Editorial

Santé : Quand le zèle étouffe le soin

Peut-on dire que le secteur de la santé va de mal en pis ou s’agit-il simplement d’un excès de zèle des uns qui finit par étouffer le soin ?
Tout récemment, au début de ce mois de novembre 2025, des patients victimes d’un accident de la route ont été refusés à l’entrée des services d’urgence d’un certain hôpital. Une situation qui pourrait bien ne pas épargner d’autres structures sanitaires dispersées à travers le pays.

Mélance Maniragaba, rédacteur en chef.

Dans un contexte où le système de santé doit souvent faire face à la pénurie de matériel, de médicaments ou de personnel qualifié, certaines dérives peuvent apparaître au grand jour, entre autres la baisse de la qualité du service, les comportements excessifs ou mal encadrés de la part de quelques membres du personnel soignant.

Il est compréhensible que des procédures superflues entraînent des retards dans la prise en charge des patients. La surcharge de travail, le stress lié à la responsabilité, la rigidité dans l’application des règles, la multiplication des formalités administratives ou d’examens non nécessaires et le favoritisme fragilisent davantage la gestion de ce secteur déjà délicat.

Les manquements du personnel soignant résultent parfois non seulement de bonnes intentions, mais aussi de contraintes structurelles et organisationnelles. Il ne s’agit donc pas de blâmer les professionnels de la santé, mais plutôt de les accompagner afin qu’ils adoptent une posture plus équilibrée, rigoureuse, adaptée, attentive, fluide, professionnelle et humaine.

Dans un contexte de ressources limitées, parvenir à cet équilibre pourrait améliorer de manière significative la qualité de la prise en charge, renforcer la confiance des patients et accroître la performance du système de santé. Le personnel soignant, tout comme l’ensemble des travailleurs responsables, devrait être encouragé et valorisé selon l’effort fourni. De même, les représentants du personnel et les responsables hiérarchiques souvent confrontés à de multiples difficultés méritent un soutien et une reconnaissance à la hauteur de leurs responsabilités.

En somme, le contrôle de ce secteur sensible doit résulter d’une action concertée entre les autorités, les professionnels de la santé, les syndicats, les patients et les partenaires. C’est ensemble qu’il sera possible de faire passer le secteur de la santé d’un mode de désordre à une culture du travail juste et bien fait.

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A propos de l'auteur

Mélance Maniragaba.

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  • Journal n° 702

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