Haricots frais | 8 000 | kg |
| Ndagala | 80 000 – 90 000 | kg |
| Oignons blancs | 3 000 | kg |
| Oignons rouges | 5 000 | kg |
| Riz | 7 500 | kg |
| Haricots jaunes | 5 500 | kg |
| Haricots simples (Kirundo) | 3 500 | kg |
| Viande | 35 000 | kg |
| Viande (cangacanga) | 29 000 | kg |
| Pommes de terre | 2 200 | kg |
| Huile de palme | 8 000 | litre |
| Huile raffinée | 13 000 | litre |




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